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16 novembre 2016 3 16 /11 /novembre /2016 07:04

Les jours se suivent sans se ressembler.

A part sur un point, au moins: le temps file toujours - de plus en plus,on s'en rend compte en vieillissant - plus vite.

Aujourd'hui, j'ai réussi à trouver le temps de poursuivre l'écriture de mon chapitre en cours, sans aucun mal : les événements que je relate sont très prenants pour moi, en tant qu'auteur, et je sais qu'il sauront tenir en haleine mon lectorat lorsque j'aurai enfin accouché du bébé. Cela peut paraître prétentieux, et pourtant il n'en va pas de même pour tous les passages que je dois écrire... Certains se font dans la douleur, dans le deuil et dans le doute. Là, c'est différent et c'est une bonne chose parce que, en fin de compte, c'est relativement facile. 

Mon compteur de mots frôle la barre des 9000. C'est loin des 26 666 que vise la barre de progression, comme en témoigne le diagramme ci-contre, mais qu'importe... Je n'ai pas la prétention de remporter ce nano, et quand bien même... il reste encore 14 jours.

Je vous l'ai dit hier, je vous propose ce soir de lire la suite de mon conte Steampunk, une adaptation de la Reine des Neiges à la sauce Jules Verne, j'ai nommé "la Reine de Cydonia"! Bonne lecture, en attendant vos commentaires toujours bienvenus!

La Reine de Cydonia

4. Le Gun Club

            Gerda se rendit à l'académie militaire d'astronomie ou elle fut reçue, après un long moment d'attente, par Impey Barbicane, le président du Gun Club lui-même. C'était un bel homme d'une quarantaine d'années, vêtu d'un costume trois-pièces et coiffé d'un chapeau en tuyau de poêle qu'il posa sur l'immense bureau de chêne lorsque la fleuriste entra enfin. Son apparence de rapace était accentuée par ses cheveux aile-de-corbeau et son grand nez aquilin.

            Après qu'elle lui eut raconté toute son histoire, en omettant bien entendu les détails concernant les fleurs et la poupée qui parlent, Monsieur Barbicane lui offrit un verre de whisky. Il but son propre verre cul-sec, puis s'en servit un autre avant de répondre enfin à la jeune femme :

            — Sauf votre respect, Mademoiselle, je pense que vous êtes très affectée par la disparition de notre ami. J'avoue que j'ai du mal à croire à tout ce que vous me dites.

            — Je me fiche de ce que vous croyez, président. Il faut sauver Kay. Je sais que vous envisagiez d'envoyer un boulet de canon sur la Lune avant de comprendre qu'il n'y a rien à faire là-haut.

            — Ma foi, ce que vous dites est exact. Nos plus éminent scientifique sont des vétérans de l'artillerie lourde. Leurs compétences en la matière ne sont pas à mettre en cause : ce sont les meilleurs. Mais, puisque la guerre est terminée, je leur ai soumis le projet un peu fou, je l'admets, d'envoyer un projectile sur l'astre lunaire. Cependant, vous n'êtes pas sans savoir que nos dernières observations ont fait état de la futilité d'une telle entreprise : la Lune est morte. Sa surface est un désert de poussière. Kay ne peut en aucun cas s'y trouver : même si le voyage était rendu possible, personne ne pourrait survivre sur ce caillou ! Envoyer un boulet de canon sur la Lune nous coûterait beaucoup d'argent et ne nous rapporterait rien d'autre que la risée des journaux !

            — Je vous propose de créer un boulet creux. Je prendrai place à bord du projectile. Envoyez-moi sur la Lune ! Comme je vous le disais tout-à-l'heure, je suis persuadée que vos observations sont erronées : les miroirs du télescope que Kay a soi-disant détruit ne vous montraient pas la réalité...

            — Mais vous n'avez aucune preuve de ce que vous avancez, n'est-ce pas ?

            Renfrognée, Gerda dut bien admettre que Barbicane avait raison : elle ne pouvait pas lui prouver ses dires. Kay avait disparu avec la paire de lunettes télescopiques.

            — Rien ne vous oblige à en parler aux journalistes, dans un premier temps. Qu'avez-vous à perdre ? Si vous avez raison, alors je mourrai de faim en arrivant là-bas. Or, sachez que je ne peux pas continuer à vivre sans Kay. En revanche, si vous vous trompez...

            Elle laissa volontairement sa phrase en suspens, pour laisser le président réfléchir à cette éventualité.

            La manoeuvre fonctionna : Barbicane murmura, comme pour lui-même :

            — … alors le Gun Club aura fait la plus grande découverte de l'humanité, et je deviendrais l'homme le plus célèbre de tous les temps.

            Et ainsi, quelques minutes plus tard, Gerda signait le contrat le plus improbable qui ait jamais été écrit.

            Elle allait monter à bord d'un boulet de canon qui serait envoyé sur la Lune.

à suivre...

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Published by Richard Mesplède - dans NaNoWriMo
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