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7 juillet 2014 1 07 /07 /juillet /2014 21:17
Interview : Frédéric Czilinder

Frédéric Czilinder, talentueux auteur passionné de littérature sombre, d'Histoire et d'armes blanches, a accepté de répondre à mes questions...

Salutations, Frédéric! Quel est ton parcours d'auteur ?

Je suis comme beaucoup d’auteurs un autodidacte. Quand j’étais minot, d’un naturel solitaire, je lisais beaucoup et je m’abîmais fréquemment dans de profondes rêveries, ce qui m’a fréquemment valu des « Frédéric rêvasse trop en classe », dans la marge de mes bulletins de notes trimestriels. Je ne me rappelle plus vraiment à quoi je rêvais, tout ce qu’il me revient, c’est qu’effectivement, j’avais l’impression de me désincarner et d’échapper à l’emprise du monde matériel qui m’environnait. Et puis un jour, j’ai été pris de l’irrépressible besoin de raconter mes divagations. D’abord sous forme de dessins, façon bande-dessinée (avec un mémorable « Loup-garou de Paris » sur un petit cahier de dessins, très largement inspiré du film sur son cousin londonien), mais comme je n’étais pas vraiment doué, les BD ont évolué en histoires illustrées, desquelles j’ai finalement viré les illustrations.

Avec la découverte des jeux de rôles, et notamment l’incontournable « Appel de Cthulhu » (prononcez Ktoulou ^^) inspiré de l’univers sombre de Lovecraft, j’ai commencé à pas mal phosphorer, à élaborer des processus de constructions de récits plus cohérents. Durant cette période bénie que furent mes années lycée, j’ai été assez prolifique, au détriment de mes résultats scolaires, obligeant mes parents à me confisquer cette vieille machine à écrire mécanique sur laquelle je tapais frénétiquement mes textes et dont le staccato leur tapait sur les nerfs ! A cette époque, je rêvais d’être publié chez Denoël en Présence du futur, ou aux éditions NéO…

Passé le bac, cependant, j’ai connu une grande traversée du désert. Rattrapé par une vie d’adulte imposée, avec son wagon de tracas (métro-boulot-dodo-vie de couple, etc.), je n’ai pas vraiment écrit durant près de 15 ans. Mais c’était là, en moi, comme une bête endormie, tapie dans les ténèbres de mes entrailles, prête à surgir à nouveau et à se déchaîner… Mouais, c’est à peu près ça… De temps à autre, un éclair, une illumination, et je grattais quelques lignes avant de retourner à la triste réalité… C’est comme ça que bon an, mal an, j’ai écrit Nouveau venu dans le quartier et une bonne moitié de L’héritage des ténèbres.

Et puis… Et puis… Une pleine-lune d’équinoxe, une rage trop longtemps contenue, allez savoir, une année, j’ai pété un câble. Cette année-là, j’ai changé de vie. Ou plutôt, j’ai décidé de changer de vie : fin d’une vie de couple agonisante qui m’entravait comme un carcan, démission d’un boulot qui était en train de me rendre dingue… La crise de la quarantaine, un peu prématurée, avec l’adoption d’une philosophie à laquelle j’essaie de coller chaque jour : On est venus sur Terre pour vivre, et pas pour se faire chier.

Interview : Frédéric Czilinder

Quelles sont tes sources d'inspiration ?

En plus de mes lectures, je dirais que la vie quotidienne regorge de ce que je qualifierais de « points de départ ». Par exemple, tu te promènes en collines, près d’un site troglodyte et, le long d’un sentier de randonnée, tu découvres les ruines d’une vieille chapelle. Un panneau indique « chapelle du XVIème siècle, construite sur un ancien lieu de culte ». Ton regard halluciné (car tu regardes toujours les choses d’une manière différente que les gens qui t’entourent) ajoute : « (…) païen ». Ton esprit s’emballe, tu finis la promenade, mais tu phosphores tellement que tu ne te rappelles même pas comment tu as retrouvé le chemin de ta voiture (Tiens, je suis déjà là ?)… et tu tiens le point de départ de L’héritage des ténèbres

Mais cela peut partir d’un entrefilet dans la presse : un dingue armé d’une épée médiévale entre dans une église anglaise et s’attaque aux fidèles (pourquoi ? Est-il possédé ? Est-il vraiment fou ? Etc.) ; ou bien encore, le nouveau maire d’un tout petit village français fait le tour de la mairie et découvre dans le grenier deux squelettes de soldats des deux camps morts en 14-18 (que font-ils là ? S’y trouvent-ils depuis la guerre ? Quelle est leur histoire ?). Ces deux infos sont véridiques.

Interview : Frédéric Czilinder

Dans quelles conditions écris-tu ?

J’écris le plus souvent au bureau, lors de ma pause-déjeuner, ou lors de mes trajets quotidiens en train.

Quels sont tes thèmes de prédilection ?

Je suis très accès sur le fantastique « classique », avec son bestiaire spécifique et les phénomènes paranormaux qui gravitent autour (sorcellerie, possession, malédiction…)

Quel est ton premier roman ? Ta première nouvelle ?

Mon premier roman « abouti » s’intitulait Aurora et racontait l’histoire de quatre collégiens découvrant une ado du moyen-âge endormie dans une caverne. En la réveillant, ils réveillent malheureusement aussi le démon qui l’avait enlevée mille ans plus tôt, lequel n’aura de cesse de vouloir récupérer sa meuf. J’avais envoyé le manuscrit à Gallimard (je crains dégun) qui me l’avait retourné avec un refus poli. J’avais seize ans.

Ma première nouvelle, écrite à peu près au même moment, s’intitulait La clé des rêves et narre comment un adolescent fait la connaissance d’un être étrange et spectral qui voyage de mondes en mondes via… les placards (Disney a refusé de me verser des droits pour Monstres & Cie lol !). Ses parents notent un changement de comportement, ne croient pas son histoire, et un beau jour, il met les voiles avec la créature.

Parles-nous de ton roman « Nouveau venu dans le quartier ».

Je le qualifierai plutôt de novella. Il s’agit d’un des rares sursauts créatifs que j’ai eu durant la traversée du désert dont je parle plus haut. Victime d’un accident, je me suis retrouvé immobilisé 5 semaines chez moi à une époque où je n’avais pas encore d’enfants et où mon ex-femme travaillait toute la journée. Après avoir vu un reportage sur un « homme-chien », ces gens qui ont le visage couvert de poils en raison d’une anomalie génétique, les idées ont commencé à me forer le cerveau : j’ai imaginé l’arrivée d’un nouveau voisin au comportement étrange, qui passerait son temps à fuir autrui, à se cacher, juste parce qu’il serait atteint par cette particularité. Et puis, le loup-garou a pris le pas sur l’homme-chien, et ainsi de suite…

Interview : Frédéric Czilinder

Combien de temps t'a pris l'écriture de « l 'Héritage des Ténèbres »?

Cela m’a pris une dizaine d’années. Comme je le disais plus haut, j’ai traversé une longue période durant laquelle j’ai peu écrit. Et je ne te parle que d’écriture pure, car la genèse de cette histoire remonte au lycée !

En tant qu'écrivain, quelle est ta plus grande fierté ?

D’avoir mes propres bouquins dans ma bibliothèque. Comme tous les auteurs que je connais, je suis bibliophile. J’ai tellement de livres à la maison que j’ai dû agencer moi-même une pièce de la maison. Quand j’étais plus jeune, je rêvais de ce moment où les livres de mes auteurs préférés côtoieraient mes propres ouvrages. Et voilà, maintenant c’est fait…

Tes projets actuels ?

J’en ai beaucoup trop ! Comme d’hab’, les idées foisonnent, le plus dur étant de les canaliser pour en tirer quelque chose s’en trop s’éparpiller. Je sors de l’écriture d’un nouveau roman qui m’a pas mal accaparé (Wake the dead), cela fait donc quelques mois que je suis dans la valse-hésitation entre plusieurs projets. Disons que les deux principaux du moment sont : un recueil de nouvelles / roman autour de ma nouvelle Outlaw (qui vient de paraître dans l’anthologie Zombie chez Griffe d’encre et que tu connais de sa première parution en ligne sur le Webzine Outremonde), ainsi qu’un roman de fantasy post apocalyptique qui se déroule en Camargue et dans ses proches environs. Je travaille aussi épisodiquement sur le blog d’un loup-garou.

Tes passions ?

L’écriture, c’est évident, mais ce n’est pas aussi simple, car c’est en fait bien plus qu’une passion : c’est un exutoire, une échappatoire aux tourments du quotidien. Quand j’étais gosse, j’imaginais volontiers que les rêves que je faisais la nuit étaient en fait des espèces de mondes parallèles dans lesquels mon esprit était projeté durant mon sommeil. Écrire, aujourd’hui, est pour moi l’occasion de me projeter à nouveau spirituellement dans des mondes fantastiques, d’échapper à la torpeur ou à l’horreur du quotidien. Et c’est comme manger du chocolat, c’est addictif. Quand je passe trop de temps sans écrire, je frise la dépression.

J’aime aussi beaucoup l’Histoire… et par rebond, les armes anciennes.

D'où te vient cette passion pour les armes blanches ? Y'a-t-il un lien entre elle et l'écriture ?

J’ai toujours aimé l’Histoire. Les objets anciens exercent sur moi une certaine fascination. Se dire que l’on tient entre ses mains un outil, une poterie, qu’a façonné la main d’un homme il y a des siècles pour les besoins du quotidien, et que cet objet a traversé le temps pour parvenir jusqu’à moi… La passion pour les armes est récente, je la dois à un ami qui est régisseur des collections dans le plus grand musée dédié au 1er Empire. Il a tordu le cou à une idée reçue : celle que les armes anciennes étaient forcément hors de prix. Bon, certes, elles ne sont pas toujours accessibles, mais quand tu la compares au prix d’un téléphone portable ou d’une tablette tactile, finalement… Et quel frisson de refermer sa main sur le manche d’un sabre qui a sans doute connu la fureur des batailles !

Où peut-on te rencontrer ? Un site ? Un blog ?

J’ai une page d’auteur sur Facebook ouverte à tous, ainsi qu’un blog :

https://www.facebook.com/pages/Fr%C3%A9d%C3%A9ric-CZILINDER-auteur/202106969844244?ref_type=bookmark

http://werewolf13.wordpress.com/

http://fczilinder.wordpress.com/

Mini-portrait chinois :

Si tu étais un livre ?

Ravage, de Barjavel.

Si tu étais le personnage d'un roman ?

Christine, la voiture hantée dans le roman éponyme de Stephen King

Si tu étais une créature fantastique ?

Un loup-garou. C’est ma créature préférée, elle hante mon « œuvre » de façon récurrente.

Si tu étais un poème ?

Remords posthumes, de Beaudelaire

Si tu étais un paysage imaginaire ?

Un manoir hanté par plusieurs spectres.

Le mot de la fin ?

Vers l’infini et au-delà !

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Published by Richard Mesplède - dans interviews
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