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20 septembre 2014 6 20 /09 /septembre /2014 13:10
Interview : Michaël Moslonka

Auteur passionné et éclectique, Michaël Moslonka mérite d'être connu. Je l'ai rencontré il y a quelques temps déjà à l'occasion d'une séance de dédicaces avec les éditions Sombres Rets. Artiste de talent, il était tout désigné pour être choisi parmi les auteurs que j'ai entrepris de vous présenter sur ce blog cette année et ne pouvait pas échapper à un interrogatoire en bonne et due forme!

Salutations, Michaël !

Salut à toi, Richard !

Quel est ton parcours d'auteur ?

Au CM2, j’écrivais mon premier titre de chapitre (« Chapitre 1 : un étrange SOS »). Incapable d’aller plus loin, c’est au collège que j’ai appris à mettre un point final à mes histoires, grâce à mon professeur de français qui animait des ateliers d’écriture.

Puis la vie a continué, j’ai rencontré Stephen King qui avec Christine m’a fait me dire : « Je veux écrire comme lui ! ». C’était en seconde, lors d’obscures études agricoles.

Je ne regrette pas d’avoir été si présomptueux.

La vie a – encore – continué. Je suis passé par une période de doutes et d’ennui. L’ennui est vecteur de création. Alors, j’ai écrit. Des nouvelles nombrilistes et puis Le masque de l’Archange qui, après son point final, s’est retrouvé au fond d’un tiroir.

La vie a – encore et toujours – continué, et, par la grâce d’une muse, Le masque de l’Archange a été sorti de son tiroir et s’est vu publié. C’était en 2004. J’ai alors décidé de me mettre sérieusement à l’écriture. Sérieusement, c’est à dire : avec une rigueur journalière.

Nous sommes en 2014, la vie a – forcément – continué et je fête mes 10 années d’écriture rigoureuse hé hé.

Interview : Michaël Moslonka

Quelles sont tes sources d'inspiration ?

Tout ce qui m’entoure. Les gens, les sentiments, les expériences – celles des autres et les miennes, les rencontres – fugaces, prolongées ou approfondies –, la musique, les films, les livres des autres... et l’actualité – nationale, régionale, mondiale – certaines villes, aussi – je pense à celles de mon enfance Auchel et Marles-les-Mines, mais d’autres aussi comme Arras, Douai, ou encore Venise, Québec, Sherbrooke ou Moscou.

Dans quelles conditions écris-tu ?

Cela dépend. Pour moi, l’écriture d’un roman ou d’une nouvelle est, à chaque fois, une histoire à part entière. Avec des tenants, des aboutissements et des conditions différentes à chaque fois. Comme les histoires d’amour : à chaque fois, l’histoire de l’histoire est nouvelle.

Pour exemple, ma nouvelle La mélodie du malheur (publiée dans le collectif d’auteurs Mystères et Mauvais Genre chez nos amis des éditions Sombres Rets) a été, entièrement, écrite à la main avant d’être informatisée. Cette écriture a eu lieu au Québec, à Sherbrooke. J’en garde un souvenir de plénitude totale et de précision lumineuse.

En ce moment, je suis semblable à un psychotique. Mes moments d’écriture sont très morcelés.

Par contre, ce qui ne change jamais, c’est que j’ai besoin d’un calme absolu autour de moi pour écrire.

Interview : Michaël Moslonka

Parle-nous de « 666e kilomètre »...

666e kilomètre est – peut-être – le roman le plus personnel que j’ai écrit, bien que ce soit une fiction et un thriller axé principalement sur le fantastique.

Il me suit depuis pas mal d’années, croisant des éditeurs, m’emportant avec eux dans d’autres histoires. Jusqu’à cette année où sur le bord de la route poussaient de fantastiques fleurs sauvages. Pour être plus clair : la ligne éditoriale de Fleur Sauvage (éditeur donc de 666e kilomètre) correspondait parfaitement à mon manuscrit, là, où chez mes autres éditeurs, il était trop éloigné de leurs collections.

J’ai donc foncé pour livrer l’histoire de ce huit-clos à ciel ouvert. En effet, la quasi-entièreté de l’histoire se passe le long d’une portion d’autoroute, interminable et sanglante. 666e kilomètre met en scène Camus – il y a un lien avec l’écrivain et, notamment, avec son livre L’étranger – un trentenaire devenu casanier, bourré de tocs et de complexes, qui va décider de se bouger les fesses et de s’aérer la tête. Pour cela, il part en vacances chez un de ses vieux potes qui habite en Charente-Maritime. Camus part de son Pas-de-Calais natal et au 661e kilomètre de sa longue transhumance estivale (nous sommes en juillet 2014), la réalité bascule et le voici prisonnier de l’autoroute et de ce qui s’y déchaîne...

Interview : Michaël Moslonka

Écris-tu dans d'autres domaines que le polar et le fantastique ?

Oui. J’ai même écrit du roman sentimental – et de la nouvelle sentimentale. Que j’assume à 500 % hé hé (d’ailleurs, j’ai signé mes titres de mon vrai nom.) Et puis, j’ai écrit aussi des histoires jeunesse (aux éditions Saint-Martin) dont l’une d’entre elles est rééditée (en ce moment) : L’enfant du placard et la méchante sorcière de l’est de la rue du Masque.

J’ai, quelque part, dans un tiroir, un manuscrit d’héroïc-fantaisy ainsi que, dans un coin de ma tête, un roman historique. Je me suis aussi essayé à la SF, notamment à la dystopie, par le biais de nouvelles.

En fait, j’ai envie de m’essayer à tout un tas de genres, et, surtout, j’ai envie de raconter des histoires sans limites de genre. Je me dis aussi que c’est un bon moyen de ne pas lasser les lectrices et les lecteurs.

Interview : Michaël Moslonka

Tes histoires sont-elles liées entre elles ?

Oui, tout à fait. Il y a toujours un lien aussi ténu soit-il, que ce soit par l’intermédiaire d’un personnage (récurent ou passager), un événement ou un lieu (les lieux, pour moi, sont très souvent des personnages à part entière, avec leurs histoires et leurs caractéristiques). Et ce lien existe – et est entretenu – quel que soit le genre de mes histoires ou leur « format » (nouvelle, roman).

Cette envie de lier mes histoires vient de mes lectures des histoires de Stephen King. En cherchant bien, il y a toujours un lien entre elles, ce qui concourt à créer un véritable univers personnel, une sorte d’histoire dans l’histoire. Et j’adore ça !

En tant qu'écrivain, quelle est ta plus grande fierté ?

En 2013, j’ai quitté mon travail d’éducateur et j’ai créé mon activité : M.M. Faiseur d’histoires. Activité qui propose (entre autres) des ateliers d’écriture dans des établissements scolaires et des établissements spécialisés. Lors de ces ateliers d’écriture, les élèves écrivent une nouvelle collective. Ma fierté est là : quand ils parviennent à mettre le point final à leur histoire et qu’ils en sont fiers ; quand je repère, parmi eux, ceux qui écrivent déjà et à qui je peux dire : « Fonce ! Continue d’écrire ! Continue d’inventer des histoires ! »

Pour moi, la boucle est bouclée – puisque je suis né par l’intermédiaire d’un atelier d’écriture, au collège. Avoir réussi à la boucler me rend très fier. Voir que cela fonctionne et qu’en face, il y a des enfants, des ados, de jeunes adultes, qui y sont réceptifs, qui se servent de la passion que je peux leur transmettre et qui trouvent un sens dans mes encouragements, me rend encore plus fier.

Tes projets actuels ?

Terminer un roman pour un éditeur qui l’attend... depuis janvier !

Puis enchaîner sur un roman historique, ou un roman d’héroïc-fantaisy. À moins que je ne privilégie un livre jeunesse. Ou bien un roman fantastique – j’ai, en attente depuis ma jeunesse, un manuscrit que je souhaiterai terminer. J’ai aussi tout un tas d’histoires inachevées que je voudrais amener au point final, dont une (Qui es-tu Lô ? de son titre initial) tout particulièrement.

Et puis, me préparer, aussi, à un séjour de plusieurs semaines à Moscou.

Et le boulot dans tout ça ?

MM. Faiseur d’histoires occupe une très grande partie de mon temps. En ce moment, j’ai la chance d’aider un jeune français qui bosse aux États-Unis à écrire son roman. De plus, j’anime deux ateliers d’écriture avec des familles et leurs enfants. Ces deux ateliers ont pour thème la violence. Ils s’appuient sur les origines de la Première Guerre mondiale et donneront lieu à la création d’une fresque, d’une histoire et d’un film d’animation tiré de cette histoire écrite par les enfants et leurs parents.

Et puis, bientôt, débutera un autre atelier d’écriture, mais, cette fois-ci, dans un établissement scolaire (dans un lycée professionnel) où je retrouverai un professeur qui se donne à fond pour ses élèves et avec qui j’ai plaisir à animer ce projet.

D’autres suivront dans les mois à venir. Et c’est un véritable plaisir que de participer aux projets de classe que les enseignants montent pour leurs élèves. C’est aussi une fierté, puisqu’ils me font confiance et me font entrer dans leur classe.

Tes passions ?

Elles tiennent en deux mots : l’écriture et les livres – cette fois, ceux des autres.

Ah, non ! En trois et plus : il y a mon boulot de Faiseur d’Histoires qui me passionne aussi.

Mini-portrait chinois :

Si tu étais...

Un livre ?

Le vide de Patrick Senécal.

Le personnage d'un roman ?

Moi – il faut dire que je crois que, pour une grande part, on écrit, soi-même, le roman de sa propre vie – malgré les épreuves, les coups durs, les difficultés, les échecs (événements propres à toute histoire, en somme).

Une créature fantastique ?

Je serai un chat : c’est un animal fantastique hé hé.

Un poème ?

Moi, éternel enfant, d’Egon Schiele.

Un paysage imaginaire ?

Celui de la Lune. Ce paysage lunaire dont on prête l’adjectif – souvent péjorativement – à tout enfant, toute personne, qui entretient son imaginaire en rêvant.

Interview : Michaël Moslonka

Le mot de la fin ?

Une citation de Jules Renard (je crois) que j’ai détournée au service de mes rêves : « Quand je pense à toutes les histoires qui me restent à écrire, j'ai la certitude d'être encore heureux... »

Et d’autres mots, ceux du grand Jacques : « Je vous souhaite des rêves à n’en plus finir, et l’envie furieuse d’en réaliser quelques-uns », car, c’est, je crois, ce qui permet de ne pas sombrer dans la sinistrose ambiante et d’éviter le piège de l’intolérance.

Et, finalement : merci à toi, Richard, pour cette entrevue !

Michaël Moslonka

www.michael-moslonka.com

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Published by Richard Mesplède - dans interviews
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