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13 octobre 2014 1 13 /10 /octobre /2014 20:57
Interview : Vanessa Du Frat

Geek passionnée d'informatique, artiste complète, Vanessa Du Frat est l'auteur de la saga "les Enfants de l'Ô". Figure prometteuse de la littérature (notamment SF), elle a accepté de répondre à mes questions...

Salutations, Vanessa !

Quel est ton parcours d'auteur ?

Je me suis mise à écrire très tôt, je devais avoir huit ou neuf ans, mais ce n’est qu’il y a une quinzaine d’années que j’ai commencé à vraiment prendre les choses au sérieux. Après avoir terminé un roman de littérature générale, j’ai créé le site des Enfants de l’Ô pour y diffuser le premier jet de ma saga de science-fiction sous forme de feuilleton. Cela m’a redonné le goût d’écrire, car entre les études et mon travail, je n’avais plus tellement de temps à consacrer à l’écriture. À cette époque, j’ai également participé à quelques appels à textes et publié des nouvelles dans des fanzines et webzines. Mais ce n’est vraiment que depuis 2005 (après le rendu de mon master et donc la fin de mes études) que je m’y suis mise à fond.

Quelles sont tes sources d'inspiration ?

J’ai énormément lu lorsque j’étais plus jeune. De la science-fiction, mais surtout de la littérature générale. Je suis aussi très fan de séries télé. Je n’ai pas vraiment de « sources d’inspiration », mais j’imagine que comme tout le monde je suis influencée inconsciemment par tout ce qui m’entoure. Il y a par contre quelques auteurs dont j’adore le travail et qui m’ont probablement poussée vers certains choix plutôt que d’autres, notamment Virginia Andrews, pour le côté « saga familiale », et Michael Crichton, pour le côté « hard science » (même si ce que j’écris est bien loin de leur niveau).

Dans quelles conditions écris-tu ?

Généralement, c’est le soir tard (après minuit), dans mon lit, avec une bonne tasse de thé et parfois de la musique. Mais l’endroit où j’arrive presque toujours à écrire, c’est le train. Je ne sais pas pourquoi, dès que je monte dans un train (je parle d’un trajet de plusieurs heures), peu importe que j’aie de l’inspiration ou non, j’ouvre mon ordi et je me mets à écrire immédiatement. Maintenant, quand je suis dans mes phases d’écriture intense, je peux également écrire la journée, assise à mon bureau. Ou dans un carnet quand je dois patienter quelque part et que je n’ai pas mon ordinateur à portée de main. Les conditions varient énormément, je n’ai pas de « rituel », comme certains auteurs qui écrivent de telle heure à telle heure, ou uniquement dans un café, ou dans un silence complet… Si l’inspiration est là, n’importe quel endroit ou support me convient (bon, je n’irais pas écrire des pages entières sur mon téléphone portable, je ne suis pas maso non plus).

Interview : Vanessa Du Frat

Parles-nous de ta saga « les enfants de l'Ô »...

J’ai eu l’idée des Enfants de l’Ô il y a de cela dix-huit ans. Évidemment, à l’époque, cela n’avait pas grand-chose à voir avec le roman actuel, mais c’est à ce moment-là que j’ai commencé à écrire cette histoire. Pendant de longues années, je l’écrivais, je la mettais de côté, je la reprenais, je recommençais tout, je la mettais de côté à nouveau… et cela jusqu’en 2005, où je me suis jetée dessus une semaine après avoir terminé mon master. Le premier jet du premier tome est né en un mois. J’ai très vite écrit les deux tomes suivants. Ils ont bien sûr tous été longuement retravaillés ensuite.

Comme je l’ai dit un peu plus haut, j’ai lu beaucoup de science-fiction étant plus jeune, mais aussi de la littérature générale. Ce que j’aime en particulier, ce sont les histoires de famille, les relations entre les personnages. Bien souvent, en SF, c’est avant tout l’univers qui est mis en avant, la plupart du temps au détriment des personnages, qui sont là pour servir l’histoire. Attention, je ne dis pas que les personnages dans les romans de science-fiction sont inintéressants ou mal développés, simplement l’accent est mis davantage sur l’histoire que sur eux. Du coup, j’étais bien embêtée… Fan de SF (je suis scientifique de formation) et en particulier de ce qui touche à la médecine, la génétique, la psychologie et l’informatique, je me suis dit que j’adorerais lire un livre qui traiterait de ces différents sujets, mais qui en même temps donnerait la part belle aux personnages. Et au final, j’ai écrit ce que j’aimerais lire : une saga familiale, dans un univers de science-fiction. Mélange un peu saugrenu qui fait que ma série n’aura jamais aucune chance d’être connue car elle touche deux cibles bien différentes qui en général sont assez exclusives, pourtant j’ai tout de même réussi à satisfaire une niche de lecteurs qui partageaient mes goûts.

Les Enfants de l’Ô raconte les destins croisés de plusieurs personnages. D’un côté, il y a les jumeaux Line et Lúka, gardés prisonniers par leur père dans une sorte de bunker aménagé, d’un autre, Ludméa et Ruan, deux jeunes gens qui n’avaient quasiment aucune chance de se rencontrer un jour. Au milieu de tout cela, il y a Lyen, enlevée à l’âge de six ans par le père des jumeaux, et utilisée comme cobaye pour ses expériences scientifiques.

Line et Lúka vivent sur Terre, en 2066, avec leur père et Lyen, alors que Ludméa et Ruan sont sur une planète nommée Alia, en 2340. Un passage spatio-temporel lie ces deux époques et ces deux planètes, passage emprunté par Lyen qui, en cherchant à fuir le bunker, se retrouve au milieu d’une forêt, enceinte jusqu’aux yeux, à des centaines de kilomètres de toute civilisation…

Je ne vais pas en dire plus, mais les premiers chapitres sont disponibles gratuitement sur le site des Enfants de l’Ô si vous voulez vous faire une idée de l’histoire…

En tant qu'auteur, que penses-tu du format numérique ?

Je possède une liseuse depuis de nombreuses années, et je m’intéresse au format numérique depuis le début des années 2000 (car oui, il y avait déjà des livres électroniques à cette époque, même s’il fallait les lire sur PC avec un logiciel adapté). Je suis ce qu’on peut appeler une « geek », et évidemment j’ai assez rapidement eu une liseuse (l’iLiad v2, de iRex Technologies, un cadeau magnifique offert par un de mes lecteurs). J’ai également donné une de mes nouvelles à la société française Bookeen, pour qu’elle soit intégrée avec d’autres textes dans le bundle de départ distribué avec la liseuse Cybook. À cette même époque, j’avais distribué sur mon site des versions .prc de mes romans, l’ancien format de livre électronique. Même si ces versions ont eu moins de succès que les simples pdfs, j’ai pu constater qu’un public existait pour le fameux « livre électronique » tant critiqué par les médias et les éditeurs (les choses ont heureusement changé depuis).

Après cette petite tirade, on l’aura compris, je suis 100 % pour le format numérique. Par contre, je suis contre les ebooks vendus plus cher qu’un livre de poche (et parfois même plus cher que le grand format…). Maintenant, je différencie le livre exclusivement numérique du livre numérique qui accompagne un livre « papier ». Dans le premier cas, l’éditeur a quand même à sa charge tous les frais « habituels » d’un livre, même s’il va économiser sur l’imprimeur. Une couverture, ça se paie, une correction aussi, les librairies numériques prennent leur part tout comme les librairies « physiques ». Dans le second, les coûts de couverture et de correction ont été amortis par le livre papier, donc les seuls coûts restants sont la conversion en numérique (de l’ordre de quelques dizaines d’euros par livre pour du travail bien fait) et la librairie numérique. Je conçois donc qu’un livre exclusivement numérique soit plus cher qu’un livre de poche, mais par contre je regrette que les éditeurs prennent les lecteurs pour des idiots et nous sortent des ebooks à 15 € alors que le format papier est à 19,90 €.

C’est un sujet qui me tient à cœur et je pourrais écrire facilement plusieurs pages là-dessus, donc je vais m’arrêter là :)

Et en tant que lectrice ?

En tant que lectrice, je suis très contente de pouvoir balader avec moi des dizaines de livres dans ma petite liseuse, ce qui est très pratique en voyage. Je suis aussi ravie d’arrêter de voir des piles de livres par terre un peu partout chez moi (je ne vis pas dans un château, malheureusement… la place est donc limitée). Ma liseuse (j’ai toujours mon iLiad, mais j’ai aussi une Sony, toute petite, très légère et beaucoup plus rapide), je l’ai toujours dans mon sac. Ça m’évite de me retrouver avec des livres aux couvertures abîmées.

Interview : Vanessa Du Frat

« Chromosome Éditions », c'est quoi ?

C’est la petite maison d’édition que j’ai créée pour publier mes livres. Oui, c’est de l’autoédition déguisée. J’aurais pu faire de l’autoédition, évidemment, mais vu que j’avais la possibilité de créer une entreprise avec tous les avantages que cela apporte, je préférais faire comme ça. Ce qui pose un problème auquel je n’avais pas pensé : je ne suis à ma place ni parmi les éditeurs (car auteur « autoéditée ») ni parmi les auteurs autoédités (car « éditeur »). J’ai choisi de ne pas être une auteur « Amazon » ou « Fnac » comme d’autres (je ne critique pas, c’est juste une manière de faire différente), ce qui fait que je ne serai jamais mise en avant par ces deux librairies comme d’autres ont pu l’être. Mais je garde aussi ma liberté, ce n’est pas plus mal.

Écris-tu dans d'autres domaines que le fantastique ?

Alors vu que je n’écris pas de fantastique (je n’aime pas ça du tout ^^), clairement oui. J’écris de la science-fiction et de la littérature générale. Je n’aime pas la fantasy, même si c’est LE genre à la mode en ce moment, donc je doute d’en écrire un jour. Peut-être que je me lancerai dans les thrillers, mais pour l’instant, je suis « mariée » à ma saga, et comme j’ai du mal à trop me disperser, ce n’est pas pour tout de suite.

En tant qu'écrivain, quelle est ta plus grande fierté ?

D’avoir tenu mes promesses et enfin sorti la version papier des Enfants de l’Ô ! Au cours des dernières années, j’ai dû faire face à pas mal de choses (notamment des problèmes de santé) et le projet a pris énormément de retard. Plusieurs fois, j’ai craint de devoir annoncer aux lecteurs qu’au final le livre ne sortirait pas, mais voilà, il a fini par voir le jour.

Tes projets actuels ?

La suite des Enfants de l’Ô ! J’ai aussi un autre projet en parallèle (qui n’a rien à voir avec la saga), mais pour l’instant je préfère ne pas en parler, ainsi qu’un autre projet qui lui est en rapport avec les Enfants de l’Ô et qui sera normalement dévoilé le 1er décembre…

Et le boulot dans tout ça ?

À cause des problèmes de santé que j’ai mentionnés, j’ai dû abandonner mon travail dans le domaine médical, donc maintenant je travaille dans l’édition en tant que correctrice.

Tes passions ?

Ah, ça… Mes passions sont nombreuses et changeantes ! Je suis du genre à me passionner pour un truc pendant 2 mois, puis à abandonner dès que je commence à le maîtriser suffisamment. Mais mes passions « solides » sont le piano et la guitare. J’aime aussi beaucoup dessiner, et j’ai le projet de m’y mettre plus sérieusement dans les prochains mois. Je m’amuse un peu avec la 3D, et là aussi je compte y consacrer davantage de temps à l’avenir. Ma passion principale reste quand même ma saga, et globalement, tout ce que je fais a un rapport avec celle-ci (bon, à part la musique).

Mini-portrait chinois…

Si tu étais…

Un livre ? La Nuit des Temps, de Barjavel. Pour moi LE livre parfait.

Le personnage d'un roman ? Ah, ça… Autant j’adore les histoires de personnages, autant jamais aucun personnage ne m’a suffisamment marquée pour que je m’identifie à lui.

Une créature fantastique ? Un sphinx. Parce que c’est joli ^^

Un poème ? Je ne suis pas du tout, mais alors pas DU TOUT poésie. Du coup, je ne connais aucun poème. À part peut-être le corbeau et le renard, mais… voilà, quoi.

Un paysage imaginaire ? Je verrais bien une plage avec des palmiers, la nuit, avec plein de planètes dans le ciel. Quelque chose de reposant et d’infini à la fois.

Le mot de la fin ?

Merci beaucoup de m’avoir offert l’opportunité de me présenter et de parler de ma saga ! Pour une « petite auteur » comme moi, acquérir de la visibilité n’est pas facile, alors je suis vraiment ravie quand on s’intéresse un peu à mon travail…

Un grand merci aussi à tous les lecteurs qui m’ont soutenue depuis le départ, alors que je publiais le premier jet de mon roman sur mon site. Sans leurs encouragements, le livre aurait probablement fini sa vie dans un tiroir.

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Published by Richard Mesplède - dans interviews
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