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9 mai 2014 5 09 /05 /mai /2014 14:43
Interview : Romain Billot

Jeune écrivain chevronné spécialiste des mauvais genres, le prolifique loup solitaire du Cantal, plus connu sous le nom de Romain Billot, a accepté de me recevoir dans sa tanière virtuelle pour répondre à quelques questions...

Salutations, Romain!

Salut à toi, Richard !

Quel est ton parcours d'auteur ?

Je dirais que le jeu de piste à commencé lorsque j’ai appris à lire avec mon père, j’ai découvert Poe avec lui et j’ai alors su que je voulais devenir conteur. Plusieurs découvertes littéraires ont ensuite enfoncé le clou avant mes douze ans. Étant môme et ado, j’ai longtemps pratiqué le conte de façon orale, en expérimentant sur mes amis durant nos soirées autour du feu au fond des bois du Morvan et du Cantal. Si je voyais que j’arrivais à leur filer la chair de poule ou à leur faire passer une nuit blanche sous la tente avec une histoire, elle était validée. Je ne les ai rédigées que bien plus tard à la fac de Lettres (où je m’étais inscrit car comme disait Stephen King, il n’y a pas d’institutions officielles pour devenir écrivain). Après un bac Scientifique et des années galères au lycée, c’est la seule voie qui me semblait le plus en accord avec ma passion pour le fantastique et la littérature. Je me suis tiré après avoir obtenu mon master en littérature générale et comparée. Je ne voulais pas devenir professeur, juste me consacrer exclusivement à l’écriture. J’ai donc passé le pas. A côté de petits boulots sans lendemain, j’écrivais et j’ai aussi créé la revue Freaks Corp avec l’association Sélénor. C’est comme ça que j’ai fait mon entrée dans le milieu de la SFFF, que j’ai rencontré un tas d’écrivains qui allaient devenir des amis par la suite et que j’ai commencé à oser faire lire mes textes, à les envoyer à diverses revues et anthologies jusqu’à être enfin publié.

Tu te définis comme « auteur de mauvais genres ». Quel est ton mauvais genre de prédilection ?

Indéniablement le fantastique et l’horreur, mais j’aime bien la SF, le thriller, le western, les road-movies, l’érotisme, cependant je ne peux pas m’empêcher de les teinter des deux premiers que j’ai cités. Il n’y a que la fantasy, le steam-punk et la bit-lit qui me laissent assez froid, mais bon les goûts et les couleurs comme on dit, ça ne se discute pas.

Interview : Romain Billot

Ta nouvelle « Le Phare au cœur des brumes », publiée dans Etherval n°3 est finaliste du Prix Merlin. Tu as déjà remporté ce prix en 2012 avec « Le Visage de la Bête ». Qu'est-ce qui, selon toi, justifie le succès de ces textes ?

Honnêtement, je ne sais pas, peut-être parce que « le Visage de la Bête » aborde un sujet délicat, celui des violences conjugales et s’ancre dans le quotidien d’une victime. Pour l’autre, je pense que le fait de me baser sur une légende bretonne existante et d’anticiper sur le projet de résidence en train de se monter à Tévennec peut plaire aux fans de surnaturel.

Sinon, j’aimerais profiter de ta question pour revenir sur le prix Merlin qui suscite beaucoup de critiques de la part de certaines personnes, car c’est d’abord un vote du public, pas un vote de spécialistes qui se seraient réunis en jury, donc certains taxent ça de vote de popularité, notamment à cause des partages sur les réseaux sociaux du net. Ce qui est drôle sachant que je ne l’ai jamais été un mec très populaire justement, je dirais juste que j’ai des lecteurs fidèles, suffisamment pour avoir raflé la mise la première fois. Beaucoup prétextent que le nombre de votes n’est pas raccord avec le nombre d’exemplaires vendus. C’est pour cette raison qu’en 2012, j’avais fait campagne en mettant le texte en ligne sur mon blog et sur Facebook pour que les gens votent en connaissance de cause pour la nouvelle publiée chez La Clef d’Argent (dont l’éditeur, un véritable passionné, mérite vraiment d’être connu, notamment son Codex Atlanticus) et pas pour mes beaux yeux (rire). Mais cela avait entraîné des attaques virulentes de la part de certains qui n’ont pas hésité de me taxer de lobbyiste (alors qu’en bons hypocrites, ils ont fait la même chose de leur côté). Mais c’est le jeu ma pauvre Lucette !

Cette année, je n’ai absolument rien fait pour passer les demi-finales, je m’en fichais éperdument, suite à ces critiques justement. J’ai d’ailleurs été le premier surpris quand on m’a annoncé que j’étais passé au second tour. Du coup, je me suis dit que c’était bête d’être arrivé jusque-là et de ne pas faire un effort pour ceux qui m’avaient permis de passer. Etherval est une revue très pro, ils m’ont inscrit comme les autres auteurs présents dans le numéro 3 et ont permis aux lecteurs qui le désirait de recevoir la nouvelle pour se faire une idée du texte pour ce deuxième tour (il suffit d’en faire la demande par mail sur leur site). Il faut croire qu’une nouvelle fois mes lecteurs se sont mobilisés pour que j’arrive en finale et je les en remercie vraiment, ça remonte le moral de se savoir soutenu, car c’est un milieu extrêmement difficile. Rendez-vous en juin pour le résultat.

Personnellement, je n’ai qu’un souhait, que Céline Guillaume, une amie que j’apprécie énormément, gagne dans la catégorie roman car elle le mérite vraiment, c’est une personne talentueuse avec un cœur en or massif.

Interview : Romain Billot

Parles-nous un peu de « Post-cineres », ton web roman...

Oh ça ! C’est juste un délire zombiesque série B pour la déconne à la base et la page Facebook d’un ami consacrée aux morts-vivants, rien de plus (laissé en suspens pour l’instant), une histoire avec des vrais morceaux de potes dedans que je voulais en épisodes mensuelles, mais je manque de temps pour me permettre de continuer, on va dire que j’ai des priorités plus importantes pour l’instant. Je le reprendrai sûrement une fois la tempête passée !

En tant qu'écrivain, quelle est ta plus grande fierté ?

Tout simplement de trouver preneur pour mes modestes histoires chez les éditeurs, d’être publié régulièrement et d’avoir des lecteurs fidèles satisfaits de mon travail comme je l’ai dit plus haut. Le reste, on s’en balance…

Tes projets actuels ?

En ce moment, je travaille sur un roman « Journal d’un laissé-pour-compte » qui n’aura rien de fantastique, une sorte d’hommage à Bukowski, Kerouac et à la Beat generation pour un éditeur dont une anthologie comprenant une de mes nouvelles vient de sortir. Un récit très contemporain. J’avais un premier roman d’anticipation datant de 2007 que je devais lui soumettre, mais retravailler un si vieux texte m’ennuyait vraiment, donc j’ai préféré remettre le compteur à zéro. Tabula rasa

Sinon, je continue la rédaction de nombreuses nouvelles pour des anthologies et des revues à venir, notamment plusieurs commandes pour cette fin d’année et des AT des deux côtés de l’Atlantique. Je bosse également sur plusieurs scénarios pour des bandes-dessinées avec un dessinateur talentueux très 70’s dans le trait. Et normalement, je dis bien normalement, car la sortie a été repoussée par un autre éditeur, à cause de divers impondérables, à 2015, je devrai commencer à attaquer des corrections pour un recueil « les Prédateurs de l’ombre » regroupant un grand nombre de mes nouvelles.

Plus qu’à attendre... Comme je dis dans le monde de l’édition, il y a trois maîtres-mots, les trois « P » : Patience, persévérance et passion. Mais, j’informerai les lecteurs en temps et en heure de ces différentes sorties.

Comment t'organises-tu pour écrire, et où puises-tu ton inspiration ?

En général, je passe un bon moment à réfléchir à une intrigue de base que j’ai envie d’écrire, à un lieu, à un climat et surtout aux personnages. J’écris d’abord les grandes lignes à la main et ensuite je me mets à travailler sur le traitement de textes en laissant les personnages me guider dans les méandres de l’histoire justement.

Pour l’inspiration, les cauchemars que je fais depuis l’enfance sont la première source où je puise, ensuite dans ce qui m’entoure, la nature sauvage et les situation banales, ordinaires, du quotidien, le terreau parfait pour y faire germer le fantastique et l’extraordinaire…

Tes passions ?

Houlà ! C’est parti pour une énumération non exhaustive ! Les grands espaces solitaires, la nature et les animaux sauvages, la littérature en générale, le cinéma (du film d’auteur à la grosse série Z en passant par les gros films d’action et d’horreur, le cinéma d’exploitation 70’s et le cinéma bis), la bande-dessinée et les comics d’horreur, le heavy-metal, le stoner, le gros rock’n roll, le tatouage et le body-art, le bon scotch écossais et les cigares, les armes blanches, la randonnée en montagne, le tir sportif, la pêche, les voitures américaines, l’ésotérisme et le surnaturel, les banquets entre amis avec grosse bouffe campagnarde et bon vin, la bonne chair, bref la vie dans ce qu’elle a de plus simple et de meilleur à offrir…

Interview : Romain Billot

Où peut-on te rencontrer ? Un site ? Un blog ?

Chose rare, on peut parfois me croiser sur certains salons, mais je ne tiens pas souvent en place, alors on me trouvera plus devant le stand d’un autre auteur en train de tailler le bout de gras, à la buvette ou dehors en train de fumer une clope (rire). Ceci-dit, c’est assez rare que je me déplace, je reste le plus souvent dans mes montagnes, donc vous avez bien plus de chance de me croiser sur la toile et les réseaux sociaux que durant une soirée mondaine ou un salon.

Pour les curieux voici deux adresses : mon site dit officiel http://billotromain.wix.com/officiel et mon wordpress http://romainbillot1982.wordpress.com/.

Interview : Romain Billot

Mini-portrait chinois :

Si tu étais un livre ?

L’appel de la forêt de Jack London, tu te doutes pourquoi.

Si tu étais le personnage d'un roman ?

Le capitaine Nemo dans 20 000 lieux sous les mers de Jules Vernes ou Harry Haller du Loup des Steppes d’Hermann Hesse.

Si tu étais une créature fantastique ?

Un lycanthrope pour la jonction entre humanité et sauvagerie.

Si tu étais un poème ?

L’albatros de Baudelaire

Si tu étais un paysage imaginaire ?

Le Rohan dans le Seigneur des Anneaux.

Le mot de la fin ?

Merci !

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Published by Richard Mesplède - dans interviews
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