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15 novembre 2014 6 15 /11 /novembre /2014 09:12
Les auteurs de SFFFH francophones ont du talent (3)

"Sourtha" est le premier tome du cycle "Voyages en Orobolan", d'après le conte et l'univers de Mestr Tom. Dans le cadre de l'opération "les auteurs de SFFFH français ont du talent" je vous en ai déjà proposé ici deux extraits. En voici un troisième! Bonne lecture!

Réunis dans l’une des immenses cavernes de la dragonnerie centrale, quinze aspirants observaient les créatures ophidiennes et gémissantes qui rampaient au centre du gigantesque nid, se vautrant dans une fange malodorante et qui semblait être constituée d’une sorte de graisse gluante sur la surface de laquelle naissaient, dansaient, et mourraient d’innombrables et insaisissables feux-follets.

Les dragonnets venaient des montagnes glacées du continent sacré, et avaient été sélectionnés et amenés jusqu’ici par les plus grands maîtres, dont faisait partie le père de Tholl.

Aux côtés du jeune homme, se tenaient ses camarades, chevaucheurs et aspirants, tout comme lui, et bientôt apprentis dresseurs… Tid était le plus petit d’entre eux. Même s’ils avaient tous le même âge lors de la Cérémonie du Choix, qui marquait le début du cycle d’apprentissage, Tid demeurait le plus frêle : les autres le dépassaient tous d’une bonne tête. Sigmull, lui, était le plus fort, et rêvait de fonder un jour sa propre dragonnerie. Quant à Borr et Snorri, les deux jumeaux, ils n’avaient qu’une hâte : repartir de là avec les bêtes les plus terrifiantes !

Un par un, les enfants choisirent leurs dragons, selon un protocole ritualisé et très religieusement arbitré par trois maîtres ; dans un coin, penché scrupuleusement sur ses tablettes de cire, un scribe compulsait chaque parole, chaque réaction d’enfant ou de reptile, dans le but obscur de tenir à jour des archives dont la raison d’exister surpassait l’imagination des adolescents…

Tholl ne prêta pas attention aux préférences des garçons qu’il ne fréquentait pas. Quant à ses camarades, à la compagnie desquels, il fallait l’avouer, il préférait celle de la douce et peste Elenia, ainsi que celle de la petite Mogdolan, ce fut d’un œil distrait qu’il suivit leur sélection. Car, en ce qui le concernait, il avait déjà fait son choix à l’instant même où il était entré dans la caverne. Son regard avait alors été attiré par la créature qui allait devenir sa monture, son ami, et bien plus encore…

Tid opta pour un dragonnet au long cou et à la carapace vert sombre. Sa crête pointue lui donnait un air menaçant ; nul doute que la courte taille de Tid serait compensée par l’allure hautaine de cet animal ! Sigmull, lui, choisit un petit dragon court sur pattes, et large de corps. Sa tête semblait se fondre avec son abdomen, ce qui lui conférait l’aspect d’un crapaud… Sauf que ses écailles étaient d’un rouge flamboyant, et que ses yeux n’étaient pas globuleux, mais semblables à des entailles à l’intérieur desquelles on devinait l’éclat de braises ardentes.

Les jumeaux sélectionnèrent deux bêtes couleur de nuit ; les dragons noirs étaient les plus forts au combat, c’était bien connu, et Borr et Snorri ne brillaient pas par leur finesse d’esprit…

« Tholl ! »

C’était l’un des maîtres dresseurs, qui nommait un à un les aspirants au fur et à mesure que ceux-ci effectuaient leur choix.

Le tour de Tholl était venu.

« Regarde le noir, au fond, avec sa crête et ses moustaches bleues ! », chuchota Tid à son intention. D’autres conseils ne tardèrent pas à lui être donnés par ses camarades,, tel que « Tu devrais prendre le violet, il a les ailes larges et de grandes griffes », ou encore « le gros, à droite, personne ne l’a encore choisi, pourtant il a l’air très fort ! »

Mais Tholl ne les écoutait pas.

« Le petit blanc, là », dit-il simplement en désignant le dragonnet couleur de neige qu’il n’avait pas quitté du regard depuis son entrée. D’ailleurs, la créature le fixait aussi, et ses grands yeux rouges brillaient comme deux rubis enchâssés dans la tête fine et élégante, tandis qu’elle détaillait l'aspect physique de l’adolescent à qui elle serait désormais lié.

Tholl avait déjà la carrure d’un homme. Son visage était anguleux, tout comme celui de son père, mais ses yeux rieurs et plein de douceur contrastaient avec la dureté de ses traits. Des cheveux mi-longs et roux – peut-être ceux de sa mère – encadraient péniblement sa figure, comme garnis de nombreux épis, ce qui lui conférait un air à la fois naturel et farouche. Oui, cet enfant plaisait au petit dragon blanc.

Aussitôt son choix effectué, Tholl dut supporter les brimades de ses camarades :

« Tu plaisantes ? Tu ne vas tout de même pas choisir cet asticot !

- C’est le plus faible ! Si ça se trouve, il est même malade !

- Les dragons blancs sont bons pour les coursiers, pas pour les dresseurs !

- C’est un dragon pour les filles ! »

Mais Tholl resta de marbre, le regard rivé à celui du dragonnet. Ce dernier inclina la tête, comme en signe de reconnaissance.

Le cœur de Tholl fit un bond dans sa poitrine.

D’une façon ou d’une autre, et il en était persuadé sans pouvoir se l’expliquer autrement que par cet étrange sentiment qui s’emparait de lui, ce dragon lui était destiné.

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