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28 novembre 2016 1 28 /11 /novembre /2016 18:43

Une journée peu productive, question écriture... Je vais tenter de m'y mettre un peu ce soir, avec cet article en chantier qui n'attend que ça... 

Sans tarder, voici donc la suite et fin de la Reine de Cydonia! J'espère qu'elle vous plaira!

Bonne lecture et à demain pour l'avant-dernier billet du mois!

La Reine de Cydonia

7. Ce qui se passa au château de la Reine de

Cydonia et ce qui eut lieu par la suite

 

            La forteresse de la Reine de Cydonia était d'une beauté architecturale sans pareille. Ses remparts étaient sculptés dans la neige pulvérisée, ses créneaux, ses meurtrières et ses portes faits de blizzard. Son centre était constitué d'un château de glace gigantesque qui comptait plus de cent salles. La superficie de tout l'édifice s'étalait sur plusieurs lieues terriennes, et toutes étaient éclairées par de magnifiques aurores boréales.

            Gerda et Sélénée s'avancèrent au travers de ce dédale gelé en ne pouvant s'empêcher d'admirer les formidables arabesques lumineuses qui illuminaient les plafonds. Elles parcoururent ainsi une douzaine de pièces avant de parvenir enfin dans un salon aux proportions cosmiques. Là, s'étalait un grand lac de glace au bout duquel s'élevait un trône fait de stalagmites et de cristaux de neige. Y était assise une femme vieille et repoussante de laideur : ses rares cheveux blancs auréolaient un crâne farci de furoncles tandis que ses yeux bleus et cernés de croûtes jaunâtres les dévisageaient.

            — Voilà Sidonama, murmura la petite Sélenite. Voilà la Reine de Cydonia.

            Au pied du trône se tenait Kay, lequel était bleu de froid, si transi qu'il ne remarqua même pas l'arrivée des deux jeunes femmes. Au contraire semblait-il concentré dans la tâche absurde consistant à ressembler des plaques de glaces, à même le sol, afin de former une sorte de puzzle. Sa tache apparaissait vaine, mais il n'en avait cure, de toute évidence.

            En effet, la reine lui avait dit que s'il parvenait à faire son portrait, du moins tel qu'il la voyait, alors il pourrait prétendre à se marier avec elle. Ce travail était proprement irréalisable mais Kay, aveuglé par les lunettes qu'il portait toujours, ne s'en rendait jamais compte et s'échinait péniblement à rassembler des morceaux de glace en vain.

            Au moment ou Gerda et Sélénée firent leur entrée, Sidonama était en train de dire au jeune homme :

            — Ce n'est pas si mal... Mais tu n'y arriveras pas tout seul. Dans ma grande bonté, je m'en vais t'aider. Je m'envolerai dès ce soir à bord de ma fusée et irai chercher de la neige terrienne. Elle n'a pas les mêmes propriétés que celle de la lune, aussi pouvons-nous espérer blanchir ces grandes surfaces vides et donner ainsi un peu de relief à ta fresque.

            En réalité, la Reine s'impatientait et s'ennuyait depuis plusieurs jours à contempler les efforts inutiles de son esclave terrien. Elle n'avait désormais qu'une seule hâte : regagner la Terre pour fomenter de nouveaux troubles dans les Etats-Unis.

            Elle s'éclipsa sans ajouter de plus ample commentaire, se dirigeant vers sa fusée de glace, sans avoir remarqué l'intrusion de Gerda et de la petite fille de la Lune qui l'accompagnait.

            Gerda se précipita alors vers son fiancé, jetant derrière elle son sac d'où s'échappa la dernière rose de cuivre. Sélénée s'en empara et courut derrière la Reine...

* * *

            Gerda se jeta dans les bras de Kay, qui ne sembla même pas l'avoir aperçue.

            — Kay ! Mon amour, je te retrouve enfin, pleura-t-elle.

            Mais Kay resta immobile, raide et froid. Alors Gerda se mit à pleurer à chaudes larmes, et puis les nerfs prirent le dessus : elle arracha sans autre forme de procès les lunettes télescopiques du visage de son bien aimé et, non contente de lui avoir ainsi ouvert les yeux, entreprit de piétiner en sautant à deux pieds joints l'instrument afin de le détruire.

            A ce moment-là Kay parut recouvrer son identité :

            — Gerda. Gerda ? C'est toi, Gerda ? Ma chère et tendre Gerda ! Où étais-tu ? Où étais-je ? Il fait si froid ici, tout est si vide et si grand !

            Ils serra sa bien-aimée dans ses bras, et Gerda lui embrassait les joues, les yeux et la bouche. Elle le prit par la main et l'entraîna au pas de course vers la direction prise précédemment par la Reine. Si cette monstrueuse femme possédait vraiment une fusée, alors c'était le seul moyen pour eux de quitter la Lune pour regagner la Terre. Il fallait faire vite...

            Mais comment pourraient-ils s'opposer aux pouvoirs de la Dame de la Lune, Gerda était bien incapable de le savoir !

* * *

            Pendant ce temps, la jeune Sélénée rattrapa la Reine de Cydonia alors que celle-ci s'apprêtait à monter dans sa fusée de glace :

            — Attends ! Tu ne vas pas partir d'ici aussi facilement, la défia-t-elle en brandissant la rose de cuivre.

            Sidonama éclata de rire et se tourna vers elle :

            — Tu as raison ; je vais partir, mais avant, je vais te réduire à l'état de flocons !

            Et elle commença à chanter les paroles d'une formule magique qui allait transformer Sélénée en tas de neige.

            Mais cela ne se passa pas ainsi : au même moment, la dernière des trois roses qu'avait emportées Gerda se mit elle aussi à chanter. C'était une fleur mécanique défectueuse, la fleuriste le savait bien et c'est pour cela qu'elle l'avait gardée jusqu'au bout, espérant ne pas avoir à s'en servir. Car cette rose-là était affublée d'un singulier défaut de prononciation : elle confondait les lettres de certains mots et les restituait dans le désordre...

            Ainsi la fleur chanta-t-elle :

            —  Nous t'arrêterons, et nous t'emchêperons de retarpir sur Terre, Vailine vieille Mmefe ! Je suis la sore la plus puissante de Derga ! Je suis la première qu'elle a créée ! Meurt !

            La sorcière éclata encore de rire : se faire défier par une petite fille de la Lune était amusant. Se retrouver face à une fausse fleur était carrément ridicule !

            — Meurs, répéta la fleur, Meurs, Sidonama, Sidomana, Sinodama...

            La Reine de Cydonia afficha alors un rire jaune et tourna les talons, se précipitant sur les barreaux de l'échelle menant à l'habitacle de sa fusée de glace dont elle entreprit de gravir les barreaux en quatrième vitesse.

            — Meurs ! Continua de chanter la rose. Meurs, Insodama, Dasidoma, meurs Osnimada.

            Et, au moment où la Reine de Cydonia allait fermer la porte de sa fusée pour s'envoler vers la Terre, la rose cracha enfin :

            — Meurs, Asmodina !

            A ce moment-là, la vieille femme se retourna, et son visage était envahi par la peur. Car tel était son véritable nom : Asmodina. La rose, en mélangeant les lettres du nom qu'elle avait adopté en venant sur la Lune, avait trouvé comme par hasard son véritable nom, qui n'était qu'une anagramme de sa fausse identité. Et si quelqu'un connaissait le nom d'un démon, alors il pouvait le détruire.

            Ainsi, une simple petite rose artificielle et défectueuse maintint-elle en échec la Princesse des Ténèbres, et la renvoya manu militari dans le Septième cercle de l'enfer qu'elle n'aurait jamais dû quitter...

            Après quoi Sélénée abandonna la rose, qui venait d'exploser et ne serait plus jamais utile à quiconque, et décida de laisser les deux amoureux dans une intimité qu'ils méritaient amplement. Elle repartit donc rejoindre les siens, à travers un paysage de neige fondue qui annonçait le retour bienvenu du printemps éternel.

            Gerda et Kay quittèrent la Lune à bord de la fusée de Glace de la Reine et regagnèrent la Terre.

            C'était l'été à Baltimore.

            Ils y vécurent heureux mais n'eurent jamais d'enfants.

 

 

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Published by Richard Mesplède - dans NaNoWriMo
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