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10 janvier 2015 6 10 /01 /janvier /2015 10:38
Interview : Valérie Simon

Pour clore ma série d'interviews d'auteurs 2014 - avec un poil de retard - j'ai choisi de poser quelques questions à la talentueuse Valérie Simon, qui m'a fait l'honneur d'y répondre (la classe!). Et je l'en remercie!

Salutations, Valérie !

Bonjour Richard.

Quel est ton parcours d'auteur ?

Un parcours sinusoïdal avec une seule constante : écrire.

J’écris depuis que je suis toute petite. J’ai ingurgité beaucoup de livres, je les ai intégrés à mes rêves puis, très tôt, vers dix - douze ans, j’ai inventé mes propres histoires. Des histoires que j’aurai aimé lire. Des histoires qui pliaient le monde à mes envies.

Je ne pensais pas en faire une profession, c’était juste mon jardin secret.

J’ai eu un bac scientifique, j’ai fait des études en Arts, j’ai travaillé en agence de publicité comme graphiste. Mais je passais mon temps libre à écrire. Un jour, la secrétaire d’une des agences où je travaillais a lu mon histoire et m’a forcée à envoyer mon manuscrit à un éditeur. Je l’ai fait pour avoir la paix. Elle harcelait très bien. Quelques semaines plus tard, je recevais un coup de téléphone de Marc Duveau, l’un des directeurs littéraires des Editions Fleuve Noir. Il voulait éditer mon histoire ! J’ai signé en croyant à une blague.

A partir de là, tout s’est enchainé assez facilement : la parution des quatre tomes de la tétralogie Arkem la pierre des ténèbres, d’autres parutions dans des anthologies chez Fleuve Noir et chez J’ai Lu sous la direction de Jean-Marc Ligny ou Henri Loevenbruck et Alain Névant. J’ai été chroniquée, interviewée. J’ai participé à des émissions sur France Culture, j’ai dédicacé en librairie, en salons. J’ai répondu à des lettres de fans et j’ai rencontré plein d’auteurs super sympas comme Pierre Bordage, Pierre Pelot, Laurent Genefort…

Puis j’ai eu mon second fils et mon mari a été muté en Belgique. En même temps, mon directeur littéraire cessait de travailler pour Fleuve Noir. Enfin, mon ordi s’est suicidé en avalant tout cru deux manuscrits de 700 pages et trois livres pour enfants ! Aucune sauvegarde. Pas même une sortie papier. J’en ai pleuré pendant des mois.

Jusqu’à ce qu’un étrange coup de téléphone me fasse renouer avec le monde de l’édition : la mairie de Strasbourg, ma ville natale, me contactait à la demande d’une jeune éditrice. J’ai rencontré cette personne sur un banc de gare. Elle m’a parlé de mes textes avec énormément de joie et beaucoup d'émotion. Je n’en revenais pas de voir mes écrits produire un tel effet. Je me suis dit que je n’avais pas le droit de laisser mes textes moisir dans un tiroir. J’ai retenté l’aventure éditoriale.

Cette jeune femme n’a pas réussi à m’éditer elle-même, mais elle est devenue ma première lectrice. Tous les jours, je la remercie de son enthousiasme. Elle est en quelque sorte ma conscience littéraire. Mon Jiminy Cricket à moi.

Depuis, j’ai rencontré d’autres personnes que mes écrits avaient marqués avec autant de force. Ces rencontres incroyables sont les plus belles expériences de ma vie.

Interview : Valérie Simon

Quelles sont tes sources d'inspiration ?

Je ne sais pas quoi répondre. Ecrire, c’est fatalement être inspiré. Mais je ne me lève pas le matin en me disant, tiens, je vais regarder ça, ce sera une source d’inspiration.

Par contre, je suppose que mes écrits sont le résultat d’un tas d’influences.

J’ai passé mon enfance à lire. J’en garde d’ailleurs quelques souvenirs cocasses. Ainsi, la bibliothèque de mon école très catholique était gérée par des Sœurs. Elles séparaient les livres pour garçons – côté bleu – et les livres pour filles – côté rose. Pas le droit de lire du bleu si on était rose. J’adorais Bob Morane, mais c’était pour les garçons. Je les ai tous lu en cachette, cachée derrière une étagère.

Plus tard, j’ai découvert la science-fiction. Mais les auteurs étaient, la plupart du temps, des hommes qui racontaient les exploits de héros mâles et virils toujours prêts à défendre la pauvre demoiselle en détresse. Ça ne me correspondait pas trop (même si je garde de cette époque un descriptif assez précis du héros masculin type : jeune, beau, fort, assez macho et même un peu vaurien…)

Par la suite, j’ai découvert Marion Zimmer Bradley et son cycle de Ténébreuse, Anne McCaffrey et la Ballade de Pern, puis Ursula Le Guin et quelques autres. C’était pile poil les univers que j’attendais ! Du souffle, de l’aventure, de l’épique, du romanesque, des jeunes gens idéalisés mais des héroïnes qui n’étaient pas si gourdes que ça.

En parallèle, j’ai lu beaucoup de classiques d’aventures : Henri Vernes, Maurice Leblanc, Rider Haggard Burroughs, Jack London, Alexandre Dumas, Arthur Conan Doyle, Jules Verne… J’ai aussi baigné dans le fantastique, y compris celui du terroir, avec les contes et les légendes attachés aux régions. Sans oublier la télé et le cinéma. Je suis fille de Star Wars. Le vrai. Celui des épisodes 4 et 5. I love Han Solo for ever.

Interview : Valérie Simon

Dans quelles conditions écris-tu ?

J’écris sur un ordinateur, chez moi, face à la grande baie vitrée qui ouvre sur la terrasse. Cette dernière est saturée de plantes, avec des oiseaux qui viennent en hiver, des lézards en été et un ciel magnifique en toutes saisons.

Je peux écrire n’importe où, dans un bar, à l’hôtel, dans une patinoire, mais c’est vraiment face à ce jardin que je me sens le plus à l’aise. En été, je m’y installe à l’ombre et je suis au paradis.

Sinon, j’aime travailler dans le silence. Pas de télé, pas de musique, sauf lorsque j’écris un premier jet. Parfois, j’ai tellement besoin de me concentrer dans un silence absolu que je peux devenir maniaquo-agressive envers mes proches. Même le chien sait quand il doit se tenir à carreau…

Et aussi, je bois du thé. Des litres de thé.

Interview : Valérie Simon

Parles-nous de ton cycle "Arkem, la Pierre des Ténèbres"...

« Arkem la pierre des ténèbres » est un cycle de Fantasy en 4 tomes, tout public. Initialement édité chez Fleuve Noir, il est actuellement disponible en grand format aux Editions du Riez, avec des illustrations de couverture faites par David Lecossu.

Une jeune fille, née de deux races ennemies, moitié Elfe et moitié Démon, incarne une ancienne prophétie qui lui accorde pouvoir sur une pierre maléfique convoitée par l’Innommable Seigneur des Ténèbres. Ce Seigneur est enfermé dans une tour depuis des millénaires par les mages des temps anciens. Pour se libérer, il a besoin de cette pierre. Il envoie donc des émanations psychiques à la poursuite de notre héroïne.

Cette dernière est contrainte de fuir, poussée par l’urgence de purifier la pierre dans le Feu Eternel des Dragons. Elle est aidée par un jeune Magicien, Kéo, qui s’avère être à la fois son mentor, son guide et son… amoureux.

C’est évidemment un rite initiatique doublé d’innombrables aventures et d’une belle romance. J’y entrecroise pas mal de mythes et de références sur les légendes celtes, vikings, de l’antiquité. C’est un roman gai. Insouciant. Léger. Un hommage à la beauté de la vie.

Pour ceux qui voudraient y jeter un œil, voici les quatre titres : Yanis déesse de la mort (tome 1) – Sinièn déesse de la vie (tome 2) – Tahnee Sharn déesse de l’alliance (tome 3) – Morwen déesse de l’amour (tome 4). Aux Editions du Riez.

Interview : Valérie Simon

Nous avons partagé deux sommaires d'anthologies ensemble ("le Monde de la Nuit" chez Sombres Rets et "Sang, Tripes et Boyaux" chez La Porte Littéraire). Qu'est-ce qui te plait à travers l'écriture de textes courts?

La première fois que j’ai été confrontée à la rédaction d’un texte court, ce fut une demande d’Henri Loevenbruck via mon éditeur Fleuve Noir. Panique à bord, ça ne m’attirait pas du tout, j’étais bien trop bavarde pour écrire seulement quelques pages ! Ce premier texte a été une torture mais j’y suis arrivée. Et puis voilà que Jean-Marc Ligny me demande d’intégrer son anthologie Cosmic Erotica, prévue pour la Saint Valentin 2000 ! J’ai vraiment dû apprivoiser le genre en très peu de temps.

Depuis, écrire des textes courts est devenu une évidence. Il y a tellement de sujets que je voulais toucher, dont je voulais parler. Et tellement de mythes à explorer, des petits récits dont je n’aurai pas forcément fait un roman…

J’avoue cependant, à chaque fois, c’est un défi. Par exemple pour l’antho dont tu parles, celle des Trolls. Je n’avais jamais pensé écrire un truc sur des trolls ! Et pourtant, l’angle d’attaque s’est imposé en très peu de temps. J’y parle d’ivresse, de possibles hallucinations, et d’une adorable trollinette.

De la même façon, mon texte pour l’antho Le monde de la Nuit est venu très vite. J’avais envie de mélanger le réel et l’irréel, de mettre en scène un combat de femmes se disputant le même homme. Je tenais à prendre le contrepied de la fantasy ordinaire, qui propose généralement une demoiselle en détresse pour lequel des hommes se disputent…

Toutes ces aventures ont fini par me donner goût à la nouvelle. Mon premier recueil paraîtra en 2015 et regroupera 14 textes.

Interview : Valérie Simon

Écris-tu dans d'autres domaines que le fantastique, la fantasy ou la SF ? Quel est ton genre de prédilection?

Je n’écris pas particulièrement dans d’autres domaines que la SFFF, même s’il m’arrive de faire des incursions dans l’aventure, la romance, l’historique ou l’érotique (surtout par le biais des nouvelles).

Je suppose que mon genre de prédilection en écriture est la Fantasy.

D’ailleurs, on me demande souvent : mais pourquoi écrivez-vous de la Fantasy ?

Je ne sais pas.

Je suppose que c’est à cause du côté épique. Je suis comme Bilbo le Hobbit : je veux vivre une aventure. Avec la Fantasy, c’est vraiment possible. J’aime le merveilleux et le grandiloquent. J’aime le rêve et la poésie. J’aime l’action et la nature. J’aime les métamorphoses, les légendes. J’aime les grands sentiments tumultueux, l’amour, la haine, la trahison, le courage. La Fantasy permet tout cela, en affichant ouvertement une dimension visuelle.

Et puis, j’avoue humblement que j’adore composer avec des princesse intrépides et des guerriers sexy.

Interview : Valérie Simon

En tant qu'écrivain, quelle est ta plus grande fierté ?

Je suis toujours fière lorsque je mets un point final à un texte.

Mais parfois, il y a aussi des défis dont la réalisation est une véritable gageure. Je me trouve particulièrement lente à produire. Enfin, c’est comme ça que je me voie. Je passe beaucoup de temps à relire mon texte, à le retravailler. Je cherche la formule « parfaite », celle qui coule dans la bouche lors d’une lecture à voix haute. Parfois, j’essaie de m’entrainer à aller plus vite. Je me lance ainsi dans des petits challenges. Il y a peu de temps, j’ai écris une novella (un petit roman d’environ 100/150 pages) en moins d’un mois. Non seulement j’y suis parvenue, mais en plus j’ai adoré le résultat. Cela m’a rendu très fière.

Mais toutes ces petites fiertés sont éphémères.

Alors, en fin de compte, ma plus grande fierté (bien que fierté ne soit pas le mot exact, je choisirai plutôt le mot « émotion ») est de voir un lecteur venir me dire : je vous ai lue et relue, j’ai adoré, merci d’exister, merci d’avoir écrit ces histoires, merci de m’avoir fait aimer lire !

Ça, vraiment, c’est ma plus belle émotion.

Ma plus grande fierté.

Interview : Valérie Simon

Tes projets actuels ?

Côté publications :

- un recueil de 14 nouvelles de genre SFFF qui paraîtra en numérique chez Bragelonne début 2015, avec le titre provisoire de « La Nuit du Chat Gris »

- deux nouvelles en catégorie « romance sensuelle » qui paraîtront également en numérique, toujours chez Bragelonne.

- un roman de fantasy intitulé « Coup d’Etat », qui sera le premier opus d’un cycle en deux tomes, « La reine des Esprits », qui paraîtra aux Editions du Riez début mai 2015.

D’autres textes devraient suivre, en particulier plusieurs nouvelles et deux novellas, mais rien n’est encore signé. Je peux juste préciser qu’il sera question de vampires ou de démons.

Côté écriture :

J’attaquerai rapidement le second tome de « La Reine des Esprits », intitulé La Renégate. Je me lancerai aussi dans un nouveau projet, je ne sais pas encore trop lequel, je sais juste que ça bouillonne fort dans ma tête, avec quelques idées qui se battent en duel pour arriver en pôle position.

Et le boulot dans tout ça ?

J’ai la merveilleuse chance de pouvoir me consacrer à temps plein à l’écriture. J’en suis extrêmement heureuse.

Tes passions ?

Eh bien, tu l’auras peut-être deviné, mon côté casanier adore jardiner. J’ai deux terrasses tellement remplies de pots qu’elles ressemblent à des jungles en miniature. Mes plantes préférées sont les exotiques et les bizarres. Par exemple, j’ai une plante-zombie : Stapelia grandiflora. La fleur est superbe, étrange, mystérieuse. Mais elle pue le cadavre sur plus de dix mètres. Stratégiquement, ça se tient : elle se fait polliniser par des mouches. Mais ma famille la déteste (il faut dire qu’au mois d’août, l’odeur de cadavre sur une terrasse, ce n’est pas très fun).

Mon autre passion, un côté pas casanier du tout. Je suis une curieuse infatigable. J’aime voir, écouter, visiter, découvrir, explorer. Vivre.

Mini-portrait chinois…

Si tu étais…

Un livre ?

Un seul livre… impossible !

En même temps, je crois que le livre qui m’a le plus marquée est Le seigneur des anneaux, de Tolkien. J’étais étudiante. J’ai lu les trois tomes d’une seule traite en trois jours, en séchant les cours à la fac. Je ne l’ai jamais relu depuis.

Le personnage d'un roman ?

Ah comme j’aimerai être Jeanne Beauchamps !

C’est l’héroïne de la Bougainvillée, un livre en deux tomes de Fanny Deschamps.

Sous couvert historique au siècle des lumières, c’est une romance, et Jeanne est bien évidemment une grande amoureuse. De la vie, de l’amour, des sciences, de la botanique. Tout l’intéresse, tout la passionne. Elle ne fait rien à moitié. Elle se veut libre, pleine d’appétit et indépendante. Au milieu des aventures qu’elle traverse, son dilemme est d’être à la fois amoureuse d’un vieux savant herboriste qui fut un peu son papa et d’un beau corsaire parfumé à la fleur d’oranger qui est son amant. J’adore, c’est so romantic ! Définitivement fleur bleue.

Une créature fantastique ?

J’aime les dragons. Alors que peut-être que je serai une vouivre. Moitié femme, moitié serpent. Ange et pêché.

Un poème ?

En poésie, ma culture est classique et très scolaire. Le seul recueil que je possède est Les Fleurs du Mal de Baudelaire. Pas très original, mais j’aime la noirceur qui s’en dégage.

En règle générale, je me tourne toujours vers l’émotion.

Un paysage imaginaire ?

Ah, la Lothlorien, dans le Seigneur des Anneaux !!!!

Le mot de la fin ?

« Les êtres imaginaires savent écouter comme personne. »

(Stephen King dans "La petite fille qui aimait Tom Gordon")

Site officiel de Valérie : http://book.valerie.simon.free.fr/

Interview : Valérie Simon

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Published by Richard Mesplède - dans interviews
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