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16 juillet 2014 3 16 /07 /juillet /2014 00:11
Interview : Lucie Chenu

Lucie exploite la science-fiction, la fantasy et le fantastique avec un talent incontestable, qui n'a d'égal que la passion qui l'inspire. Elle est en outre docteur en génétique et a reçu le prix Bob Morane en 2008 et 2009 pour son activité d'anthologiste. Humble et très abordable, elle m'a tout de suite séduit lorsque je l'ai rencontrée sur le salon Zone Franche il y a environ un lustre... Voilà pourquoi j'ai choisi de lui poser quelques questions auxquelles elle m'a fait l'honneur de répondre...

Salutations, Lucie !

Quel est ton parcours d'auteur ?

À la fois classique (mes premières nouvelles publiées en fanzines ou en webzines) et atypique : j’ai réellement commencé à écrire en rédigeant ma thèse, intitulée « Rôle de la Protéine de Liaison à la Pénicilline 3 (PBP 3) de Streptococcus pneumoniae dans la physiologie de cet organisme et sa résistance au céfotaxime ». Certes, c’est une thèse de science (de « génétique microbienne », très précisément), mais elle comporte tout de même une bonne quantité de texte, et l’écrire m’a permis de lever un blocage. Et puis la science n’est pas incompatible avec la SF, n’est-ce pas ?

Après cela, donc, des nouvelles, des courtes et des longues, publiées à droite à gauche, et puis des anthologies (oui, ça se sait peu, mais on est auteur d’anthologie) sur des thèmes qui me tenaient particulièrement à cœur.

Et beaucoup d’articles, d’essais, y compris (et je n’en suis pas peu fière) deux articles pour l’Encyclopædiea Universalis.

Interview : Lucie Chenu

Quel est ton rôle auprès des revues Mythologica et Galaxies ?

Il n’est pas le même dans les deux revues. Je suis responsable de la fiction francophone pour Mythologica, c’est-à-dire que je sélectionne les nouvelles francophones et les fais retravailler aux auteurs si besoin est. Je reçois énormément de textes, j’ai de quoi lire pour des mois et d’ailleurs, nous stoppons pour le moment les soumissions, le temps que j’écluse ma pile.

J’ai aussi dirigé le dossier sur Marion Zimmer Bradley pour le prochain numéro (à paraître cet automne).

Chez Galaxies, je fais essentiellement de la relecture éditoriale (c’est à dire que je mets mon nez partout et fais tourner Pierre Gévart en bourrique, mais c’est lui qui sélectionne les textes qu’il publie, même si je peux – et compte bien ne pas me priver – lui en suggérer).

Interview : Lucie Chenu

Quelles sont tes sources d'inspiration ?

Mes émotions. Elles peuvent naître d’un moment de bonheur avec mes enfants ou au contraire d’une intense colère due à l’actualité internationale, d’une musique qui m’emporte au loin ou d’un paysage qui m’ancre dans l’ici-et-maintenant... De mes amours ou de mes haines !

Dans quelles conditions écris-tu ?

C’est très variable, ça dépend du texte, de son thème, mais aussi de la structure de la narration, linéaire ou en puzzle. Certaines nouvelles sont nées en musique, d’autres ont besoin du silence le plus absolu. Il m’est arrivé de me relever la nuit pour écrire d’une traite un texte qui me trottait tellement dans la tête que, de toute façon, je ne pouvais pas dormir. Et puis certains sont venus par petits bouts, j’ai dû les arracher par morceaux, c’était douloureux. Le plus souvent j’écris à l’ordinateur, mais parfois ça ne passe pas, il me faut un cahier et un stylo et je griffonne hors de chez moi, dans la salle d’attente d’une clinique, par exemple (à condition qu’on ne tente pas de m’y faire la conversation !)

Quels sont tes thèmes de prédilection ?

Je ne sais pas si j’ai des thèmes de prédilection de façon consciente, mais je remarque que je parle beaucoup de choix, de décision. De gens qui arrivent à un carrefour dans leur vie. Et qu’il est souvent question d’eau et d’arbres, d’enfants ou d’animaux. D’art, aussi. De musique ou de sculpture.

Quelle est ta première nouvelle ?

« Vent d’Autan », une histoire vécue, à quelques lignes près :-)

Interview : Lucie Chenu

Parle-nous des « Fantasmes de Svetambre ».

Au départ, le titre est une plaisanterie. Mon premier recueil, Les Enfants de Svetambre, a parfois été pris à tort pour un livre pour enfants (au moins l’une des nouvelles n’est pas du tout pour les enfants). J’avais dit sur un forum que j’intitulerais le suivant Les Fantasmes de Svetambre, et que j’espérais bien qu’avec un tel titre, il n’y aurait aucune ambiguïté quant à son contenu et quant au lectorat auquel il est destiné. Et au moment de le composer, Philippe Ward (mon éditeur) et moi avons trouvé que ce titre lui convenait parfaitement.

C’est en effet un recueil de nouvelles inspirées de mes émotions, comme toujours, mais des plus fantasmées de celles-ci. On y trouve peu d’histoires « vécues » (une seule, « Lune de mon cœur », et encore faut-il préciser que sa fin est fantasmée), par contre, on y trouve des nouvelles érotiques et d’autres imprégnées de terreurs profondes, de haines viscérales... Et puis des rêveries, des désirs moins obscènes ou effrayants, mais tout aussi importants, selon moi.

En tant qu'écrivain, quelle est ta plus grande fierté ?

Qu’un jour Joëlle Wintrebert ait dit en public du bien d’une de mes nouvelles : « Le Théâtre de Barbe Bleue » (parue à l’époque dans une anthologie en ligne sur le thème du chocolat, dirigée par Martine Loncan).

Joëlle Wintrebert, quoi !

Tes projets actuels ?

Eh bien, pour changer un peu, Galaxies publiera prochainement une de mes nouvelles. Et sinon, j’écris actuellement quelque chose où il est question de mémoire et de la façon dont les souvenirs peuvent être déformés...

Tes passions ?

À part l’écriture et l’édition, la musique et la science-fiction, l’art et la nature ? Beaucoup de choses... mais avant tout les gens.

Au premier rang, bien sûr, ma famille et mes amis, mais me passionnent aussi les rencontres que je fais dans la vie, dans les livres ou dans les films, tous ces gens si semblables et si différents les uns des autres.

Du coup, les événements qui secouent le monde m’interpellent, et je milite au S.E.L.F. (Syndicat des Écrivains de Langue Française) (et oui, il faut être passionné pour cela, parce que c’est terriblement prenant et parfois ingrat).

Où peut-on te rencontrer ? Un site ? Un blog ?

Mon blog : Les Humeurs de Svetambre.

Le site de mon éditeur : Rivière Blanche.

Celui du S.E.L.F.

Et ceux de Mythologica et de Galaxies.

Interview : Lucie Chenu

Mini-portrait chinois :

Si tu étais un livre ?

« Un » ? Je ne sais pas me limiter à un. Voici donc une trinité, par ordre d’apparition dans ma vie.

Les Identités meurtrières, d’Amin Maalouf.

Le Chœur des femmes, de Martin Winckler.

Le Bel Été, de Gudule.

Si tu étais le personnage d'un roman ?

La fée Morgane, Claudine ou une Amazone Libre.

Si tu étais une créature fantastique ?

Une sirent (mi-ent, mi-sirène) ailée. Comment ça, ça n’existe pas ? Tu as bien dit « fantastique », non ?

Si tu étais un poème ?

Si j’étais un poème, je serais le fruit

Des amours interdites de Ronsard et Baudelaire,

Et je serais l’amie

De Villon et Prévert....

Si tu étais un paysage imaginaire ?

Je serais peuplée d’arbres et parcourue de rivières cascadant du haut d’immenses montagnes pour se jeter dans des océans tumultueux. Un double soleil me colorerait différemment, selon les moments.

Le mot de la fin ?

Merci à toi de m’avoir invitée :-)

Interview : Lucie Chenu

Et si ça n’est pas abuser, j’aimerais présenter brièvement un projet qui n’est pas mien, mais qui me tient particulièrement à cœur. Il s’agit d’un film, Esperanto, un long-métrage indépendant produit et réalisé par Yann C. Selakovitch et Julien G. Szantaruk, avec toute l’équipe de Woolly Dream, grâce à un financement participatif via Ulule. Le montage est maintenant terminé et le film devrait sortir à l’automne. J’en reparlerai.

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Published by Richard Mesplède - dans interviews
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