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11 novembre 2016 5 11 /11 /novembre /2016 15:09

L'interface du site officiel du NaNoWriMo permet de mesurer de plusieurs façons la progression de chacun. Ci-contre, voici mon total de mots pour ce mois, comptabilisé chaque soir. Intéressant, non? En ce qui me concerne, on voit bien ici à quel point je m'illustre par mon irrégularité quantitative. Point positif - et essentiel pour moi - je me prouve à moi-même qu'en dépit d'une vie professionnelle, d'une vie familiale et de tout un tas de choses qui prennent du temps chaque jour (sans compter les problèmes de santé!), j'arrive quand même à trouver un petit moment pour écrire quotidiennement. Cela faisait tellement longtemps - plusieurs mois - que je n'avais pas écrit de façon si régulière que je n'étais pas sûr il y a quelques jours, que j'y parviendrai.

Aujourd'hui j'ai donc passé la barre des 6000 mots et, victoire, j'ai enfin achevé le premier jet du chapitre 9 de la Chute des Maspians. J'entamerai donc dès demain l'écriture du dixième! Et pour ceux qui suivent les aventures de Kay et Gerda, je vous proposerai, demain également, la suite de mon conte Steampunk "la Reine de Cydonia"!

 

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10 novembre 2016 4 10 /11 /novembre /2016 07:44

Je vous rassure, la photo ci-contre n'est pas la mienne! Elle fait partie des illustrations que l'on retrouve sur les réseaux sociaux pendant le nano, et le texte qui l'accompagne est aussi très significatif - à prendre au second degré bien entendu, sauf peut-être pour cette histoire de gâteaux!

5508 mots au 10ème jour du nano : à ce rythme je parviendrai tout de même à atteindre la barre des 15 000 mots à la fin du mois, ce qui n'est pas négligeable compte tenu du temps que je passe à relire et à corriger ce que j'écris.

Le week-end qui s'annonce me permettra peut-être de booster un peu plus ce score. Quoi qu'il en soit j'ai passé quelques heures à corriger la mise en page de "l'Epée" afin de rendre le fichier impeccable. J'espère obtenir les premiers exemplaires papier avant les fêtes de fin d'année, ainsi qu'un nouveau stock de "La Musique des Sphères" pour les dédicaces en librairie que j'envisage dès le début de l'année... mais nous en reparlerons!

 

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9 novembre 2016 3 09 /11 /novembre /2016 13:32

Neuvième jour de novembre, neuvième jour de ce NaNoWriMo 2016 donc. Je n'ai pas écrit grand chose aujourd'hui, mais après mon billet d'hier j'ai été pris d'une frénésie créative - inspiration née d'une montée de fièvre, allez savoir - qui m'a valut de continuer l'écriture de "la Chute des Maspians" sur une scène qui, de prime abord, s'avérait compliquée à retranscrire. Je suis plutôt fier du résultat et je vois enfin la fin du chapitre poindre à l'horizon.

Si je n'ai pas trop écrit aujourd'hui - nonobstant, toujours, mon état de santé actuel sur lequel je ne préfère pas digresser - c'est aussi parce que j'ai reçu ce matin l'épreuve papier de "L'Epée", cette nouvelle de fantasy s'inscrivant dans l'univers du Cycle d'Ouroboros et que je tenais tant à publier dans un mini-format, à part. En attendant, peut-être, la publication prochaine d'un recueil de nouvelles du même acabit (j'y pense...). Le produit, sorti des forges de Createspace, est très satisfaisant, mais j'ai été sage de patienter encore un peu avant de le sortir à grand tirage et de tester le produit sur cette épreuve : il se trouve que quelques réajustements s'imposent. Rien de très grave, mais je suis quand même, avouons-le, perfectionniste sur mes écrits, et très pointilleux notamment sur la mise en page avant de proposer mes créations à la vente. Bref, il me faut retailler la couverture et procéder à quelques retouches de mise en page. J'ai commencer à m'y atteler aujourd'hui, souhaitant proposer "L'Epée" à la vente, au format papier, avant la fin du mois.

Selon mon état de fatigue, j'espère avancer considérablement demain sur l'avancée du chapitre 9 de la Chute de Maspians, voire à l'achever enfin... et pourquoi pas commencer l'écriture du chapitre 10! 

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8 novembre 2016 2 08 /11 /novembre /2016 17:33

Quelques briques assemblées encore aujourd'hui, mais le pan du mur du chapitre en cours n'est toujours pas érigé. Je continue d'écrire un peu ce soir... mais je ne m'attarderai pas en digressions. Comme je vous l'ai promis hier, voici la deuxième partie de mon conte steampunk "La Reine de Cydonia".

 

 

En attendant vos commentaires, bonne lecture!

 

 

La Reine de Cydonia

2. Un scientifique et une fleuriste

 

           La fiancée de Kay s'appelait Gerda. Elle était fleuriste et travaillait dans une toute petite échoppe du centre-ville de Baltimore. Elle y vendait des fleurs naturelles, bien sûr, mais aussi des fleurs artificielles, sculptées délicatement dans différents matériaux, ainsi que des épices exotiques et des poupées mécaniques, des automates qu'elle fabriquait elle-même, car elle était aussi bricoleuse que son amoureux.

            Un jour, celui-ci vint la rejoindre à la boutique et, puisqu'il n'y avait pas de clients et qu'ils étaient seuls, il lui montra la paire de lunettes.

            — Je ne comprends pas, lui dit-elle. Ce sont des lunettes. Bien sûr, on dirait des lunettes d'aviateur, mais je ne vois pas ce qu'elles ont de si particulier.

            — Les verres sont des fragments de miroirs du grand télescope.

            — Celui que tu as cassé, et pour lequel tu as perdu ton travail ?

            Le ton de la jeune fleuriste était plein de remontrance. Gerda avait l'air très en colère ; elle détestait que Kay lui fasse perdre du temps ainsi : il n'y avait vraiment pas de quoi être fier d'avoir été licencié de l'académie !

            — Mets-les, tu verras...

            Elle acquiesça à contrecoeur et, un instant plus tard, les lunettes reposaient sur son petit nez.

            Elle s'exclama aussitôt, horrifiée :

            — Mes fleurs ! Toutes fanées !

            Car ce qu'elle voyait à travers les verres ensorcelés étaient l'avenir des plantes dont elle s'occupait, et qui finiraient bien par être victime du temps qui passe.

            Gerda tourna alors la tête vers Kay et découvrit que le jeune homme avait disparu. Un tas d'ossements gisait au sol. Comprenant qu'il s'agissait de son bien-aimé, la fleuriste se mit à hurler et tomba en pâmoison.

            Kay la réveilla doucement, lui apporta un verre d'eau et prit soin de ranger les lunettes : il regrettait d'avoir fait peur à la jeune femme mais il avait besoin de partager sa découverte avec quelqu'un, et elle seule lui prêtait encore attention depuis qu'il ne travaillait plus.

            — Ces lunettes dévoilent le futur, Gerda. Ce que tu as vu, c'est l'avenir des fleurs. Ce n'est pas la réalité. Ce n'est pas aujourd'hui, tu comprends ?

            La fleuriste comprenait. Mais, très troublée par la vision qu'elle avait eu de Kay, réduit à l'état de squelette, elle fondit en larmes :

            — Je ne permettrai pas qu'il t'arrive du mal, Kay. Je me battrais s'il le faut, pour toi.

            Cela fit sourire Kay, car c'était bien connu, les dames ne se battaient pas !

            — Ce que je ne comprends pas, lui expliqua-t-il enfin, c'est que nous utilisions ces miroirs dans le télescope... Cela signifie que tout ce que nous observions à travers lui n'était qu'une image de l'avenir...

            Il avait compris que l'image que l'appareil lui avait donnée de la Lune était erronée. Ainsi, tous les scientifiques du Gun Club étaient-ils persuadés que l'astre était vide, mort, et couvert de poussière.

            — On a voulu nous faire croire qu'il n'y a rien là-haut, mais c'est faux ! s'exclama-t-il. Je dois le dire aux autres scientifiques !

            Et Kay, après avoir embrassé sa bien-aimée, disparut en un éclair dans les rues de la ville.

 

* * *

            Kay courut à perdre haleine, bousculant les passants en bredouillant des excuses confuses, ne prêtant nulle attention aux chevaux et aux véhicules à vapeur qui circulaient le long des avenues.

            Il était presque arrivé à l'académie militaire d'astronomie lorsqu'un carrosse de métal peint en blanc, tiré par deux chevaux mécaniques, déboula à grande vitesse et le percuta de plein fouet.

            Le jeune homme se releva une dizaine de mètres plus loin, à moitié sonné. Par miracle il n'avait rien de cassé, et sa main droite était toujours serrée sur la paire de lunettes télescopiques.

            En colère, il s'approcha du carrosse et héla son conducteur, qui était vêtu d'un grand manteau de fourrure immaculé et dont les yeux étaient comme deux étoiles dans les ombres de sa capuche. :

            — Eh ! Vous, là ! Ça ne va pas, non ? Vous auriez pu me tuer !

            Alors son interlocuteur abaissa la capuche de son manteau et il vit qu'il s'agissait d'une femme à la peau blanche, aux cheveux blancs et aux yeux bleu glace. Son front était ceint d'un diadème d'argent et ses doigts ornés de bagues scintillantes. Elle était magnifique : c'était sans doute la plus belle dame que Kay ait jamais contemplée.

            — Je vous prie de me pardonner, lui répondit-elle humblement d'une voix claire comme du cristal. Je ne vous avais pas vue. Où alliez-vous, si vite ?

            — Je me rends au Gun Club pour affaire urgente.

            — En ce cas, pour me faire pardonner et pour compenser le désagrément, je vous propose de vous y accompagner. Montez donc, s'il vous plaît !

            Kay hésita une seconde ou deux, puis se dit que, finalement, il arriverait plus vite à l'académie en se faisant déposer par la belle.

            Mais dès qu'il se fut installé dans l'habitacle luxueux du carrosse la conductrice actionna un levier et, soudain, deux ailes de métal se déployèrent sur le dos de chaque cheval mécanique.

            Un instant plus tard le véhicule s'envolait dans les airs !

            Le jeune homme écarquilla les yeux de surprise puis de peur. Il cria à l'adresse de la femme :

            — Redescendez-moi tout de suite ! Je préfère y aller à pieds !

            — Il est trop tard, mon ami. Je te conseille de t'accrocher, ça risque de secouer un peu !

            Et elle éclata d'un rire pareil au bruit d'un miroir que l'on brise...

            Kay, mortifié, s'agrippa tant bien que mal à son siège et se risqua à jeter un coup d'oeil par la fenêtre.

            Ce qu'il découvrit alors le terrifia encore plus, si c'était possible : le carrosse survolait la ville à une vitesse vertigineuse. Il plana ensuite au-dessus d'une forêt, de plus en plus haut, et poursuivit sa course ascensionnelle au-dessus de l'océan.

            Kay comprit qu'il venait d'être enlevé.

            Comme l'air devenait de plus en plus froid, il ferma la fenêtre et se roula en boule sur la banquette.

            Le carrosse mit le cap sur la Lune.

à suivre...

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7 novembre 2016 1 07 /11 /novembre /2016 22:08

Ironie du sort, il faut que ce soit précisément cette année, alors que j'ai décidé de publier un article chaque jour pendant toute la durée du NaNoWriMo, que ma santé me fait faux bond. Je ne vous connais pas tous (j'ai seulement quelques noms parmi ceux qui se sont inscrits à la newsletter des Parchemins Numériques) mais vous qui venez traîner vos guêtres sur ce blog depuis une semaine allez finir par penser que je suis le plus souffreteux des auteurs! Il n'en est rien, je vous rassure! Quoi qu'il en soit, cette journée de travail (quand je parle de "travail", j'évoque mon activité salariée et non l'écriture) s'est achevée par un retour à la maison dans un état bien fiévreux. Je profite d'une petite accalmie, entre deux montées de température, pour écrire ces lignes : je tiens à remplir mon contrat!

J'ai donc très peu écrit aujourd'hui. Un coup d'oeil à mes scores et je découvre que j'en suis à 3800 mots environ (contre les 11 666 que tout bon nanoteur régulier - et frénétique! - a déjà atteint en ce moment). Pour une semaine, ce n'est pas énorme, loin de là : moins de 600 mots par jour en moyenne, ce qui représente dans mon cas deux pages sur word. Qu'importe, j'écris chaque jour et mon roman en cours avance peu à peu. J'espère pouvoir vous annoncer que je suis venu à bout du chapitre 9 demain. Pour l'heure, il est temps pour moi de me reposer, et de rêver peut-être que j'écris!

Demain, si vous le voulez bien, je vous offrirais la suite de la Reine de Cydonia...

En attendant, portez-vous bien!

 

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6 novembre 2016 7 06 /11 /novembre /2016 17:37

Une journée de convalescence entrecoupée de quelques petits moments d'écriture...

Le dernier opus d'Orobolan sur lequel je travaille actuellement est sans nul doute celui qui m'aura le plus pris de temps et donné de difficultés. Pourtant, je continue de mettre par écrit les histoires de mon comparse Mestr Tom de la même façon depuis Sourtha. Transformer un conte - dont certains passages tiennent plus du synopsis peu détaillé (afin de permettre à l'oral quelques improvisations) - n'est pas un exercice si facile qu'il y paraît, mais j'ai beaucoup appris en m'attachant à respecter les idées et la trame de récits qui ne sont pas les miens. Sourtha se déroulait avant l'avènement des dieux que l'on retrouve dans les autres romans de la série, dans une atmosphère antique teintée de fantasy. J'étais encore plus dans mon élément en écrivant l'action des Terres Promises puisqu'il s'agissait d'un "vrai" roman de fantasy (comprenez : du médiéval fantastique). L'Epopée du Chien à Trois Pattes, lui, s'apparentait plus à de la parodie de jeu de rôle, ce qui m'a beaucoup amusé. Pour "La Chute des Maspians", puisque tel est le titre de ce quatrième roman d'Orobolan sur lequel je planche en ce moment, c'est différent. L'univers est le même, la magie et le fantastique sont toujours présents, mais l'époque, elle, est cette fois-ci très contemporaine. Ce mélange des genres est très intéressant à aborder, mais très difficile aussi. Car, même si la trame du récit est déjà "prémâchée" par Mestr Tom, j'essaye de retranscrire du mieux que je le peux cette ambiance particulière, notamment avec une recherche de vocabulaire approprié, dans le but de donner une sorte d'identité à l'histoire. Et puis il y a une sorte de pression qui s'est installée en moi : sachant qu'il s'agira de l'ultime roman de la saga (qui en comptera au total 9 volumes écrits par différents auteurs), je veux m'appliquer à en faire une vrai conclusion... 

Petit cadeau du jour, je vous propose de découvrir la couverture de ce roman, (signée Maxime Bigras) qui ne sortira qu'au début 2017 à mon avis - même si je réussi à en boucler le premier jet lors de ce nano, ce que j'espère et vais tâcher de viser!

Je vous donne rendez-vous demain, fin de la première semaine du nano, pour un nouvel article. En attendant, je retourne à mon chapitre!

 

 

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5 novembre 2016 6 05 /11 /novembre /2016 20:11

Une journée peu productive. 

Je vous le confiais hier ou avant-hier, je ne suis pas actuellement en grande forme... et toutes les activités d'ordinaire réservées aux weekends - telle que l'écriture - ont été reléguées au second plan. Repos, repos, et repos pour aujourd'hui... J'ai quand même réussi à écrire une demi-page du chapitre en cours. Une demi-page! Quelle misère... Mon plan de chapitre est cependant ben fignolé, je devrai avancer assez vite une fois que je serai rétabli!

2800 mots pour l'instant, donc. J'essayerai de faire mieux demain!

A suivre...

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4 novembre 2016 5 04 /11 /novembre /2016 12:01

Je viens de passer la barre des 2 300 mots, mon retard sur les objectifs quotidiens moyens du nano se creuse naturellement, comme prévu, et ce n'est pas fini! Mais je parviens à écrire chaque jour un peu plus que d'ordinaire, et mes projets avancent. Je n'ai toujours pas terminé l'écriture du chapitre en cours (le n°9) mais je progresse. Mais surtout, je suis encore là aujourd'hui, à partager l'aventure avec vous!

Ma journée est un peu particulière puisque je suis cloîtré à la maison en raison d'un état grippal carabiné. Dans ces conditions, on pourrait penser que j'en profiterais pour écrire du matin au soir... mais face aux montées de fièvre, à la fatigue et à l'appel de la couette, j'avoue que le traitement de texte pèse peu!

Trêve de jérémiades, je vous propose de découvrir aujourd'hui la première partie de ma nouvelle "la Reine de Cydonia" précédemment parue (en partie...) dans le recueil de nouvelles "Le Voyage Féérique de Jules". J'en parlais il y a un peu plus d'un an, lors de sa phase d'écriture. Si celle-ci vous intéresse, je vous invite à lire l'article en question en cliquant ici.

La Reine de Cydonia est un conte pour enfants (pas trop jeunes, tout de même) et pour adultes. Je me suis amusé à y mêler le conte traditionnel de "la Reine des Neiges" à la trame du roman de Jules Verne "De la Terre à la Lune". Oui, on nage en plein steampunk!

Voici donc la première partie de cette histoire. Merci de réagir, de me donner vos avis, vos louanges et vos insultes!

 

 

 

La Reine de Cydonia 

Pour Jade

 

«Come ride with me
Through the veins of history
I'll show you how God
Falls asleep on the job »

(Muse, Knights of Cydonia)

 

* * *

 

1. Eclats de futur

 

            Il était une fois, en l'an 1885, une vieille femme très riche, très laide et très méchante.

            Elle s'appelait Asmodina, Princesse du Septième Cercle de l'Enfer. Tel était son titre en vérité, car son père était le diable en personne. Sa mère, une jeune machiniste travaillant à bord de l'un des plus grands dirigeables de la Couronne d'Angleterre, était morte en couche. Aussi la petite Asmodina avait-elle été élevée par le Seigneur des Ténèbres, au coeur des forges méphitiques dont le chaos résonne au centre de la Terre et provoque parfois de gigantesques et dévastatrices éruptions volcaniques.

            Mais, en grandissant, Asmodina s'était rapidement intéressée au monde des hommes. Elle voyait en leur cupidité, en leur égoïsme et en leur naïveté un bon moyen de s'amuser. En d'autres termes, la surface de la Terre l'attirait comme une aire de jeu dans laquelle elle prenait un malin plaisir à semer la discorde et le chaos.

            Elle était très riche. Elle arpentait les cinq continents depuis des siècles et connaissait sur le bout des doigts les paroles et les gestes qui lui garantissaient de séduire et de manipuler les hommes. De fait, elle avait amassé au grès de ses incursions à la surface du monde une quantité considérable d'argent disséminée dans bon nombre de comptes en banques. Bien entendu, elle avait dû prendre de multiples identités pour ce faire. Installée aux Etats-Unis depuis la fin de la Guerre de Sécession, en 1865, elle était à présent à la tête d'une aciérie, d'une fabrique d'aérostats et de la très prestigieuse académie militaire d'astronomie de Baltimore connue sous le nom de « Gun Club ».

            Elle était très laide : fille de son père, elle laissait pousser une chevelure abondante, filasse et pareille à du crin de cheval afin de cacher les petites cornes pointues qui poussaient de part et d'autre de son visage et témoignaient de sa nature démoniaque. Ses yeux étaient délavés et cernés de croûtes jaunâtres et maladives ; aussi les cachait-elle sous des lunettes rondes à monture d'écaille et aux verres teintés. Sa peau était grénelée et régulièrement envahie de boutons à la pointe blanche qui ne demandaient parfois qu'un simple coup de vent pour éclater. Ainsi elle avait pris l'habitude de dissimuler son visage à l'aide d'un grand éventail couvert de motifs cabalistiques, lesquels attiraient l'attention de ses interlocuteurs en les détournant de la vision de son visage ingrat.

            Asmodina était aussi très méchante : elle était à l'origine de bien des méfaits dans le monde, depuis son implication active dans le déclenchement de nombreuses guerres jusqu'à la planification d'accidents de trains, de dirigeables et de paquebots, en passant par l'élaboration de la grande supercherie, qui avait aveuglé les hommes pendant si longtemps, selon laquelle la Terre était plate...

            Mais toutes ses actions maléfiques ne parvenaient jamais à apaiser sa soif de destruction.

            Un jour, elle fabriqua un miroir.

            C'était un miroir magique : ceux qui regardaient à l'intérieur y voyaient le plus terrible des futurs possibles. Très fière de son invention, elle en inséra deux fragments dans un énorme télescope qu'elle confia, naturellement, au Gun Club.

            Les scientifiques qui travaillaient là, d'anciens militaires désormais à la retraite puisqu'il n'y avait, du moins pour le moment, plus de guerre qui requerrait leurs services, s'intéressaient de près à la Lune, et se montrèrent enchantés par le don de la vieille femme : le télescope qu'elle leur offrait était sans nul doute le plus précis et le plus fiable qu'ils aient jamais utilisé.

            Ignorants du fait qu'ils ne voyaient que le pire des avenirs possibles à travers l'instrument, ils s'acharnèrent pendant des semaines à passer au peigne fin la surface du satellite naturel de la Terre et arrivèrent finalement à la conclusion qu'il s'agissait d'un astre vide, gris, poussiéreux et dénué de vie.

            Et puis, un jour, ou plutôt une nuit, un jeune astronome du nom de Kay était en train de scruter la Mer du Froid qui s'étend au nord de l'astre lunaire et sur laquelle il lui avait semblé apercevoir un mouvement, lorsque les deux miroirs du grand télescope explosèrent simultanément.

            Asmodina s'était lassée de son jouet et voulait mettre un terme à la partie en aveuglant le pauvre homme. Pis, elle espérait que l'un des éclats vint à se ficher dans son coeur, pour le seul plaisir d'assister à sa ridicule agonie.

            Mais les choses ne se passèrent pas ainsi.

          Kay n'avait jamais été un bon soldat, mais il était un astronome particulièrement compétent. Vif d'esprit il l'était aussi de corps.

            Quand les miroirs explosèrent, il fit un bon en arrière et évita de justesse la grêle de verre ensorcelé qui plut sur lui.

            Avant d'aller faire son rapport à ses supérieur, penaud, il ramassa quelques éclats du miroir et les emporta chez lui.

            Congédié pour faute grave – on l'accusait d'avoir cassé le télescope – il se calfeutra dans son appartement et passa le plus clair de son temps à étudier les éclats qu'il avait ramenés. Un projet fleurissait dans sa tête, lentement...

            Cinq semaines plus tard, Kay avait achevé ses travaux : il était parvenu à tailler les morceaux de miroir pour se confectionner une paire de lunettes télescopiques.

            Dès lors, sa vision du monde ne fut plus la même...

 

 

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3 novembre 2016 4 03 /11 /novembre /2016 22:01

Voilà voilà, j'arrive tardivement sur mon blog pour remplir mon contrat, à savoir écrire un article chaque jour (et en me demandant bien comment je vais y arriver ou pourquoi j'ai voulu me lancer un tel défi supplémentaire) durant toute la durée du Nano. Je pense que la réponse est simple : je suis joueur! Et la perspective de nourrir ce blog pendant tout le mois de novembre me plaît. Et vous?

 

Un petit coup d'oeil sur mon score, après avoir achevé l'écriture de mon article de presse spécialisée (il s'agit d'un article de gérontologie), et je dois avouer que tout ça n'est pas reluisant : je viens de dépasser les 1600 mots, soit un petit peu moins que ce qu'un bon nanoteur est sensé fournir en une journée... J'ai donc déjà deux jours de retard! C'est ce qui arrive lorsqu'on se relit, lorsqu'on se corrige, bref, lorsqu'on privilégie la qualité à la quantité. Mais, bon, je vous l'ai dit, je ne vise pas les 50 000 mots cette année. L'achèvement d'un maximum de projets littéraires en attente (en retard, devrais-je dire) est une fin en soit. Nous verrons l'an prochain si je me sens capable de réitérer l'exploit (n'ayons pas peur des mots: 50 000, c'est quand même fichtrement énorme, non?) de 2015 - avec, soit dit en passant, un premier jet de roman qui me tient énormément à coeur (ayant pour titre "... Et puis vint le silence") mais que je n'ai toujours pas pris le temps de corriger jusqu'au bout.

Cela dit, le week-end approche, et j'aurai peut-être un peu plus de temps à consacrer à l'écriture, en poursuivant le chapitre en cours du dernier opus d'Orobolan...

On en reparle, disons, demain? 

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2 novembre 2016 3 02 /11 /novembre /2016 08:54

Avec 283 mots écrits hier, cette deuxième journée d'écriture commence avec du retard. En considérant que pour atteindre 50 000 mots à la fin du mois il faille en écrire en moyenne 1666 par jour, je dois en écrire aujourd'hui plus de 3000 - rien que pour rattraper mon retard d'hier!

En parlant d'hier... trop fatigué, je n'ai qu'à peine esquissé l'article dont je vous parlais. Je dois absolument le terminer aujourd'hui, et avancer dans l'écriture du chapitre en cours pour le dernier Orobolan. 

Je vous disais que je souhaitais vous informer régulièrement de l'avancée de mon nano cette année. Je pense qu'il serait intéressant que je parvienne à faire le point chaque jour. Qu'en pensez-vous? Je vais donc essayer de m'y tenir. Ne vous attendez pas à de grands articles, je n'aurai pas toujours le temps d'écrire sur le blog, et je n'aurai pas toujours grand chose à raconter!

Je voudrais conclure pour l'instant en vous annonçant que la suite des Romans à Mille Mains "Immortels" et "le Talon d'Achille" (auquel je participe) vient d'être publié sur Wattpad. Pour la lire, cliquez ICI

Bonne lecture et à demain pour une nouvelle session d'écriture!

 

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