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25 novembre 2016 5 25 /11 /novembre /2016 07:37

Aujourd'hui, pour changer un peu et honorer mes engagements, j'aimerais partager avec vous une petite chronique du recueil de nouvelles "Coeur à Corps", de Valérie Simon. Valérie et moi avons déjà partagé le sommaire d'une ou deux anthologies et elle m'a offert le privilège de répondre à mes questions lors de la série d'interviews que j'avais menées en 2014. Elle fut la dernière à avoir subi mon interrogatoire à l'époque. C'est un auteur très abordable avec qui il est plaisant d'échanger. Je vous invite à (re)découvrir cette interview en cliquant ici. C'est dans le cadre de l'opération "le 1er Septembre, j'achète un livre de SFFFH français" organisée par le collectif "l'invasion des grenouilles", que j'ai jeté mon dévolu sur ce recueil. C'était le 1er septembre 2015! Dès lors, le bouquin à rejoint ma pile de livres à lire, dont il a atteint le sommet il y a quelques jours. Je viens d'en terminer la lecture et vais pouvoir - enfin - le chroniquer. En te priant de bien vouloir m'en excuser, Valérie, si tu lis ces lignes. La promo de Coeur à Corps n'est plus d'actualité,mais ce recueil est intemporel et gagnera encore longtemps à être connu! Voilà pour le contexte. Maintenant, passons à mes appréciations...

Impression générale:

La plume de Valérie Simon est affûtée, on sent qu'un véritable travail de recherche enveloppe la prose littéraire, mise en valeur de façon savante par un jeu d'assonances et d'allitérations, - entre autres figures de style, mais cela semble tellement inné que je doute qu'elle le fasse délibérément - parfois comparables à de la poésie de haut niveau. Mon impression - cela reste personnel - est que les histoires contées sont sublimées par les thèmes récurrents et bien maîtrisés tournant autour de la nature et des éléments. J'ignore si Valérie Simon sera d'accord avec moi mais elle ne pourra pas nier ses connaissances en la matière et sa propension à les distiller dans ses écrits. Pour ma part, je pense que c'est une amoureuse de la Vie, sous toutes ses formes - vous aurez noté la majuscule - et cela se voit. Je me demande si elle a déjà écrit des poèmes, si elle en a publié... si c'est le cas, j'aimerai bien les lire. Parce que, je le répète, ses histoires sont empreintes de poésie.

Les nouvelles, une par une:

Et là, chers lecteurs, je vais m'attacher à vous donner mes sentiments sur chaque texte tout en m'essayant à ne pas spoiler. Je ne suis pas chroniqueur, aussi l'exercice promet d'être rude. Je vous prie de m'excuser d'avance si les impressions que je vous livre demeurent trop floues.

La Vénus du quartier des Platanes:

Quelle riche idée que d'avoir choisi cette nouvelle comme première du recueil! On se laisse emporter dans cette histoire d'amour passionnée qui vire au drame. Passée la moitié du récit, on devine où l'auteur veut en venir, aussi lorsqu'on y arrive, on n'est pas étonné... mais l'histoire continue encore un peu, suffisamment pour nous plonger dans un gouffre de désespoir... J'ai beaucoup aimé cette histoire, très prenante, parfois très osée aussi si on lit entre les lignes et qu'on a autant d'imagination que moi, et c'est une bonne chose. Dès lors, on n'a qu'une seule envie : lire les autres nouvelles...

Conte Schizophrénique:

Une courte histoire, efficace comme un poème de François Villon. Désespérée, noire dans le fond, mais dans la forme tellement colorée et vivante! Du bonheur.

Je te tuerai deux fois:

Celle-là est tout simplement géniale. L'histoire prend place dans un univers futuriste. Ce n'est pas de la science-fiction, mais plutôt de l'anticipation. Là, nous sommes dans un contexte comparable aux nouvelles de Philip K. Dick. Avec des interrogations toute aussi comparables. Je n'en dirai pas plus, si ce n'est que c'est peut-être à mon sens la nouvelle la plus efficace du recueil.

La Nuit du chat gris:

Une histoire dérangeante, loin des standards. Je crois que, plus on aime les chats, et plus cette nouvelle peut nous heurter. Moi, elle m'a vraiment dérangé. Même si ce n'est pas ma préférée, elle est bien construite et se laisse apprécier.

Demain, des raviolis...:

Une histoire post-apocalyptique? Peut-être. Celle-là, je l'ai beaucoup, beaucoup apprécié. Mais je n'en dirai pas plus... Pas de spoil, j'ai dit!

Le Regard de la mère:

Un récit très, très bon. Il m'a fait penser à un film que je ne peux nommer pour ne pas donner trop d'indices, mais sachez que c'est un très bon film! Cette histoire traite d'un thème largement abordé en fantastique, mais cette fois-ci Valérie parvient à nous présenter quelque chose d'archi classique sous une nouvelle forme. L'exercice stylistique vaut le détour. Vraiment.

Les Neuf Queues de la femme-renarde:

Sans doute la nouvelle la plus exotique, dérangeante et étrange de tout le recueil. Je n'ai pas poussé les recherches pour savoir si l'auteur s'était inspiré d'une véritable légende. J'aime à penser que c'est le cas, mais si je me trompais je n'en serais que plus séduit. Tellement étrange, en vérité, que la fin reste inattendue, improbable et, pour chaque lecteur j'en suis convaincu, une chute comme on en connaît peu en la matière.  

Le numéro 319:

Cette nouvelle-là est sans conteste ma préférée de tout le recueil, et de loin. Non pas que le style ou la forme soient plus recherchés et fouillés que pour les autres récits, non, pas du tout. C'est le thème, la façon de le traiter, et la chute qui m'ont séduit, à titre tout à fait personnel. Comment en parler sans rien révéler tout en donnant envie de la lire? Je ne sais pas... Ecrite à la première personne; le héros est amnésique et essaye de comprendre ce qui lui arrive; rapidement, on le cerne, on le comprend et on s'identifie à lui, sans en comprendre plus que lui. C'est prenant. C'est vraiment prenant. J'adore ce genre de récit, et là, Valérie Simon a vraiment fait fort. J'y ai vu des échos de Barjavel, mais c'est encore autre chose. Bref, c'est ma nouvelle favorite. Si un seul des textes de ce recueil devait être adapté en long métrage, ce serait celui-ci. Et croyez-moi, on gagnerait un putain de film. Mais, là encore, c'est un point de vue personnel.

La Chair du Golem:

Excellent! le thème est donné dans le titre. Une histoire de golem, mais inscrite dans notre univers contemporain. Dérangeante encore, comme histoire, mais très bien rythmée. J'ai beaucoup aimé. Là, je comparerais volontier la prose de Valérie à du Stephen King, ou à du Dean Koontz. En plus littéraire. Du très très bon.  

La Vouivre du bord de l'étang:

Je n'ai pas trop aimé celle-ci. Elle traite d'un thème intéressant et bien connu, reste très référencée au niveau historique dans l'époque à laquelle elle s'inscrit, est encore une fois appréhendée avec une plume poétique... néanmoins elle n'a pas réussi à me convaincre. Peut-être que j'ai perçu la chute trop tôt - dès la lecture du titre, en fait. Une belle histoire, mais trop classique à mon sens, sans réelle chute.

L'Amour à mort sur les rives de Formose:

Mention spéciale pour cette nouvelle. Ce n'est pas ma préférée mais, si on me l'avait donnée à lire sans me dire qui en était l'auteur, j'aurais sans conteste affirmé qu'il s'agissait d'une histoire inconnue de Lovecraft. J'ai lu tous les textes publiés de Lovecraft, je les connais sur le bout des doigts, mais là, je m'y serais laissé prendre. Tout y est : la structure en gradation vers l'horreur primordiale, celle de l'inconnu, les références mythologiques et ésotériques, le choix de la première personne ajoutant à la descente vers les abysses et la chute, qui m'a fait pensé à beaucoup de chutes de ce maître et précurseur des récits d'horreur contemporain. Chapeau bas à Valérie Simon pour avoir réussi ce tour de force. D'autant plus que je ne sais même pas si elle connait, ou si elle apprécie, la plume de H.P. Lovecraft.

La Vie très ordinaire du comptable Jean-Louis:

Une nouvelle intéressante, loin des sentiers battus dans la forme, traitant d'un thème ultra récurrent dans le fantastique. J'ai bien aimé, sans plus. Sauf qu'encore une fois la forme prend le pas sur le fond. C'est un fait: Valérie Simon maîtrise la langue française à tel point qu'elle embarque le lecteur et le guide aveuglément exactement où elle veut le mener.

Fenris:

C'est peut-être l'histoire de ce recueil la plus référencée, et en même temps celle qui m'a le moins séduit. Je ne saurai pas trop dire pourquoi. Cependant le choix de traiter ici le récit à la première personne est particulièrement intéressant. Au final, je pense qu'il s'agit d'un excellent texte, que je n'ai pas su apprécier personnellement, tout simplement peut-être parce qu'il ne me parle pas.

Les mémoires de la Bestia:

La nouvelle qui clôt le recueil est agréable à lire, encore une fois très poétique (peut-être la plus poétique du livre?) mais on a l'impression de déjà tout comprendre dès les premières lignes. Sauf que, on le comprend assez vite, l'histoire fait appel à l'Histoire avec un grand H, et que l'auteur a effectué des recherches approfondies pour nous offrir ce récit. Si ce n'est pas le cas, alors Valérie Simon est particulièrement douée pour nous le faire croire, et c'est tant mieux. Un thème classique, une chute classique, mais desservies magnifiquement par une plume bien aiguisée, qui incite le lecteur à s'acoquiner, si ce n'est à s'identifier, au narrateur, et donc au grand méchant de l'histoire... jusqu'à la chute, somme toute inattendue, invitant à poursuivre les recherches sur d'autres mythologies ou, pourquoi pas, vers une suite...

 

En conclusion:

Les nouvelles de Coeur à corps développent de nombreux thèmes fantastiques: science-fiction, fantasy, anticipation, fantastique pur, tout y passe, mais dans la forme, l'auteur parvient à lier tous ces concepts en utilisant des thématiques secondaires qui lui sont chères (la nature, l'amour, l'écologie, l'Histoire, et bien d'autres) mais surtout à travers sa plume de poétesse. C'est, du moins, mon avis. 

Vous l'aurez compris: "Coeur à corps" m'a beaucoup séduit. Même si quelques nouvelles semblent un peu faibles en puissance par rapport aux autres, l'ouvrage mérite d'être découvert et lu. Je ne saurai que trop vous le recommander. En tout cas, pour ma part, je ne regrette pas de l'avoir acquis; c'est une des plus agréables lectures de l'année en ce qui me concerne, et j'ai hâte de découvrir les autres écrits de Valérie Simon, en particulier "Coup d'Etat"...

 

 

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Published by Richard Mesplède - dans NaNoWriMo
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24 novembre 2016 4 24 /11 /novembre /2016 08:18

Mon article en cours d'écriture est déjà bien structuré, il me reste encore à développer chaque partie, ce qui devrait occuper mes prochaines soirées sans faire avancer de façon très significative mon nano. Le travail d'écriture s'accompagne ici d'investigations relativement poussées et mes recherches vont prendre un peu de temps si je veux rendre un document référencé et professionnel. Je vais m'y mettre sans tarder pour tenter de me coucher tôt ce soir. La semaine est chargée et j'accumule une certaine fatigue aussi me faut-il rester raisonnable! 

Comme convenu, je vous propose de lire la suite de "la Reine de Cydonia". Je vous en souhaite bonne lecture! A demain pour un nouvel article...

 

La Reine de Cydonia

6. La dame de la Terre et la petite fille de la Lune

 

            Chemin faisant, la petite Sélénée se montra très bavarde.

       Elle lui raconta combien l'hiver était rude pour le peuple des Sélenites, car ici, près du Pôle Nord lunaire, ce n'était pas comme sur la Terre : il y faisait jadis toujours beau, et le pays n'avait connu qu'une seule saison. C'était toujours le printemps, jusqu'à l'arrivée de la Reine Sidonama. Dès que celle-ci s'était installée dans son château, dans la province de Cydonia, l'hiver avait surgi et personne n'y avait été préparé, si bien que de nombreux Sélenites durent trouver refuge au centre de l'astre, là où il faisait encore chaud. Seuls d'intrépides nomades parcouraient encore la surface gelée dans l'espoir de faire revenir le printemps. Une prophétie, notamment, racontait qu'un jour une jeune femme viendrait rétablir l'ordre en se mesurant à la Reine.

            Gerda écouta avec beaucoup d'attention cette histoire, mais lorsque Sélénée poursuivit son discours incessant en lui parlant des étoiles dans le ciel, des formations de cristaux de glace dans les cavernes souterraines et des champignons qui y poussaient et dont les Sélénites se nourrissaient, elle se perdit dans ses pensées, rêvant du moment où elle retrouverait son cher et tendre Kay !

            — Nous avons environ cent lieues à parcourir jusqu'à Cydonia, précisa au bout d'un moment la petite fille.

            — Cent lieues ! S'étonna la fleuriste, inquiète. Mais cela va nous prendre plusieurs jours pour y arriver ! Voire des semaines, des mois, d'autant plus que l'épaisseur de la couche neigeuse ralentit cruellement nos pas. Nous n'aurons jamais assez à manger avec les quelques champignons séchés que tu as apportés !

            Sélénée afficha alors un grand sourire :

            — Cent lieues, ce n'est pas si loin : nous y serons avant la tombée de la nuit !

            Après quelques explications, Gerda comprit que les unités de mesure de la Lune ne correspondaient pas du tout à celles de la Terre, ce qui fut un grand soulagement !

            — Dis-moi ce que tu sais à propos de mon fiancé, demanda-t-elle alors.

            — Le jeune homme dont tu es amoureuse est effectivement chez la Reine de Cydonia. Il y est très heureux, car il pense qu'il se trouve là dans le meilleur endroit au monde. C'est à cause de ses lunettes, il ne les quitte plus depuis que Sidonama l'a convaincu de ne plus jamais rien regarder à l'oeil nu.

            — Mais... pourquoi ?

            — Elle lui a dit que s'il regardait sans ses lunettes, n'importe où qu'il se trouve sur la lune, alors ses yeux géleraient instantanément et il se retrouverait aveugle pour toujours. Persuadé que ses lunettes le protègent, il continue de les porter jour et nuit !

            — Mais... pourquoi ? Répéta bêtement Gerda en mâchonnant distraitement un morceau de champignon au bon goût de carotte.

            — Parce que Sidonama ne veut pas qu'il voit la Lune telle qu'elle est aujourd'hui. Sur terre, les miroirs avec lesquels Kay a fabriqué ses lunettes dévoilent l'avenir, mais ici, sur la Lune, ils montrent une vision du passé. Ainsi le beau Kay continue de croire qu'il vit dans un beau château entouré d'un printemps éternel et que son hôte est la plus belle des femmes de tout l'univers !

            Gerda eut un pincement au coeur. Elle craignit tout à coup que Kay tombe amoureux de la Reine de Cydonia et ne pense plus jamais à elle...

            — L'est-elle vraiment ? Est-ce qu'elle est si belle que cela ?

            Sélénée éclata alors de rire :

            — Non ! Pas du tout : elle est laide, méchante et... et en plus c'est une sorcière. Enfin, c'est ce que disent mes parents. Mais quand elle était jeune, il y a très longtemps, elle était très, très belle. C'est cette image d'elle que Kay voit à travers les lunettes. Des fois, elle arrive à faire un tour de magie pour montrer cette apparence à tout le monde, même si on ne regarde pas à travers des miroirs ensorcelés, surtout quand elle va sur Terre. Mais personne ici ne sait au juste ce qu'elle y fait, même si tout le monde s'accorde à dire que c'est sa planète d'origine, et qu'elle y vivait au centre d'un volcan...

            Gerda se perdait dans toutes ces explications. Elle poussa un profond soupir avant de demander :

            — Que dois-je faire ?

            — Oh, c'est très simple, en théorie. Il suffit d'ôter ses lunettes à Kay. Tant qu'il les portera la Reine de Cydonia conservera son pouvoir sur lui.

            A ce moment-là une tempête de neige se leva. Gerda et Sélénée ne pouvaient plus voir où elles allaient, le vent faisait tourbillonner les flocons dans l'atmosphère et cachant leur vue.

            De la tempête surgirent bientôt une vingtaine de silhouettes.

            C'étaient des bonhommes de neige gigantesques. Grands comme des dirigeables, ils avaient des échardes de bois à la place des dents et des flammes glacées à la place des yeux. Ils étaient armés de stalagtites de glace très pointus et fonçaient sur les voyageuses !

            — Au secours ! Cria Sélénée ! Les Abominables Bonhommes de Neige ! Ils sont envoyés par la Reine de Cydonia pour nous tuer !

            Et elle s'échappa dans la tempête en continuant de crier.

           Voyant que les immenses créatures en avaient après elle-même, Gerda comprit qu'elle n'avait aucune chance de s'en sortir. Alors elle entendit une douce musique, provenant de son sac.

            Elle l'ouvrit et découvrit que l'une des deux roses restantes s'était mise à chanter.

            Sans trop savoir pourquoi, elle sortit sa création métallique du sac et la brandit devant elle, comme si c'était une baguette magique ou un pistolet.

            La rose se mit à chanter de plus belle. Gerda reconnut l'air du Lac des Cygnes, un ballet qu'elle aimait beaucoup.

            Les Abominables Bonhommes de Neige aussi, manifestement, car il s'arrêtèrent soudain et se mirent à danser devant elle alors que la tempête s'arrêtait comme elle était venue.

            — Merci, petite rose, dit Gerda en plantant la fleur dans la poudreuse, face aux monstres qui continuaient de danser.

            — C'est moi qui te remercie, lui répondit alors la rose : grâce à toi je vais pouvoir chanter pour toujours, et pour toujours ce public dansera !

            Sélénée, qui avait finalement tourné en rond dans la tempête, rejoignit Gerda. Elle était essoufflée mais était saine et sauve.

            Et, comme ça, Gerda poursuivit son périple en compagnie de la petite fille de la Lune et arriva au château de la Reine de Cydonia.

            Kay, lui, était loin de se douter que sa fiancée avait accompli cet incroyable voyage. Il ne pensait plus du tout à elle...

 

 

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Published by Richard Mesplède - dans NaNoWriMo
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23 novembre 2016 3 23 /11 /novembre /2016 08:32

Une autre journée à 100 à l'heure, avec quelques moments courts entre deux tâches quotidiennes pour coucher quelques lignes et poursuivre mes travaux en cours. Le chapitre 10 est à présent terminé, mais je vais passer un peu de temps à le relire pour extraire coquilles et passages inutiles (vous vous souvenez : "écrire, c'est tronçonner") avant de le soumettre à la lecture de mon co-auteur Mestr Tom. En attendant la validation de ce dernier, ou ses remarques, constructives, s'entend! - qui se traduiront immanquablement par de nouvelles retouches - je commencerai à travailler ce soir sur mon prochain article de gérontologie (pour une publication prochaine dans l'une des revues de Doc'Editions). Alterner ainsi mes écrits en papillonnant d'un projet à l'autre me permet de garder, dans une certaine mesure, un regard extérieur sur mes travaux. Par exemple, tandis que j'élaborerai mon article, mes pensées seront concentrées sur son contenu et lorsque je l'aurai achevé, je reviendrai à "la Chute des Maspians", sur l'écriture du chapitre 11, donc, en ayant à la fois toujours à l'esprit le dixième et à la fois la capacité de voir de façon objective ou j'en suis. Je ne sais pas si tout ceci est clair, je me rends compte que j'ai du mal à l'expliquer. Mais, bon, vous connaissez la chanson: si vous n'y pipez rien, n'hésitez pas à me le dire (en commentaire, ci-dessous), et je me ferai un devoir de me montrer plus explicite!

Demain, je vous proposerai de lire l'avant-dernier passage de la Reine de Cydonia... D'ici-là, je vous souhaite une bonne nuit!

 

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22 novembre 2016 2 22 /11 /novembre /2016 20:57

22ème jour de ce nano. Il est 22h00. 22h00! Et je n'ai pas encore couché une seule ligne sur le papier - enfin, sur l'écran. Il semblerait que je sois contraint de me mettre à écrire de plus en plus tard. Le chapitre 10 est presque achevé, du moins je le crois. Avant d'entamer le 11ème, je me pencherai sur l'écriture de l'article que je dois à mes commanditaires. Je ne pense pas me montrer très productif ce soir, mais demain est un autre jour: demain, j'aurai sans doute plus de temps pour m'occuper de mes écrits. 

Je vais à présent ouvrir mon traitement de texte et poursuivre ma narration. Mais avant cela, je lancerai un peu de musique. J'écris toujours en musique. Cette fois-ci, je jette mon dévolu sur le nouvel album de Monsieur Rivesinthe, "A ride in the west" dont voici le lien. J'aime beaucoup les compositions de cet artiste - dont l'un des pseudos n'est autre que Aramis Mousquetayre, vous savez, l'instigateur des Romans à Mille Mains, des webzines "nouveau monde" et "ymaginère", celui qui a instauré le tournoi des nouvellistes, et j'en passe! Je lui dois beaucoup, tout comme de nombreux auteurs, et sa musique est source d'inspiration. Je vous invite donc à la découvrir. Pour ma part, elle m'inspire une atmosphère créatrice, à la manière des musiques de Vangelis, de certaines BO de films ou des musiques si percutantes de Two Steps From Hell.

Bonne écoute, et à demain pour un nouveau billet!

 

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21 novembre 2016 1 21 /11 /novembre /2016 19:36

Il est 21h25. Je n'ai pas encore écrit une seule ligne aujourd'hui. C'est que, après la journée de travail, il faut s'occuper des enfants... Je me prépare donc à une petite soirée d'écriture, mais sans me concentrer uniquement sur le chapitre en cours et l'article en gestation : je l'évoquais il y a quelques jours, je vous concocte un petit concours pour le mois prochain, et puis, en outre, je me dois de terminer la lecture d'un recueil de nouvelles. Coeurs à Corps, de Valérie Simon, qui a finalement atteint le sommet de ma PAL ("pile à lire") et que j'ai promis de chroniquer. Un excellent recueil au demeurant (quel talent que celui de Valérie Simon!), mais j'y reviendrai en détail très prochainement.

Un roman à poursuivre, un article à écrire, un concours à organiser et un livre à chroniquer... Cela s'annonce comme une semaine bien remplie! Autant d'activités liées à l'écriture, et qui me tiennent toutes à coeur. Ceux qui en déduisent que j'ai la fâcheuse propension à me disperser ont bien raison, je l'admets. Et ce n'est pas fini... Constatant que mes projets pour cette année 2016 n'aboutiront pas tous, j'ai décidé de mettre les bouchées doubles l'an prochain pour vous offrir de nouveaux écrits. Attendez-vous à quelques histoires gratuites, ici sur mon blog, dans les prochains mois. J'ai également quelques idées toutes fraîches pour clore le recueil de nouvelles de western-fantasy que je souhaitais terminer avant la fin de l'année. D'une façon ou d'une autre, 2017 marquera l'aboutissement de ce projet. Et d'autres. La suite de la Musique des Sphères et mon roman post-apo "... et puis vint le silence" n'attendent que ça!

Je vous donne rendez-vous demain pour un 22ème opus de mes pérégrinations littéraires lors de ce nano en mode rebelle! Il est 21h38. Le traitement de texte m'attend...

 

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20 novembre 2016 7 20 /11 /novembre /2016 10:11

J'ai franchi le seuil des 10 000 mots hier. Avec une moyenne de 501 mots écrits par jour depuis le 1er novembre, j'atteindrai les 50 000 mots le 8 février... Ce qui ne signifie rien : je n'ai strictement aucune idée du nombre de mots à écrire pour terminer "la Chute des Maspians". Peut-être qu'il sera achevé dans, disons, 30 000 mots... ou dans 100 000, allez savoir. Je me laisse guider par l'écriture sans me préoccuper de la notion de volume, sans me fixer d'objectif quantitatif. En attendant, pas de miracle donc lors de ce nano : j'avais pronostiqué à peu près ce qui est en train d'arriver, et peux raisonnablement continuer de penser atteindre les 15 000 mots à la fin du mois.

Voici la suite de la Reine de Cydonia. J'espère qu'elle vous plaira. Bonne lecture et à demain pour une nouvelle session d'écriture!

 

 

La Reine de Cydonia

5. La petite fille des sélénites (2)

 

Le voyage dura huit jours.

            Ce fut terriblement long et merveilleux à la fois.

            Bien sûr, Gerda ne s'ennuyait pas : il fallait tout le temps procéder à quelques réglages des cadrans et des leviers pour maintenir le cap. Elle ne dormit plus beaucoup après la première nuit, de peur de rater sa destination et de se retrouver perdue dans le vide infini de l'univers.

            Elle avait sorti ses fleurs mécaniques de ses bagages et les avaient placées près d'un hublot, mais même lorsqu'elle leur parlait, c'est à dire la majeure partie du temps, les roses ne lui répondaient pas. Peut-être avait-elle rêvé ; peut-être que les fleurs mécaniques ne lui avaient jamais adressé la parole.

            Elle s'en fichait, en réalité : toutes ses pensées étaient tournées vers Kay !

            Au bout de huit jours, le boulet atterrit sur la Lune. Ou plutôt, le boulet alunit.

            Quelque part au nord de la Mer de la Sérénité. Au sein de la région dénommée par les astronomes sous le nom de Mer du Froid.

            Lorsqu'elle regarda à travers le hublot, elle découvrit à quel point les scientifiques s'étaient trompés.

            La Lune n'était pas un astre gris, poussiéreux et dénué de vie. La surface du satellite était blanche à perte de vue, car recouverte d'une épaisse couche de poudreuse.

            Il neigeait.

 

* * *

            Elle ne perdit pas de temps : emportant avec elle ses roses mécaniques et endossant une cape de fourrure, elle se glissa à l'extérieur et posa le pied dans la neige, s'y enfonçant jusqu'au genou..

            — Un petit pas pour la femme, un grand pas pour l'Amour, déclama-t-elle spontanément, sans trop savoir d'où lui venait une inspiration aussi saugrenue.

            Des montagnes qui l'entouraient surgirent alors une bande d'énergumènes comme elle n'en avait jamais imaginés.

            Ils se dirigèrent vers elle et elle les attendit, craintive.

            Qui étaient donc ces habitants de la Lune ?

           

* * *

            Ils avaient la peau très pâle et leur crâne était dénué de cheveux. Leurs yeux étaient blancs et leurs bras si grands qu'ils touchaient presque le sol. A part cela, ils ressemblaient en tous points aux habitants de la Terre.

            — Bien le bonjour, gente damoiselle, lui fit le premier en retirant de son crâne chauve un chapeau rouge à large bord. Gerda en fut stupéfaite : le personnage parlait la même langue qu'elle ! Il poursuivit :

            — Bienvenue en Cydonia, province septentrionale de la Lune administrée par sa Majesté la Reine Sidonama. Nous sommes ses sujets, comme tous les sélénites ici. Que pouvons-nous faire pour vous, voyageuse d'entre-les-mondes ?

            —  Bonjour, balbutia Gerda, éberluée. Mon nom est Gerda. Je viens de la Terre pour retrouver mon bien-aimé. Je crois qu'il se trouve chez votre reine. Auriez-vous l'amabilité de m'indiquer le chemin ?

            — Ma fille Sélénée vous accompagnera volontiers, Gente Dame, en échange de quoi nous vous demandons de nous faire présent d'un objet, un seul, que vous emportez. Il faut que ce soit quelque chose de très important pour vous.

            Gerda fut prise au dépourvu, mais elle n'avait de pensées que pour Kay. Elle sortit l'une des roses de son sac et lui demanda :

            — Puis-je te laisser ici ? Je suis désolée de t'abandonner, mais il faut que je retrouve Kay.

            Contre toute attente, la rose lui répondit :

            — J'en serais ravie, belle fleuriste. Laisse-moi donc ici, sur la lune, et je donnerai vie à toute une roseraie qui égaillera ce paysage triste !

            Et ainsi, Gerda offrit l'une de ses roses aux sélenites et entreprit son voyage à travers le paysage enneigé de la Lune, guidée par la petite Sélénée.

 

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19 novembre 2016 6 19 /11 /novembre /2016 15:55

Quelques lignes supplémentaires écrites aujourd’hui…

L’écriture du chapitre 10 de « La Chute des Maspians » avance lentement mais sûrement, tandis que sur un autre front je m’attaque à l’élaboration d’un nouvel article de presse qui me demande tout de même d’effectuer un certain travail de recherches. Travail fastidieux mais toujours passionnant.

La particularité de ce samedi est que je passe la journée, avec ma petite famille, chez des amis… mais pas question d’oublier le nano pour autant : je fais suivre mon ordinateur ! Peut-être aurai-je le loisir d’écrire quelques lignes à un moment ou à un autre, comme en ce moment : j’écris ce billet sur la route (rassurez-vous, ce n’est pas moi qui conduit !). Chaque occasion est à saisir ! Chaque minute compte ! Ceux qui, comme moi, participent à ce challenge – et a fortiori ceux qui y participent de façon vraiment assidue – me comprendront. Je vous donne rendez-vous demain, avec la suite de la Reine de Cydonia, qui vous accompagne tout au long de ce mois!

 

 

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18 novembre 2016 5 18 /11 /novembre /2016 07:32

Et c'est parti pour une dix-huitième journée à chercher un peu de temps pour coucher quelques mots par écrits et avancer encore un peu dans le chapitre en cours et le nano! Et ce n'est pas une mince affaire, aujourd'hui encore, que de courir après ce temps qui s'échappe.

Je pense - j'espère - trouver un peu plus de temps ce week-end, car je commence à être en manque d'écriture. Les idées abondent, fusionnent et s'amalgament, et ne demandent qu'à sortir. 

Bref, voilà un billet publié pour pas grand chose, je l'admets... Mais je vous ai promis un article par jour. Mais pour vous remercier de votre assiduité je vous invite à découvrir la suite de "la Reine de Cydonia"! Bonne lecture, et, comme d'habitude, n'hésitez pas à commenter!

 

 

 

La Reine de Cydonia

5. La petite fille des sélénites

 

            Le projet consistant à envoyer un projectile sur la Lune datait de deux ans déjà, et la volonté de Barbicane était de mettre au point l'expérience sur le territoire des Etats-Unis d'Amérique. Compte tenu de nombreuses contraintes, basées sur des calculs très compliqués, il avait été décidé que le boulet de canon serait projeté depuis la ville de Tampa, en Floride.

            C'est à cet endroit que Gerda fut conviée, cinq longues semaines après son entretien avec le Président du Gun Club.

            Elle se présenta très simplement : vêtue de sa plus belle robe, qui était loin d'égaler les atours des grandes dames, elle apportait une seule valise, qui contenait quelques effets personnels et trois roses de cuivre. Au dernier moment, elle avait décidé d'emporter ces quelques créations, sans trop savoir si elles lui seraient utiles.

            Il y avait beaucoup de monde à Tampa pour l'accueillir et assister au lancement du boulet de canon. Des milliers de curieux bien entendu, des gens comme vous et moi, ravis d'être spectateurs de l'événement. Mais il y avait aussi une myriade de journalistes, ainsi que pléthore de voitures à vapeur, d'engins militaires tels que chars d'assauts et dirigeables, et toute la fine fleur de l'intelligentsia du monde entier. Gerda avait déjà fait affaire avec des personnalités influentes du pays et d'Europe, mais jamais elle n'avait rêvé de voir ainsi réunis présidents, rois, reines et princesses du monde entier.

            Elle s'en fichait : toutes ses pensées étaient tournées vers Kay.

            Elle écouta patiemment les explications compliquées des scientifiques du Gun Club lorsqu'ils lui firent visiter la cabine dans laquelle elle allait effectuer le voyage. Le boulet de canon était grand comme une maison : il y avait là une cuisine, des toilettes, un salon, une chambre confortable et une salle de pilotage remplie de cadrans, de leviers, de boutons et de hublots.

            Gerda essaya tant bien que mal de mémoriser tout ce qu'on lui disait.

            Et puis elle serra la main à nombre de présidents, de rois, de reines et de princesses, pendant qu'une véritable armée de photographes immortalisait l'instant. Cela fut long et pénible : il ne fallait pas bouger pendant que ces messieurs prenaient leurs photos, et la jeune fleuriste n'avait qu'une hâte : s'envoler enfin vers la Lune et vers son fiancée.

            Le moment vint enfin où elle prit place à bord du boulet.

            A peine venait-elle de se sangler dans le fauteuil du poste de pilotage que le feu fut mis aux poudres et dans un fracas épouvantable le canon projeta son boulet dans le ciel.

            Le voyage de Gerda venait de commencer.

 

 

* * *

 

            Au début, elle eut très peur : il y eut beaucoup de bruit et elle se retrouva plaquée contre le dossier du fauteuil, en pouvant à peine respirer.

            Et puis soudain, tout se calma.

            Elle était dans les airs, au-dessus de la Terre.

            Elle se détacha du fauteuil et se précipita vers l'un des hublots.

            En-bas, la Terre devenait de plus en plus petite. On distinguait à travers les nuages quelques champs, des mers, des forêts, des déserts et des océans. Le spectacle était magnifique. Gerda était en train d'admirer ce que personne n'avait jamais vu auparavant.

            Mais elle s'en fichait : toutes ses pensées étaient tournées vers Kay.

            En haut, la Lune était pleine. Et elle grossissait à vue d'oeil. Quel spectacle merveilleux que celui du satellite de la Terre tandis qu'on s'en approchait si vite ! Elle se fit la réflexion que la Lune n'était pas grise comme elle l'avait toujours cru, mais d'un blanc immaculé.

            Epuisée par les longues journées d'attente qui avaient précédé cette aventure et par l'accélération violente du boulet, elle gagna la chambre et s'y coucha. Elle était tellement fatiguée qu'elle s'endormit sans avoir mangé.

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17 novembre 2016 4 17 /11 /novembre /2016 07:31

Une journée supplémentaire... et bien remplie pour ma part, côté boulot. En revanche, je n'ai guère eu le temps d'écrire! J'espère que la suite de la Reine de Cydonia vous a plu, hier. J'ai eu quelques retours positifs en messages privés, mais vous pouvez aussi vous lâcher sur les commentaires, qu'ils soient positifs, critiques ou carrément négatifs!

Je ne pense décemment pas arriver aux 10 000 mots d'ici ce week-end, mais cela ne m'empêche pas de penser au chapitre en cours - et à un nouvel article de presse spécialisée qui vient de m'être commandé. Et c'est de ça que j'aimerai vous parler aujourd'hui.

Réfléchir à ce que je vais écrire lorsque je fais mes courses, quand je me déplace en voiture, lorsque je suis sous la douche ou au moment où je me réveille en pleine nuit, constitue à mon sens un véritable travail préparatoire et participe pleinement du travail d'écriture. A tel point que, au moment où je me retrouve enfin en tête à tête avec mon traitement de texte, je sais exactement ce que je dois écrire et la façon dont je vais agencer mes idées. Parfois même, quelques phrases toutes faites, toutes prêtes, répétées dans la journée dans ma tête, sont alors couchée sur le papier. Ou sur l'écran, plutôt. J'ignore si ce procédé créatif - qui n'est pourtant pas calculé, organisé ou prévu, mais auquel mon cerveau quelque peu dérangé ne peut pas échapper - est familier de nombreux auteurs, mais il en est ainsi pour moi. Je ne me plains pas, puisque cela m'évite de connaître ce que l'on nomme le syndrome de la page blanche. Et en période de challenge littéraire tel que le nano, vous comprendrez que cela n'est pas négligeable! 

A demain pour un nouveau billet!

 

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16 novembre 2016 3 16 /11 /novembre /2016 07:04

Les jours se suivent sans se ressembler.

A part sur un point, au moins: le temps file toujours - de plus en plus,on s'en rend compte en vieillissant - plus vite.

Aujourd'hui, j'ai réussi à trouver le temps de poursuivre l'écriture de mon chapitre en cours, sans aucun mal : les événements que je relate sont très prenants pour moi, en tant qu'auteur, et je sais qu'il sauront tenir en haleine mon lectorat lorsque j'aurai enfin accouché du bébé. Cela peut paraître prétentieux, et pourtant il n'en va pas de même pour tous les passages que je dois écrire... Certains se font dans la douleur, dans le deuil et dans le doute. Là, c'est différent et c'est une bonne chose parce que, en fin de compte, c'est relativement facile. 

Mon compteur de mots frôle la barre des 9000. C'est loin des 26 666 que vise la barre de progression, comme en témoigne le diagramme ci-contre, mais qu'importe... Je n'ai pas la prétention de remporter ce nano, et quand bien même... il reste encore 14 jours.

Je vous l'ai dit hier, je vous propose ce soir de lire la suite de mon conte Steampunk, une adaptation de la Reine des Neiges à la sauce Jules Verne, j'ai nommé "la Reine de Cydonia"! Bonne lecture, en attendant vos commentaires toujours bienvenus!

La Reine de Cydonia

4. Le Gun Club

            Gerda se rendit à l'académie militaire d'astronomie ou elle fut reçue, après un long moment d'attente, par Impey Barbicane, le président du Gun Club lui-même. C'était un bel homme d'une quarantaine d'années, vêtu d'un costume trois-pièces et coiffé d'un chapeau en tuyau de poêle qu'il posa sur l'immense bureau de chêne lorsque la fleuriste entra enfin. Son apparence de rapace était accentuée par ses cheveux aile-de-corbeau et son grand nez aquilin.

            Après qu'elle lui eut raconté toute son histoire, en omettant bien entendu les détails concernant les fleurs et la poupée qui parlent, Monsieur Barbicane lui offrit un verre de whisky. Il but son propre verre cul-sec, puis s'en servit un autre avant de répondre enfin à la jeune femme :

            — Sauf votre respect, Mademoiselle, je pense que vous êtes très affectée par la disparition de notre ami. J'avoue que j'ai du mal à croire à tout ce que vous me dites.

            — Je me fiche de ce que vous croyez, président. Il faut sauver Kay. Je sais que vous envisagiez d'envoyer un boulet de canon sur la Lune avant de comprendre qu'il n'y a rien à faire là-haut.

            — Ma foi, ce que vous dites est exact. Nos plus éminent scientifique sont des vétérans de l'artillerie lourde. Leurs compétences en la matière ne sont pas à mettre en cause : ce sont les meilleurs. Mais, puisque la guerre est terminée, je leur ai soumis le projet un peu fou, je l'admets, d'envoyer un projectile sur l'astre lunaire. Cependant, vous n'êtes pas sans savoir que nos dernières observations ont fait état de la futilité d'une telle entreprise : la Lune est morte. Sa surface est un désert de poussière. Kay ne peut en aucun cas s'y trouver : même si le voyage était rendu possible, personne ne pourrait survivre sur ce caillou ! Envoyer un boulet de canon sur la Lune nous coûterait beaucoup d'argent et ne nous rapporterait rien d'autre que la risée des journaux !

            — Je vous propose de créer un boulet creux. Je prendrai place à bord du projectile. Envoyez-moi sur la Lune ! Comme je vous le disais tout-à-l'heure, je suis persuadée que vos observations sont erronées : les miroirs du télescope que Kay a soi-disant détruit ne vous montraient pas la réalité...

            — Mais vous n'avez aucune preuve de ce que vous avancez, n'est-ce pas ?

            Renfrognée, Gerda dut bien admettre que Barbicane avait raison : elle ne pouvait pas lui prouver ses dires. Kay avait disparu avec la paire de lunettes télescopiques.

            — Rien ne vous oblige à en parler aux journalistes, dans un premier temps. Qu'avez-vous à perdre ? Si vous avez raison, alors je mourrai de faim en arrivant là-bas. Or, sachez que je ne peux pas continuer à vivre sans Kay. En revanche, si vous vous trompez...

            Elle laissa volontairement sa phrase en suspens, pour laisser le président réfléchir à cette éventualité.

            La manoeuvre fonctionna : Barbicane murmura, comme pour lui-même :

            — … alors le Gun Club aura fait la plus grande découverte de l'humanité, et je deviendrais l'homme le plus célèbre de tous les temps.

            Et ainsi, quelques minutes plus tard, Gerda signait le contrat le plus improbable qui ait jamais été écrit.

            Elle allait monter à bord d'un boulet de canon qui serait envoyé sur la Lune.

à suivre...

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