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4 novembre 2016 5 04 /11 /novembre /2016 12:01

Je viens de passer la barre des 2 300 mots, mon retard sur les objectifs quotidiens moyens du nano se creuse naturellement, comme prévu, et ce n'est pas fini! Mais je parviens à écrire chaque jour un peu plus que d'ordinaire, et mes projets avancent. Je n'ai toujours pas terminé l'écriture du chapitre en cours (le n°9) mais je progresse. Mais surtout, je suis encore là aujourd'hui, à partager l'aventure avec vous!

Ma journée est un peu particulière puisque je suis cloîtré à la maison en raison d'un état grippal carabiné. Dans ces conditions, on pourrait penser que j'en profiterais pour écrire du matin au soir... mais face aux montées de fièvre, à la fatigue et à l'appel de la couette, j'avoue que le traitement de texte pèse peu!

Trêve de jérémiades, je vous propose de découvrir aujourd'hui la première partie de ma nouvelle "la Reine de Cydonia" précédemment parue (en partie...) dans le recueil de nouvelles "Le Voyage Féérique de Jules". J'en parlais il y a un peu plus d'un an, lors de sa phase d'écriture. Si celle-ci vous intéresse, je vous invite à lire l'article en question en cliquant ici.

La Reine de Cydonia est un conte pour enfants (pas trop jeunes, tout de même) et pour adultes. Je me suis amusé à y mêler le conte traditionnel de "la Reine des Neiges" à la trame du roman de Jules Verne "De la Terre à la Lune". Oui, on nage en plein steampunk!

Voici donc la première partie de cette histoire. Merci de réagir, de me donner vos avis, vos louanges et vos insultes!

 

 

 

La Reine de Cydonia 

Pour Jade

 

«Come ride with me
Through the veins of history
I'll show you how God
Falls asleep on the job »

(Muse, Knights of Cydonia)

 

* * *

 

1. Eclats de futur

 

            Il était une fois, en l'an 1885, une vieille femme très riche, très laide et très méchante.

            Elle s'appelait Asmodina, Princesse du Septième Cercle de l'Enfer. Tel était son titre en vérité, car son père était le diable en personne. Sa mère, une jeune machiniste travaillant à bord de l'un des plus grands dirigeables de la Couronne d'Angleterre, était morte en couche. Aussi la petite Asmodina avait-elle été élevée par le Seigneur des Ténèbres, au coeur des forges méphitiques dont le chaos résonne au centre de la Terre et provoque parfois de gigantesques et dévastatrices éruptions volcaniques.

            Mais, en grandissant, Asmodina s'était rapidement intéressée au monde des hommes. Elle voyait en leur cupidité, en leur égoïsme et en leur naïveté un bon moyen de s'amuser. En d'autres termes, la surface de la Terre l'attirait comme une aire de jeu dans laquelle elle prenait un malin plaisir à semer la discorde et le chaos.

            Elle était très riche. Elle arpentait les cinq continents depuis des siècles et connaissait sur le bout des doigts les paroles et les gestes qui lui garantissaient de séduire et de manipuler les hommes. De fait, elle avait amassé au grès de ses incursions à la surface du monde une quantité considérable d'argent disséminée dans bon nombre de comptes en banques. Bien entendu, elle avait dû prendre de multiples identités pour ce faire. Installée aux Etats-Unis depuis la fin de la Guerre de Sécession, en 1865, elle était à présent à la tête d'une aciérie, d'une fabrique d'aérostats et de la très prestigieuse académie militaire d'astronomie de Baltimore connue sous le nom de « Gun Club ».

            Elle était très laide : fille de son père, elle laissait pousser une chevelure abondante, filasse et pareille à du crin de cheval afin de cacher les petites cornes pointues qui poussaient de part et d'autre de son visage et témoignaient de sa nature démoniaque. Ses yeux étaient délavés et cernés de croûtes jaunâtres et maladives ; aussi les cachait-elle sous des lunettes rondes à monture d'écaille et aux verres teintés. Sa peau était grénelée et régulièrement envahie de boutons à la pointe blanche qui ne demandaient parfois qu'un simple coup de vent pour éclater. Ainsi elle avait pris l'habitude de dissimuler son visage à l'aide d'un grand éventail couvert de motifs cabalistiques, lesquels attiraient l'attention de ses interlocuteurs en les détournant de la vision de son visage ingrat.

            Asmodina était aussi très méchante : elle était à l'origine de bien des méfaits dans le monde, depuis son implication active dans le déclenchement de nombreuses guerres jusqu'à la planification d'accidents de trains, de dirigeables et de paquebots, en passant par l'élaboration de la grande supercherie, qui avait aveuglé les hommes pendant si longtemps, selon laquelle la Terre était plate...

            Mais toutes ses actions maléfiques ne parvenaient jamais à apaiser sa soif de destruction.

            Un jour, elle fabriqua un miroir.

            C'était un miroir magique : ceux qui regardaient à l'intérieur y voyaient le plus terrible des futurs possibles. Très fière de son invention, elle en inséra deux fragments dans un énorme télescope qu'elle confia, naturellement, au Gun Club.

            Les scientifiques qui travaillaient là, d'anciens militaires désormais à la retraite puisqu'il n'y avait, du moins pour le moment, plus de guerre qui requerrait leurs services, s'intéressaient de près à la Lune, et se montrèrent enchantés par le don de la vieille femme : le télescope qu'elle leur offrait était sans nul doute le plus précis et le plus fiable qu'ils aient jamais utilisé.

            Ignorants du fait qu'ils ne voyaient que le pire des avenirs possibles à travers l'instrument, ils s'acharnèrent pendant des semaines à passer au peigne fin la surface du satellite naturel de la Terre et arrivèrent finalement à la conclusion qu'il s'agissait d'un astre vide, gris, poussiéreux et dénué de vie.

            Et puis, un jour, ou plutôt une nuit, un jeune astronome du nom de Kay était en train de scruter la Mer du Froid qui s'étend au nord de l'astre lunaire et sur laquelle il lui avait semblé apercevoir un mouvement, lorsque les deux miroirs du grand télescope explosèrent simultanément.

            Asmodina s'était lassée de son jouet et voulait mettre un terme à la partie en aveuglant le pauvre homme. Pis, elle espérait que l'un des éclats vint à se ficher dans son coeur, pour le seul plaisir d'assister à sa ridicule agonie.

            Mais les choses ne se passèrent pas ainsi.

          Kay n'avait jamais été un bon soldat, mais il était un astronome particulièrement compétent. Vif d'esprit il l'était aussi de corps.

            Quand les miroirs explosèrent, il fit un bon en arrière et évita de justesse la grêle de verre ensorcelé qui plut sur lui.

            Avant d'aller faire son rapport à ses supérieur, penaud, il ramassa quelques éclats du miroir et les emporta chez lui.

            Congédié pour faute grave – on l'accusait d'avoir cassé le télescope – il se calfeutra dans son appartement et passa le plus clair de son temps à étudier les éclats qu'il avait ramenés. Un projet fleurissait dans sa tête, lentement...

            Cinq semaines plus tard, Kay avait achevé ses travaux : il était parvenu à tailler les morceaux de miroir pour se confectionner une paire de lunettes télescopiques.

            Dès lors, sa vision du monde ne fut plus la même...

 

 

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Published by Richard Mesplède - dans NaNoWriMo
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