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24 novembre 2016 4 24 /11 /novembre /2016 08:18

Mon article en cours d'écriture est déjà bien structuré, il me reste encore à développer chaque partie, ce qui devrait occuper mes prochaines soirées sans faire avancer de façon très significative mon nano. Le travail d'écriture s'accompagne ici d'investigations relativement poussées et mes recherches vont prendre un peu de temps si je veux rendre un document référencé et professionnel. Je vais m'y mettre sans tarder pour tenter de me coucher tôt ce soir. La semaine est chargée et j'accumule une certaine fatigue aussi me faut-il rester raisonnable! 

Comme convenu, je vous propose de lire la suite de "la Reine de Cydonia". Je vous en souhaite bonne lecture! A demain pour un nouvel article...

 

La Reine de Cydonia

6. La dame de la Terre et la petite fille de la Lune

 

            Chemin faisant, la petite Sélénée se montra très bavarde.

       Elle lui raconta combien l'hiver était rude pour le peuple des Sélenites, car ici, près du Pôle Nord lunaire, ce n'était pas comme sur la Terre : il y faisait jadis toujours beau, et le pays n'avait connu qu'une seule saison. C'était toujours le printemps, jusqu'à l'arrivée de la Reine Sidonama. Dès que celle-ci s'était installée dans son château, dans la province de Cydonia, l'hiver avait surgi et personne n'y avait été préparé, si bien que de nombreux Sélenites durent trouver refuge au centre de l'astre, là où il faisait encore chaud. Seuls d'intrépides nomades parcouraient encore la surface gelée dans l'espoir de faire revenir le printemps. Une prophétie, notamment, racontait qu'un jour une jeune femme viendrait rétablir l'ordre en se mesurant à la Reine.

            Gerda écouta avec beaucoup d'attention cette histoire, mais lorsque Sélénée poursuivit son discours incessant en lui parlant des étoiles dans le ciel, des formations de cristaux de glace dans les cavernes souterraines et des champignons qui y poussaient et dont les Sélénites se nourrissaient, elle se perdit dans ses pensées, rêvant du moment où elle retrouverait son cher et tendre Kay !

            — Nous avons environ cent lieues à parcourir jusqu'à Cydonia, précisa au bout d'un moment la petite fille.

            — Cent lieues ! S'étonna la fleuriste, inquiète. Mais cela va nous prendre plusieurs jours pour y arriver ! Voire des semaines, des mois, d'autant plus que l'épaisseur de la couche neigeuse ralentit cruellement nos pas. Nous n'aurons jamais assez à manger avec les quelques champignons séchés que tu as apportés !

            Sélénée afficha alors un grand sourire :

            — Cent lieues, ce n'est pas si loin : nous y serons avant la tombée de la nuit !

            Après quelques explications, Gerda comprit que les unités de mesure de la Lune ne correspondaient pas du tout à celles de la Terre, ce qui fut un grand soulagement !

            — Dis-moi ce que tu sais à propos de mon fiancé, demanda-t-elle alors.

            — Le jeune homme dont tu es amoureuse est effectivement chez la Reine de Cydonia. Il y est très heureux, car il pense qu'il se trouve là dans le meilleur endroit au monde. C'est à cause de ses lunettes, il ne les quitte plus depuis que Sidonama l'a convaincu de ne plus jamais rien regarder à l'oeil nu.

            — Mais... pourquoi ?

            — Elle lui a dit que s'il regardait sans ses lunettes, n'importe où qu'il se trouve sur la lune, alors ses yeux géleraient instantanément et il se retrouverait aveugle pour toujours. Persuadé que ses lunettes le protègent, il continue de les porter jour et nuit !

            — Mais... pourquoi ? Répéta bêtement Gerda en mâchonnant distraitement un morceau de champignon au bon goût de carotte.

            — Parce que Sidonama ne veut pas qu'il voit la Lune telle qu'elle est aujourd'hui. Sur terre, les miroirs avec lesquels Kay a fabriqué ses lunettes dévoilent l'avenir, mais ici, sur la Lune, ils montrent une vision du passé. Ainsi le beau Kay continue de croire qu'il vit dans un beau château entouré d'un printemps éternel et que son hôte est la plus belle des femmes de tout l'univers !

            Gerda eut un pincement au coeur. Elle craignit tout à coup que Kay tombe amoureux de la Reine de Cydonia et ne pense plus jamais à elle...

            — L'est-elle vraiment ? Est-ce qu'elle est si belle que cela ?

            Sélénée éclata alors de rire :

            — Non ! Pas du tout : elle est laide, méchante et... et en plus c'est une sorcière. Enfin, c'est ce que disent mes parents. Mais quand elle était jeune, il y a très longtemps, elle était très, très belle. C'est cette image d'elle que Kay voit à travers les lunettes. Des fois, elle arrive à faire un tour de magie pour montrer cette apparence à tout le monde, même si on ne regarde pas à travers des miroirs ensorcelés, surtout quand elle va sur Terre. Mais personne ici ne sait au juste ce qu'elle y fait, même si tout le monde s'accorde à dire que c'est sa planète d'origine, et qu'elle y vivait au centre d'un volcan...

            Gerda se perdait dans toutes ces explications. Elle poussa un profond soupir avant de demander :

            — Que dois-je faire ?

            — Oh, c'est très simple, en théorie. Il suffit d'ôter ses lunettes à Kay. Tant qu'il les portera la Reine de Cydonia conservera son pouvoir sur lui.

            A ce moment-là une tempête de neige se leva. Gerda et Sélénée ne pouvaient plus voir où elles allaient, le vent faisait tourbillonner les flocons dans l'atmosphère et cachant leur vue.

            De la tempête surgirent bientôt une vingtaine de silhouettes.

            C'étaient des bonhommes de neige gigantesques. Grands comme des dirigeables, ils avaient des échardes de bois à la place des dents et des flammes glacées à la place des yeux. Ils étaient armés de stalagtites de glace très pointus et fonçaient sur les voyageuses !

            — Au secours ! Cria Sélénée ! Les Abominables Bonhommes de Neige ! Ils sont envoyés par la Reine de Cydonia pour nous tuer !

            Et elle s'échappa dans la tempête en continuant de crier.

           Voyant que les immenses créatures en avaient après elle-même, Gerda comprit qu'elle n'avait aucune chance de s'en sortir. Alors elle entendit une douce musique, provenant de son sac.

            Elle l'ouvrit et découvrit que l'une des deux roses restantes s'était mise à chanter.

            Sans trop savoir pourquoi, elle sortit sa création métallique du sac et la brandit devant elle, comme si c'était une baguette magique ou un pistolet.

            La rose se mit à chanter de plus belle. Gerda reconnut l'air du Lac des Cygnes, un ballet qu'elle aimait beaucoup.

            Les Abominables Bonhommes de Neige aussi, manifestement, car il s'arrêtèrent soudain et se mirent à danser devant elle alors que la tempête s'arrêtait comme elle était venue.

            — Merci, petite rose, dit Gerda en plantant la fleur dans la poudreuse, face aux monstres qui continuaient de danser.

            — C'est moi qui te remercie, lui répondit alors la rose : grâce à toi je vais pouvoir chanter pour toujours, et pour toujours ce public dansera !

            Sélénée, qui avait finalement tourné en rond dans la tempête, rejoignit Gerda. Elle était essoufflée mais était saine et sauve.

            Et, comme ça, Gerda poursuivit son périple en compagnie de la petite fille de la Lune et arriva au château de la Reine de Cydonia.

            Kay, lui, était loin de se douter que sa fiancée avait accompli cet incroyable voyage. Il ne pensait plus du tout à elle...

 

 

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Published by Richard Mesplède - dans NaNoWriMo
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