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10 janvier 2015 6 10 /01 /janvier /2015 10:38
Interview : Valérie Simon

Pour clore ma série d'interviews d'auteurs 2014 - avec un poil de retard - j'ai choisi de poser quelques questions à la talentueuse Valérie Simon, qui m'a fait l'honneur d'y répondre (la classe!). Et je l'en remercie!

Salutations, Valérie !

Bonjour Richard.

Quel est ton parcours d'auteur ?

Un parcours sinusoïdal avec une seule constante : écrire.

J’écris depuis que je suis toute petite. J’ai ingurgité beaucoup de livres, je les ai intégrés à mes rêves puis, très tôt, vers dix - douze ans, j’ai inventé mes propres histoires. Des histoires que j’aurai aimé lire. Des histoires qui pliaient le monde à mes envies.

Je ne pensais pas en faire une profession, c’était juste mon jardin secret.

J’ai eu un bac scientifique, j’ai fait des études en Arts, j’ai travaillé en agence de publicité comme graphiste. Mais je passais mon temps libre à écrire. Un jour, la secrétaire d’une des agences où je travaillais a lu mon histoire et m’a forcée à envoyer mon manuscrit à un éditeur. Je l’ai fait pour avoir la paix. Elle harcelait très bien. Quelques semaines plus tard, je recevais un coup de téléphone de Marc Duveau, l’un des directeurs littéraires des Editions Fleuve Noir. Il voulait éditer mon histoire ! J’ai signé en croyant à une blague.

A partir de là, tout s’est enchainé assez facilement : la parution des quatre tomes de la tétralogie Arkem la pierre des ténèbres, d’autres parutions dans des anthologies chez Fleuve Noir et chez J’ai Lu sous la direction de Jean-Marc Ligny ou Henri Loevenbruck et Alain Névant. J’ai été chroniquée, interviewée. J’ai participé à des émissions sur France Culture, j’ai dédicacé en librairie, en salons. J’ai répondu à des lettres de fans et j’ai rencontré plein d’auteurs super sympas comme Pierre Bordage, Pierre Pelot, Laurent Genefort…

Puis j’ai eu mon second fils et mon mari a été muté en Belgique. En même temps, mon directeur littéraire cessait de travailler pour Fleuve Noir. Enfin, mon ordi s’est suicidé en avalant tout cru deux manuscrits de 700 pages et trois livres pour enfants ! Aucune sauvegarde. Pas même une sortie papier. J’en ai pleuré pendant des mois.

Jusqu’à ce qu’un étrange coup de téléphone me fasse renouer avec le monde de l’édition : la mairie de Strasbourg, ma ville natale, me contactait à la demande d’une jeune éditrice. J’ai rencontré cette personne sur un banc de gare. Elle m’a parlé de mes textes avec énormément de joie et beaucoup d'émotion. Je n’en revenais pas de voir mes écrits produire un tel effet. Je me suis dit que je n’avais pas le droit de laisser mes textes moisir dans un tiroir. J’ai retenté l’aventure éditoriale.

Cette jeune femme n’a pas réussi à m’éditer elle-même, mais elle est devenue ma première lectrice. Tous les jours, je la remercie de son enthousiasme. Elle est en quelque sorte ma conscience littéraire. Mon Jiminy Cricket à moi.

Depuis, j’ai rencontré d’autres personnes que mes écrits avaient marqués avec autant de force. Ces rencontres incroyables sont les plus belles expériences de ma vie.

Interview : Valérie Simon

Quelles sont tes sources d'inspiration ?

Je ne sais pas quoi répondre. Ecrire, c’est fatalement être inspiré. Mais je ne me lève pas le matin en me disant, tiens, je vais regarder ça, ce sera une source d’inspiration.

Par contre, je suppose que mes écrits sont le résultat d’un tas d’influences.

J’ai passé mon enfance à lire. J’en garde d’ailleurs quelques souvenirs cocasses. Ainsi, la bibliothèque de mon école très catholique était gérée par des Sœurs. Elles séparaient les livres pour garçons – côté bleu – et les livres pour filles – côté rose. Pas le droit de lire du bleu si on était rose. J’adorais Bob Morane, mais c’était pour les garçons. Je les ai tous lu en cachette, cachée derrière une étagère.

Plus tard, j’ai découvert la science-fiction. Mais les auteurs étaient, la plupart du temps, des hommes qui racontaient les exploits de héros mâles et virils toujours prêts à défendre la pauvre demoiselle en détresse. Ça ne me correspondait pas trop (même si je garde de cette époque un descriptif assez précis du héros masculin type : jeune, beau, fort, assez macho et même un peu vaurien…)

Par la suite, j’ai découvert Marion Zimmer Bradley et son cycle de Ténébreuse, Anne McCaffrey et la Ballade de Pern, puis Ursula Le Guin et quelques autres. C’était pile poil les univers que j’attendais ! Du souffle, de l’aventure, de l’épique, du romanesque, des jeunes gens idéalisés mais des héroïnes qui n’étaient pas si gourdes que ça.

En parallèle, j’ai lu beaucoup de classiques d’aventures : Henri Vernes, Maurice Leblanc, Rider Haggard Burroughs, Jack London, Alexandre Dumas, Arthur Conan Doyle, Jules Verne… J’ai aussi baigné dans le fantastique, y compris celui du terroir, avec les contes et les légendes attachés aux régions. Sans oublier la télé et le cinéma. Je suis fille de Star Wars. Le vrai. Celui des épisodes 4 et 5. I love Han Solo for ever.

Interview : Valérie Simon

Dans quelles conditions écris-tu ?

J’écris sur un ordinateur, chez moi, face à la grande baie vitrée qui ouvre sur la terrasse. Cette dernière est saturée de plantes, avec des oiseaux qui viennent en hiver, des lézards en été et un ciel magnifique en toutes saisons.

Je peux écrire n’importe où, dans un bar, à l’hôtel, dans une patinoire, mais c’est vraiment face à ce jardin que je me sens le plus à l’aise. En été, je m’y installe à l’ombre et je suis au paradis.

Sinon, j’aime travailler dans le silence. Pas de télé, pas de musique, sauf lorsque j’écris un premier jet. Parfois, j’ai tellement besoin de me concentrer dans un silence absolu que je peux devenir maniaquo-agressive envers mes proches. Même le chien sait quand il doit se tenir à carreau…

Et aussi, je bois du thé. Des litres de thé.

Interview : Valérie Simon

Parles-nous de ton cycle "Arkem, la Pierre des Ténèbres"...

« Arkem la pierre des ténèbres » est un cycle de Fantasy en 4 tomes, tout public. Initialement édité chez Fleuve Noir, il est actuellement disponible en grand format aux Editions du Riez, avec des illustrations de couverture faites par David Lecossu.

Une jeune fille, née de deux races ennemies, moitié Elfe et moitié Démon, incarne une ancienne prophétie qui lui accorde pouvoir sur une pierre maléfique convoitée par l’Innommable Seigneur des Ténèbres. Ce Seigneur est enfermé dans une tour depuis des millénaires par les mages des temps anciens. Pour se libérer, il a besoin de cette pierre. Il envoie donc des émanations psychiques à la poursuite de notre héroïne.

Cette dernière est contrainte de fuir, poussée par l’urgence de purifier la pierre dans le Feu Eternel des Dragons. Elle est aidée par un jeune Magicien, Kéo, qui s’avère être à la fois son mentor, son guide et son… amoureux.

C’est évidemment un rite initiatique doublé d’innombrables aventures et d’une belle romance. J’y entrecroise pas mal de mythes et de références sur les légendes celtes, vikings, de l’antiquité. C’est un roman gai. Insouciant. Léger. Un hommage à la beauté de la vie.

Pour ceux qui voudraient y jeter un œil, voici les quatre titres : Yanis déesse de la mort (tome 1) – Sinièn déesse de la vie (tome 2) – Tahnee Sharn déesse de l’alliance (tome 3) – Morwen déesse de l’amour (tome 4). Aux Editions du Riez.

Interview : Valérie Simon

Nous avons partagé deux sommaires d'anthologies ensemble ("le Monde de la Nuit" chez Sombres Rets et "Sang, Tripes et Boyaux" chez La Porte Littéraire). Qu'est-ce qui te plait à travers l'écriture de textes courts?

La première fois que j’ai été confrontée à la rédaction d’un texte court, ce fut une demande d’Henri Loevenbruck via mon éditeur Fleuve Noir. Panique à bord, ça ne m’attirait pas du tout, j’étais bien trop bavarde pour écrire seulement quelques pages ! Ce premier texte a été une torture mais j’y suis arrivée. Et puis voilà que Jean-Marc Ligny me demande d’intégrer son anthologie Cosmic Erotica, prévue pour la Saint Valentin 2000 ! J’ai vraiment dû apprivoiser le genre en très peu de temps.

Depuis, écrire des textes courts est devenu une évidence. Il y a tellement de sujets que je voulais toucher, dont je voulais parler. Et tellement de mythes à explorer, des petits récits dont je n’aurai pas forcément fait un roman…

J’avoue cependant, à chaque fois, c’est un défi. Par exemple pour l’antho dont tu parles, celle des Trolls. Je n’avais jamais pensé écrire un truc sur des trolls ! Et pourtant, l’angle d’attaque s’est imposé en très peu de temps. J’y parle d’ivresse, de possibles hallucinations, et d’une adorable trollinette.

De la même façon, mon texte pour l’antho Le monde de la Nuit est venu très vite. J’avais envie de mélanger le réel et l’irréel, de mettre en scène un combat de femmes se disputant le même homme. Je tenais à prendre le contrepied de la fantasy ordinaire, qui propose généralement une demoiselle en détresse pour lequel des hommes se disputent…

Toutes ces aventures ont fini par me donner goût à la nouvelle. Mon premier recueil paraîtra en 2015 et regroupera 14 textes.

Interview : Valérie Simon

Écris-tu dans d'autres domaines que le fantastique, la fantasy ou la SF ? Quel est ton genre de prédilection?

Je n’écris pas particulièrement dans d’autres domaines que la SFFF, même s’il m’arrive de faire des incursions dans l’aventure, la romance, l’historique ou l’érotique (surtout par le biais des nouvelles).

Je suppose que mon genre de prédilection en écriture est la Fantasy.

D’ailleurs, on me demande souvent : mais pourquoi écrivez-vous de la Fantasy ?

Je ne sais pas.

Je suppose que c’est à cause du côté épique. Je suis comme Bilbo le Hobbit : je veux vivre une aventure. Avec la Fantasy, c’est vraiment possible. J’aime le merveilleux et le grandiloquent. J’aime le rêve et la poésie. J’aime l’action et la nature. J’aime les métamorphoses, les légendes. J’aime les grands sentiments tumultueux, l’amour, la haine, la trahison, le courage. La Fantasy permet tout cela, en affichant ouvertement une dimension visuelle.

Et puis, j’avoue humblement que j’adore composer avec des princesse intrépides et des guerriers sexy.

Interview : Valérie Simon

En tant qu'écrivain, quelle est ta plus grande fierté ?

Je suis toujours fière lorsque je mets un point final à un texte.

Mais parfois, il y a aussi des défis dont la réalisation est une véritable gageure. Je me trouve particulièrement lente à produire. Enfin, c’est comme ça que je me voie. Je passe beaucoup de temps à relire mon texte, à le retravailler. Je cherche la formule « parfaite », celle qui coule dans la bouche lors d’une lecture à voix haute. Parfois, j’essaie de m’entrainer à aller plus vite. Je me lance ainsi dans des petits challenges. Il y a peu de temps, j’ai écris une novella (un petit roman d’environ 100/150 pages) en moins d’un mois. Non seulement j’y suis parvenue, mais en plus j’ai adoré le résultat. Cela m’a rendu très fière.

Mais toutes ces petites fiertés sont éphémères.

Alors, en fin de compte, ma plus grande fierté (bien que fierté ne soit pas le mot exact, je choisirai plutôt le mot « émotion ») est de voir un lecteur venir me dire : je vous ai lue et relue, j’ai adoré, merci d’exister, merci d’avoir écrit ces histoires, merci de m’avoir fait aimer lire !

Ça, vraiment, c’est ma plus belle émotion.

Ma plus grande fierté.

Interview : Valérie Simon

Tes projets actuels ?

Côté publications :

- un recueil de 14 nouvelles de genre SFFF qui paraîtra en numérique chez Bragelonne début 2015, avec le titre provisoire de « La Nuit du Chat Gris »

- deux nouvelles en catégorie « romance sensuelle » qui paraîtront également en numérique, toujours chez Bragelonne.

- un roman de fantasy intitulé « Coup d’Etat », qui sera le premier opus d’un cycle en deux tomes, « La reine des Esprits », qui paraîtra aux Editions du Riez début mai 2015.

D’autres textes devraient suivre, en particulier plusieurs nouvelles et deux novellas, mais rien n’est encore signé. Je peux juste préciser qu’il sera question de vampires ou de démons.

Côté écriture :

J’attaquerai rapidement le second tome de « La Reine des Esprits », intitulé La Renégate. Je me lancerai aussi dans un nouveau projet, je ne sais pas encore trop lequel, je sais juste que ça bouillonne fort dans ma tête, avec quelques idées qui se battent en duel pour arriver en pôle position.

Et le boulot dans tout ça ?

J’ai la merveilleuse chance de pouvoir me consacrer à temps plein à l’écriture. J’en suis extrêmement heureuse.

Tes passions ?

Eh bien, tu l’auras peut-être deviné, mon côté casanier adore jardiner. J’ai deux terrasses tellement remplies de pots qu’elles ressemblent à des jungles en miniature. Mes plantes préférées sont les exotiques et les bizarres. Par exemple, j’ai une plante-zombie : Stapelia grandiflora. La fleur est superbe, étrange, mystérieuse. Mais elle pue le cadavre sur plus de dix mètres. Stratégiquement, ça se tient : elle se fait polliniser par des mouches. Mais ma famille la déteste (il faut dire qu’au mois d’août, l’odeur de cadavre sur une terrasse, ce n’est pas très fun).

Mon autre passion, un côté pas casanier du tout. Je suis une curieuse infatigable. J’aime voir, écouter, visiter, découvrir, explorer. Vivre.

Mini-portrait chinois…

Si tu étais…

Un livre ?

Un seul livre… impossible !

En même temps, je crois que le livre qui m’a le plus marquée est Le seigneur des anneaux, de Tolkien. J’étais étudiante. J’ai lu les trois tomes d’une seule traite en trois jours, en séchant les cours à la fac. Je ne l’ai jamais relu depuis.

Le personnage d'un roman ?

Ah comme j’aimerai être Jeanne Beauchamps !

C’est l’héroïne de la Bougainvillée, un livre en deux tomes de Fanny Deschamps.

Sous couvert historique au siècle des lumières, c’est une romance, et Jeanne est bien évidemment une grande amoureuse. De la vie, de l’amour, des sciences, de la botanique. Tout l’intéresse, tout la passionne. Elle ne fait rien à moitié. Elle se veut libre, pleine d’appétit et indépendante. Au milieu des aventures qu’elle traverse, son dilemme est d’être à la fois amoureuse d’un vieux savant herboriste qui fut un peu son papa et d’un beau corsaire parfumé à la fleur d’oranger qui est son amant. J’adore, c’est so romantic ! Définitivement fleur bleue.

Une créature fantastique ?

J’aime les dragons. Alors que peut-être que je serai une vouivre. Moitié femme, moitié serpent. Ange et pêché.

Un poème ?

En poésie, ma culture est classique et très scolaire. Le seul recueil que je possède est Les Fleurs du Mal de Baudelaire. Pas très original, mais j’aime la noirceur qui s’en dégage.

En règle générale, je me tourne toujours vers l’émotion.

Un paysage imaginaire ?

Ah, la Lothlorien, dans le Seigneur des Anneaux !!!!

Le mot de la fin ?

« Les êtres imaginaires savent écouter comme personne. »

(Stephen King dans "La petite fille qui aimait Tom Gordon")

Site officiel de Valérie : http://book.valerie.simon.free.fr/

Interview : Valérie Simon

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Published by Richard Mesplède - dans interviews
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31 décembre 2014 3 31 /12 /décembre /2014 10:44
Interview : Aurélie Wellenstein

Petite fille, Aurélie Wellenstein racontait des histoires aux nuages et aux morts qui s’ennuient sous terre. Un peu plus vieille, elle a tenté quelques incursions textuelles dans le monde des vivants. Celles-ci sont trouvables dans Univers d’OutreMonde, Monk, AOC, aux Editions du Petit Caveau, les éditions Nostradamus et Netscripteurs, Borderline et chez Sombres Rets.

Une trentaine de ses nouvelles surgissent ici et là, au détour d’une revue ou d’une anthologie, et même récemment dans le recueil « Ferrous Occire et autres récits », disponible aux éditions Présences d’esprits. Son premier roman Le cheval et l’ombre est paru en 2013 aux éditions Sortilèges.

Salutations, Aurélie !

Salutations, Richard ! Laisse-moi remplir ta tasse. Tu es plutôt thé, café, lait de licorne, infusion de fougères ?

Un élixir d'algues fermentées avec un soupçon de poudre d'Ibn'Ghazi, ce sera parfait, merci!

Quel est ton parcours d'auteur ?

J'ai toujours été plus ou moins investie dans la création d'histoires. Toutefois, c'est la découverte de Stephen King, à 13 ans, qui a été déterminante dans mon parcours. Je me suis mise à écrire des nouvelles horrifiques, mettant en scène le bassiste des Gun's and Roses. Puis une trilogie fantasy de 2 millions de signes et d'autres romans aujourd'hui dissimulés dans ma cuisine, derrière les conserves et les sachets de pâtes. À 26 ans, j'ai commencé à éprouver l'envie de partager plus largement ce que j'écrivais. Sur les conseils de... qui ? Stephen King encore ? j'ai écrit des nouvelles pour me faire la main, et me confronter au milieu éditorial et aux lecteurs. J'ai conçu ça comme une sorte de laboratoire où j'expérimentais des techniques. Désormais, je veux vraiment revenir au roman.

Quelles sont tes sources d'inspiration ?

Les jeux vidéo ! C'est même embêtant parce que ça m'incite à reproduire des trajectoires assez "horizontales" où les persos se déplacent à travers des "zones" bigarrées, très graphiques et bien délimitées, combattent des "boss", deviennent plus forts... J'adore les "arènes", les affrontements, l'acquisition de pouvoirs, toute cette esthétique vidéoludique. Les personnages qui partent d'en bas pour s'élever et devenir des machines à tuer me fascinent. J'ai l'impression que je pourrais écrire toute ma vie sur la naissance des démons.

Dans quelles conditions écris-tu ?

La "porte fermée" (encore une expression de Stephen King, désolée !) Le casque sur les oreilles, avec de la musique de jeux vidéo en fond, j'écris le plus vite possible mon premier jet, pour sortir quelque chose de dynamique et instinctif. Bien sûr, c'est épouvantable. À ce stade, je ne fais lire à personne, et je retravaille de trèèèès longs mois !

Interview : Aurélie Wellenstein

Parles-nous de ton premier roman "le cheval et l'ombre".

Dans un royaume parallèle, les hommes ont tous été changés en animaux. Mais l'un d'eux, nostalgique de son ancien état, va avoir recours à la magie noire pour retrouver son humanité. Son désir égoïste provoque un désastre écologique. C'est une fille de notre monde, accompagnée d'un cheval fantôme et d'un cheval marin, qui va combattre cet adversaire, devenu fou et monstrueux.

Dans mes romans pour la jeunesse, je privilégie le lien entre les hommes et les animaux, l'écologie, mais aussi un climat d'inquiétante étrangeté.

Il est prévu que ce roman soit réédité prochainement.

Ferrous occire et autres récits est paru cette année chez Présence d'Esprit. Tu peux nous en parler aussi?

C'est une compilation de nouvelles écrites depuis 2007. Celles-là se destinent clairement à un public adulte. Beaucoup sont sombres, et mettent en scène des monstres (qui manquent un peu de tentacules, je le concède). Même s'il y a des fulgurances très violentes, ce sont les ambiances étranges qui m'intéressent. Des personnes m'ont dit qu'elles avaient ressenti de la peur à la lecture de certains textes. C'est un compliment, non ? Enfin, je crois ! Heu... rassure-moi !

Interview : Aurélie Wellenstein

Romans, nouvelles... Quel format affectionnes-tu le plus?

En tant qu'auteur ou lectrice, sans hésitation, le roman. J'aime m'attacher à des personnages sur la longueur, dessiner ou suivre des trajectoires amples, et me promener dans des endroits variés, faire des kilomètres.

En tant qu'écrivain, quelle est ta plus grande fierté ?

Je ne sais pas trop... Je suis assez dure avec moi-même, donc j'espère qu'elle reste à venir !

Tes projets actuels ?

Pas mal de choses. Les corrections éditoriales de deux romans : Chevaux de foudre, dans lequel des esclaves tentent de gagner leur liberté en participant aux courses du déluge, une compétition mortelle, sur le dos de chevaux électriques à moitié sauvages ; et Le roi des fauves où trois amis sont condamnés à ingérer un parasite qui va les métamorphoser en hommes-bêtes enragés.

Tous les deux sortiront courant 2015.

Sinon, je corrige en ce moment Les loups chantants, un court roman de "fantasy sibérienne". Et j'écris un nouveau roman sur le fanatisme, la volonté de puissance et le devenir-démon... pour changer !

Et le boulot dans tout ça ?

Ah non, hein, pas le boulot !

Tes passions ?

L'écriture, ça compte ? Sinon, les chiens, je ne pourrais pas vivre sans eux.

Un site/blog sur lequel on peut suivre ton actualité littéraire?

Houla, la question qui fâche ! http://lafilleperchee.wordpress.com est à l'agonie, mais il est prévu que je m'y remette en 2015.

Mini-portrait chinois…

Si tu étais…

Un livre ? Fendragon, de Barbara Hambly.

Le personnage d'un roman ? Buck, dans L'appel de la forêt de Jack London.

Une créature fantastique ? Le lièvre de mars (Alice au pays des merveilles).

Un poème ? Fire, walk with me (twin peaks)

Un paysage imaginaire ? Une plage de sable gris, bordant un lac de mercure, sur un ilot central : un volcan, le ciel est bleu ou rouge, ça dépend.

Le mot de la fin ?

Merci à toi ! Toujours un plaisir de bavarder entre monstres.

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29 octobre 2014 3 29 /10 /octobre /2014 15:31
Interview : Yves-Daniel Crouzet

L'excellent Yves-Daniel Crouzet, rencontré jadis à Bagneux, fait partie de ces auteurs prometteurs aux talents variés qu'il est difficile de classer : touche-à-tout avec la même ambition et un talent constant, il s'attaque à de nombreux genres littéraires.

Il s'est montré particulièrement disponible - et rapide - pour répondre à mes questions. Je l'en remercie!

Salutations, Yves-Daniel !

Avé Richard !

Quel est ton parcours d'auteur ?

Un parcours tardif ! Je ne croyais pas suffisamment en moi. Etre publié me paraissait impossible. Alors je noircissais du papier par intermittence et puis je laissais tomber. Ce n’est que vers 40 ans (Eh oui, la fameuse crise est passée par là !) que j’ai décidé de m’y mettre sérieusement. Mes premiers textes ont été publiés dans des fanzines, des anthos. Au bout d’un moment, je me suis dit que si je voulais progresser, il fallait que je passe au roman. Résultat : “Les fantômes du Panassa” mon premier roman est sorti en 2009 avec un prix populaire à la clé. Je croyais que la suite serait facile, mais au contraire, c’est à partir de ce moment-là que c’est devenu vraiment compliqué ! Mais il ne faut rien lâcher. Avec du travail et de la volonté (et accessoirement un peu de talent) on arrive à tout !

Interview : Yves-Daniel Crouzet

Quelles sont tes sources d'inspiration ?

L’observation du quotidien. Je regarde autour de moi. Je vois des gens, des scènes, des lieux et mon imagination se met en marche toute seule. Je sors vite mon carnet et je jette les idées comme elles sont venues. Plus tard, je feuillette le-dit carnet et lorsqu’une de ces idées entre en résonnance avec mon humeur du moment, c’est parti !

Dans quelles conditions écris-tu ?

Je n’ai pas de rituel particulier. Je m’installe devant mon ordi tôt le matin et j’écris. Quand je suis bien lancé, je mets de la musique. Ecrire, cela n’est rien... mais corriger, Oh corriger, voilà le vrai calvaire !

La Guyane, l'Afrique, la Martinique... Ces lieux, dans lesquels tu as vécu, ont-ils une influence sur tes écrits?

De moins en moins, j’ai l’impression. Mes textes actuels sont souvent ancrés dans un quotidien urbain. Celui dans lequel j’évolue. Je suppose que si je repartais en Amazonie ou dans le Fouta-Djalon, j’écrirais des récits d’aventures ! Je suis comme une éponge : je m’imprègne de ce que je vis.

Interview : Yves-Daniel Crouzet

Parles-nous de ton roman "Triades sur Seine"...

“Triades” a été écrit en réaction à mon premier roman “Les fantômes du Panassa”, qui était presque un livre de souvenirs d’enfance (si, si !). Je voulais écrire un truc bien barré et méchant. Un hardboiled, ces romans américains des années 40/50 où le héros est un vrai dur qui s’en prend plein la gueule mais ne recule jamais. Encore ma culture pulp ! Quant à l’histoire c’est celle d’un ancien militaire des forces spéciales trompé par sa femme et qui sort avec sa belle-soeur mineure. Son plan : racketter l’amant de son épouse, un mafieu chinois, et se barrer avec sa jeune maîtresse. L’histoire est racontée “en direct” par le personnage principal, assis sur le banc d’un jardin public alors que la police et les triades sont à ses trousses. Il attend quelqu’un. Mais qui ? Au lecteur de le découvrir !

Après la publication de ton recueil de nouvelles "La plus grande ruse du diable", aux éditions Dreampress.com, tu deviens anthologiste... Raconte-nous !

Quand Benoît Domis de Dreampress.com me l’a proposé, je lui ai d’abord dit que je n’étais pas intéressé. Que je n’avais pas suffisamment de temps à consacrer à ce genre d’exercice. Mais il m’a fait une offre que je ne pouvais pas refuser : il m’a donné carte blanche ! Et puis j’aime les défis. Faire des trucs que je n’ai jamais essayés. Dès le début mon idée a été de proposer une antho dans la tradition humoristique et macabre des EC comics. En fait, je me suis fait plaisir ! J’ai sélectionné 20 textes. Shock stories, SF horrifique, terreur, humour et même insolite et ambiances lovecraftiennes sont au programme. L’antho sortira en novembre 2014. Si ça marche on en fera une deuxième.

Interview : Yves-Daniel Crouzet

Tu exploites de nombreux genres à travers tes textes. Quel est ton genre de prédilection?

Le fantastique. Mais un fantastique ancré dans le quotidien. Qui conduit peu à peu à une distorsion de la réalité. Je suis maudit : je ne sais pas faire autrement que de croiser les genres. Un pied dans le réel et l’autre dans le merveilleux horrifique.

En tant qu'écrivain, quelle est ta plus grande fierté ?

Mes publications canadiennes dans les revues Solaris et surtout Alibis. Sinon, je suis vraiment très fier de “La Plus grande ruse du diable et autres récits fantastiques” qui résume 10 ans de carrière dans mon genre favori, la nouvelle. C’est un beau cadeau que Benoît Domis m’a fait en me proposant ce “best-of”!

Tes projets actuels ?

Je ne sais pas encore. J’ai besoin de souffler après “Moisson d’épouvante”. Mais j’aimerai me remettre au roman.

Interview : Yves-Daniel Crouzet

Et le boulot dans tout ça ?

Je ne mélange jamais vie réelle et vie fantasmée, mon cher Richard. Mais je préfère sans conteste la seconde !

Tes passions ?

Je n’en ai qu’une : écrire et elle me prend tout mon temps. Sinon, j’aime écouter de la musique qui fait du bruit et collectionner les planches originales de comics (Marvel principalement)

Où peut-on te trouver sur la toile?

http://yvesdanielcrouzet.blogspot.fr/

Mini-portrait chinois…

Si tu étais…

Un livre ?

L’intégrale des nouvelles de Richard Matheson

Le personnage d'un roman ?

Conan le barbare

Une créature fantastique ?

Le chat de Cheshire

Un poème ?

“Le coeur de Hialmar” de Leconte de Lisle

Un paysage imaginaire ?

Zothique de Clark Ashton Smith

Le mot de la fin ?

Ce n’est que le début ! Le meilleur reste à venir !

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Published by Richard Mesplède - dans interviews
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13 octobre 2014 1 13 /10 /octobre /2014 20:57
Interview : Vanessa Du Frat

Geek passionnée d'informatique, artiste complète, Vanessa Du Frat est l'auteur de la saga "les Enfants de l'Ô". Figure prometteuse de la littérature (notamment SF), elle a accepté de répondre à mes questions...

Salutations, Vanessa !

Quel est ton parcours d'auteur ?

Je me suis mise à écrire très tôt, je devais avoir huit ou neuf ans, mais ce n’est qu’il y a une quinzaine d’années que j’ai commencé à vraiment prendre les choses au sérieux. Après avoir terminé un roman de littérature générale, j’ai créé le site des Enfants de l’Ô pour y diffuser le premier jet de ma saga de science-fiction sous forme de feuilleton. Cela m’a redonné le goût d’écrire, car entre les études et mon travail, je n’avais plus tellement de temps à consacrer à l’écriture. À cette époque, j’ai également participé à quelques appels à textes et publié des nouvelles dans des fanzines et webzines. Mais ce n’est vraiment que depuis 2005 (après le rendu de mon master et donc la fin de mes études) que je m’y suis mise à fond.

Quelles sont tes sources d'inspiration ?

J’ai énormément lu lorsque j’étais plus jeune. De la science-fiction, mais surtout de la littérature générale. Je suis aussi très fan de séries télé. Je n’ai pas vraiment de « sources d’inspiration », mais j’imagine que comme tout le monde je suis influencée inconsciemment par tout ce qui m’entoure. Il y a par contre quelques auteurs dont j’adore le travail et qui m’ont probablement poussée vers certains choix plutôt que d’autres, notamment Virginia Andrews, pour le côté « saga familiale », et Michael Crichton, pour le côté « hard science » (même si ce que j’écris est bien loin de leur niveau).

Dans quelles conditions écris-tu ?

Généralement, c’est le soir tard (après minuit), dans mon lit, avec une bonne tasse de thé et parfois de la musique. Mais l’endroit où j’arrive presque toujours à écrire, c’est le train. Je ne sais pas pourquoi, dès que je monte dans un train (je parle d’un trajet de plusieurs heures), peu importe que j’aie de l’inspiration ou non, j’ouvre mon ordi et je me mets à écrire immédiatement. Maintenant, quand je suis dans mes phases d’écriture intense, je peux également écrire la journée, assise à mon bureau. Ou dans un carnet quand je dois patienter quelque part et que je n’ai pas mon ordinateur à portée de main. Les conditions varient énormément, je n’ai pas de « rituel », comme certains auteurs qui écrivent de telle heure à telle heure, ou uniquement dans un café, ou dans un silence complet… Si l’inspiration est là, n’importe quel endroit ou support me convient (bon, je n’irais pas écrire des pages entières sur mon téléphone portable, je ne suis pas maso non plus).

Interview : Vanessa Du Frat

Parles-nous de ta saga « les enfants de l'Ô »...

J’ai eu l’idée des Enfants de l’Ô il y a de cela dix-huit ans. Évidemment, à l’époque, cela n’avait pas grand-chose à voir avec le roman actuel, mais c’est à ce moment-là que j’ai commencé à écrire cette histoire. Pendant de longues années, je l’écrivais, je la mettais de côté, je la reprenais, je recommençais tout, je la mettais de côté à nouveau… et cela jusqu’en 2005, où je me suis jetée dessus une semaine après avoir terminé mon master. Le premier jet du premier tome est né en un mois. J’ai très vite écrit les deux tomes suivants. Ils ont bien sûr tous été longuement retravaillés ensuite.

Comme je l’ai dit un peu plus haut, j’ai lu beaucoup de science-fiction étant plus jeune, mais aussi de la littérature générale. Ce que j’aime en particulier, ce sont les histoires de famille, les relations entre les personnages. Bien souvent, en SF, c’est avant tout l’univers qui est mis en avant, la plupart du temps au détriment des personnages, qui sont là pour servir l’histoire. Attention, je ne dis pas que les personnages dans les romans de science-fiction sont inintéressants ou mal développés, simplement l’accent est mis davantage sur l’histoire que sur eux. Du coup, j’étais bien embêtée… Fan de SF (je suis scientifique de formation) et en particulier de ce qui touche à la médecine, la génétique, la psychologie et l’informatique, je me suis dit que j’adorerais lire un livre qui traiterait de ces différents sujets, mais qui en même temps donnerait la part belle aux personnages. Et au final, j’ai écrit ce que j’aimerais lire : une saga familiale, dans un univers de science-fiction. Mélange un peu saugrenu qui fait que ma série n’aura jamais aucune chance d’être connue car elle touche deux cibles bien différentes qui en général sont assez exclusives, pourtant j’ai tout de même réussi à satisfaire une niche de lecteurs qui partageaient mes goûts.

Les Enfants de l’Ô raconte les destins croisés de plusieurs personnages. D’un côté, il y a les jumeaux Line et Lúka, gardés prisonniers par leur père dans une sorte de bunker aménagé, d’un autre, Ludméa et Ruan, deux jeunes gens qui n’avaient quasiment aucune chance de se rencontrer un jour. Au milieu de tout cela, il y a Lyen, enlevée à l’âge de six ans par le père des jumeaux, et utilisée comme cobaye pour ses expériences scientifiques.

Line et Lúka vivent sur Terre, en 2066, avec leur père et Lyen, alors que Ludméa et Ruan sont sur une planète nommée Alia, en 2340. Un passage spatio-temporel lie ces deux époques et ces deux planètes, passage emprunté par Lyen qui, en cherchant à fuir le bunker, se retrouve au milieu d’une forêt, enceinte jusqu’aux yeux, à des centaines de kilomètres de toute civilisation…

Je ne vais pas en dire plus, mais les premiers chapitres sont disponibles gratuitement sur le site des Enfants de l’Ô si vous voulez vous faire une idée de l’histoire…

En tant qu'auteur, que penses-tu du format numérique ?

Je possède une liseuse depuis de nombreuses années, et je m’intéresse au format numérique depuis le début des années 2000 (car oui, il y avait déjà des livres électroniques à cette époque, même s’il fallait les lire sur PC avec un logiciel adapté). Je suis ce qu’on peut appeler une « geek », et évidemment j’ai assez rapidement eu une liseuse (l’iLiad v2, de iRex Technologies, un cadeau magnifique offert par un de mes lecteurs). J’ai également donné une de mes nouvelles à la société française Bookeen, pour qu’elle soit intégrée avec d’autres textes dans le bundle de départ distribué avec la liseuse Cybook. À cette même époque, j’avais distribué sur mon site des versions .prc de mes romans, l’ancien format de livre électronique. Même si ces versions ont eu moins de succès que les simples pdfs, j’ai pu constater qu’un public existait pour le fameux « livre électronique » tant critiqué par les médias et les éditeurs (les choses ont heureusement changé depuis).

Après cette petite tirade, on l’aura compris, je suis 100 % pour le format numérique. Par contre, je suis contre les ebooks vendus plus cher qu’un livre de poche (et parfois même plus cher que le grand format…). Maintenant, je différencie le livre exclusivement numérique du livre numérique qui accompagne un livre « papier ». Dans le premier cas, l’éditeur a quand même à sa charge tous les frais « habituels » d’un livre, même s’il va économiser sur l’imprimeur. Une couverture, ça se paie, une correction aussi, les librairies numériques prennent leur part tout comme les librairies « physiques ». Dans le second, les coûts de couverture et de correction ont été amortis par le livre papier, donc les seuls coûts restants sont la conversion en numérique (de l’ordre de quelques dizaines d’euros par livre pour du travail bien fait) et la librairie numérique. Je conçois donc qu’un livre exclusivement numérique soit plus cher qu’un livre de poche, mais par contre je regrette que les éditeurs prennent les lecteurs pour des idiots et nous sortent des ebooks à 15 € alors que le format papier est à 19,90 €.

C’est un sujet qui me tient à cœur et je pourrais écrire facilement plusieurs pages là-dessus, donc je vais m’arrêter là :)

Et en tant que lectrice ?

En tant que lectrice, je suis très contente de pouvoir balader avec moi des dizaines de livres dans ma petite liseuse, ce qui est très pratique en voyage. Je suis aussi ravie d’arrêter de voir des piles de livres par terre un peu partout chez moi (je ne vis pas dans un château, malheureusement… la place est donc limitée). Ma liseuse (j’ai toujours mon iLiad, mais j’ai aussi une Sony, toute petite, très légère et beaucoup plus rapide), je l’ai toujours dans mon sac. Ça m’évite de me retrouver avec des livres aux couvertures abîmées.

Interview : Vanessa Du Frat

« Chromosome Éditions », c'est quoi ?

C’est la petite maison d’édition que j’ai créée pour publier mes livres. Oui, c’est de l’autoédition déguisée. J’aurais pu faire de l’autoédition, évidemment, mais vu que j’avais la possibilité de créer une entreprise avec tous les avantages que cela apporte, je préférais faire comme ça. Ce qui pose un problème auquel je n’avais pas pensé : je ne suis à ma place ni parmi les éditeurs (car auteur « autoéditée ») ni parmi les auteurs autoédités (car « éditeur »). J’ai choisi de ne pas être une auteur « Amazon » ou « Fnac » comme d’autres (je ne critique pas, c’est juste une manière de faire différente), ce qui fait que je ne serai jamais mise en avant par ces deux librairies comme d’autres ont pu l’être. Mais je garde aussi ma liberté, ce n’est pas plus mal.

Écris-tu dans d'autres domaines que le fantastique ?

Alors vu que je n’écris pas de fantastique (je n’aime pas ça du tout ^^), clairement oui. J’écris de la science-fiction et de la littérature générale. Je n’aime pas la fantasy, même si c’est LE genre à la mode en ce moment, donc je doute d’en écrire un jour. Peut-être que je me lancerai dans les thrillers, mais pour l’instant, je suis « mariée » à ma saga, et comme j’ai du mal à trop me disperser, ce n’est pas pour tout de suite.

En tant qu'écrivain, quelle est ta plus grande fierté ?

D’avoir tenu mes promesses et enfin sorti la version papier des Enfants de l’Ô ! Au cours des dernières années, j’ai dû faire face à pas mal de choses (notamment des problèmes de santé) et le projet a pris énormément de retard. Plusieurs fois, j’ai craint de devoir annoncer aux lecteurs qu’au final le livre ne sortirait pas, mais voilà, il a fini par voir le jour.

Tes projets actuels ?

La suite des Enfants de l’Ô ! J’ai aussi un autre projet en parallèle (qui n’a rien à voir avec la saga), mais pour l’instant je préfère ne pas en parler, ainsi qu’un autre projet qui lui est en rapport avec les Enfants de l’Ô et qui sera normalement dévoilé le 1er décembre…

Et le boulot dans tout ça ?

À cause des problèmes de santé que j’ai mentionnés, j’ai dû abandonner mon travail dans le domaine médical, donc maintenant je travaille dans l’édition en tant que correctrice.

Tes passions ?

Ah, ça… Mes passions sont nombreuses et changeantes ! Je suis du genre à me passionner pour un truc pendant 2 mois, puis à abandonner dès que je commence à le maîtriser suffisamment. Mais mes passions « solides » sont le piano et la guitare. J’aime aussi beaucoup dessiner, et j’ai le projet de m’y mettre plus sérieusement dans les prochains mois. Je m’amuse un peu avec la 3D, et là aussi je compte y consacrer davantage de temps à l’avenir. Ma passion principale reste quand même ma saga, et globalement, tout ce que je fais a un rapport avec celle-ci (bon, à part la musique).

Mini-portrait chinois…

Si tu étais…

Un livre ? La Nuit des Temps, de Barjavel. Pour moi LE livre parfait.

Le personnage d'un roman ? Ah, ça… Autant j’adore les histoires de personnages, autant jamais aucun personnage ne m’a suffisamment marquée pour que je m’identifie à lui.

Une créature fantastique ? Un sphinx. Parce que c’est joli ^^

Un poème ? Je ne suis pas du tout, mais alors pas DU TOUT poésie. Du coup, je ne connais aucun poème. À part peut-être le corbeau et le renard, mais… voilà, quoi.

Un paysage imaginaire ? Je verrais bien une plage avec des palmiers, la nuit, avec plein de planètes dans le ciel. Quelque chose de reposant et d’infini à la fois.

Le mot de la fin ?

Merci beaucoup de m’avoir offert l’opportunité de me présenter et de parler de ma saga ! Pour une « petite auteur » comme moi, acquérir de la visibilité n’est pas facile, alors je suis vraiment ravie quand on s’intéresse un peu à mon travail…

Un grand merci aussi à tous les lecteurs qui m’ont soutenue depuis le départ, alors que je publiais le premier jet de mon roman sur mon site. Sans leurs encouragements, le livre aurait probablement fini sa vie dans un tiroir.

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20 septembre 2014 6 20 /09 /septembre /2014 13:10
Interview : Michaël Moslonka

Auteur passionné et éclectique, Michaël Moslonka mérite d'être connu. Je l'ai rencontré il y a quelques temps déjà à l'occasion d'une séance de dédicaces avec les éditions Sombres Rets. Artiste de talent, il était tout désigné pour être choisi parmi les auteurs que j'ai entrepris de vous présenter sur ce blog cette année et ne pouvait pas échapper à un interrogatoire en bonne et due forme!

Salutations, Michaël !

Salut à toi, Richard !

Quel est ton parcours d'auteur ?

Au CM2, j’écrivais mon premier titre de chapitre (« Chapitre 1 : un étrange SOS »). Incapable d’aller plus loin, c’est au collège que j’ai appris à mettre un point final à mes histoires, grâce à mon professeur de français qui animait des ateliers d’écriture.

Puis la vie a continué, j’ai rencontré Stephen King qui avec Christine m’a fait me dire : « Je veux écrire comme lui ! ». C’était en seconde, lors d’obscures études agricoles.

Je ne regrette pas d’avoir été si présomptueux.

La vie a – encore – continué. Je suis passé par une période de doutes et d’ennui. L’ennui est vecteur de création. Alors, j’ai écrit. Des nouvelles nombrilistes et puis Le masque de l’Archange qui, après son point final, s’est retrouvé au fond d’un tiroir.

La vie a – encore et toujours – continué, et, par la grâce d’une muse, Le masque de l’Archange a été sorti de son tiroir et s’est vu publié. C’était en 2004. J’ai alors décidé de me mettre sérieusement à l’écriture. Sérieusement, c’est à dire : avec une rigueur journalière.

Nous sommes en 2014, la vie a – forcément – continué et je fête mes 10 années d’écriture rigoureuse hé hé.

Interview : Michaël Moslonka

Quelles sont tes sources d'inspiration ?

Tout ce qui m’entoure. Les gens, les sentiments, les expériences – celles des autres et les miennes, les rencontres – fugaces, prolongées ou approfondies –, la musique, les films, les livres des autres... et l’actualité – nationale, régionale, mondiale – certaines villes, aussi – je pense à celles de mon enfance Auchel et Marles-les-Mines, mais d’autres aussi comme Arras, Douai, ou encore Venise, Québec, Sherbrooke ou Moscou.

Dans quelles conditions écris-tu ?

Cela dépend. Pour moi, l’écriture d’un roman ou d’une nouvelle est, à chaque fois, une histoire à part entière. Avec des tenants, des aboutissements et des conditions différentes à chaque fois. Comme les histoires d’amour : à chaque fois, l’histoire de l’histoire est nouvelle.

Pour exemple, ma nouvelle La mélodie du malheur (publiée dans le collectif d’auteurs Mystères et Mauvais Genre chez nos amis des éditions Sombres Rets) a été, entièrement, écrite à la main avant d’être informatisée. Cette écriture a eu lieu au Québec, à Sherbrooke. J’en garde un souvenir de plénitude totale et de précision lumineuse.

En ce moment, je suis semblable à un psychotique. Mes moments d’écriture sont très morcelés.

Par contre, ce qui ne change jamais, c’est que j’ai besoin d’un calme absolu autour de moi pour écrire.

Interview : Michaël Moslonka

Parle-nous de « 666e kilomètre »...

666e kilomètre est – peut-être – le roman le plus personnel que j’ai écrit, bien que ce soit une fiction et un thriller axé principalement sur le fantastique.

Il me suit depuis pas mal d’années, croisant des éditeurs, m’emportant avec eux dans d’autres histoires. Jusqu’à cette année où sur le bord de la route poussaient de fantastiques fleurs sauvages. Pour être plus clair : la ligne éditoriale de Fleur Sauvage (éditeur donc de 666e kilomètre) correspondait parfaitement à mon manuscrit, là, où chez mes autres éditeurs, il était trop éloigné de leurs collections.

J’ai donc foncé pour livrer l’histoire de ce huit-clos à ciel ouvert. En effet, la quasi-entièreté de l’histoire se passe le long d’une portion d’autoroute, interminable et sanglante. 666e kilomètre met en scène Camus – il y a un lien avec l’écrivain et, notamment, avec son livre L’étranger – un trentenaire devenu casanier, bourré de tocs et de complexes, qui va décider de se bouger les fesses et de s’aérer la tête. Pour cela, il part en vacances chez un de ses vieux potes qui habite en Charente-Maritime. Camus part de son Pas-de-Calais natal et au 661e kilomètre de sa longue transhumance estivale (nous sommes en juillet 2014), la réalité bascule et le voici prisonnier de l’autoroute et de ce qui s’y déchaîne...

Interview : Michaël Moslonka

Écris-tu dans d'autres domaines que le polar et le fantastique ?

Oui. J’ai même écrit du roman sentimental – et de la nouvelle sentimentale. Que j’assume à 500 % hé hé (d’ailleurs, j’ai signé mes titres de mon vrai nom.) Et puis, j’ai écrit aussi des histoires jeunesse (aux éditions Saint-Martin) dont l’une d’entre elles est rééditée (en ce moment) : L’enfant du placard et la méchante sorcière de l’est de la rue du Masque.

J’ai, quelque part, dans un tiroir, un manuscrit d’héroïc-fantaisy ainsi que, dans un coin de ma tête, un roman historique. Je me suis aussi essayé à la SF, notamment à la dystopie, par le biais de nouvelles.

En fait, j’ai envie de m’essayer à tout un tas de genres, et, surtout, j’ai envie de raconter des histoires sans limites de genre. Je me dis aussi que c’est un bon moyen de ne pas lasser les lectrices et les lecteurs.

Interview : Michaël Moslonka

Tes histoires sont-elles liées entre elles ?

Oui, tout à fait. Il y a toujours un lien aussi ténu soit-il, que ce soit par l’intermédiaire d’un personnage (récurent ou passager), un événement ou un lieu (les lieux, pour moi, sont très souvent des personnages à part entière, avec leurs histoires et leurs caractéristiques). Et ce lien existe – et est entretenu – quel que soit le genre de mes histoires ou leur « format » (nouvelle, roman).

Cette envie de lier mes histoires vient de mes lectures des histoires de Stephen King. En cherchant bien, il y a toujours un lien entre elles, ce qui concourt à créer un véritable univers personnel, une sorte d’histoire dans l’histoire. Et j’adore ça !

En tant qu'écrivain, quelle est ta plus grande fierté ?

En 2013, j’ai quitté mon travail d’éducateur et j’ai créé mon activité : M.M. Faiseur d’histoires. Activité qui propose (entre autres) des ateliers d’écriture dans des établissements scolaires et des établissements spécialisés. Lors de ces ateliers d’écriture, les élèves écrivent une nouvelle collective. Ma fierté est là : quand ils parviennent à mettre le point final à leur histoire et qu’ils en sont fiers ; quand je repère, parmi eux, ceux qui écrivent déjà et à qui je peux dire : « Fonce ! Continue d’écrire ! Continue d’inventer des histoires ! »

Pour moi, la boucle est bouclée – puisque je suis né par l’intermédiaire d’un atelier d’écriture, au collège. Avoir réussi à la boucler me rend très fier. Voir que cela fonctionne et qu’en face, il y a des enfants, des ados, de jeunes adultes, qui y sont réceptifs, qui se servent de la passion que je peux leur transmettre et qui trouvent un sens dans mes encouragements, me rend encore plus fier.

Tes projets actuels ?

Terminer un roman pour un éditeur qui l’attend... depuis janvier !

Puis enchaîner sur un roman historique, ou un roman d’héroïc-fantaisy. À moins que je ne privilégie un livre jeunesse. Ou bien un roman fantastique – j’ai, en attente depuis ma jeunesse, un manuscrit que je souhaiterai terminer. J’ai aussi tout un tas d’histoires inachevées que je voudrais amener au point final, dont une (Qui es-tu Lô ? de son titre initial) tout particulièrement.

Et puis, me préparer, aussi, à un séjour de plusieurs semaines à Moscou.

Et le boulot dans tout ça ?

MM. Faiseur d’histoires occupe une très grande partie de mon temps. En ce moment, j’ai la chance d’aider un jeune français qui bosse aux États-Unis à écrire son roman. De plus, j’anime deux ateliers d’écriture avec des familles et leurs enfants. Ces deux ateliers ont pour thème la violence. Ils s’appuient sur les origines de la Première Guerre mondiale et donneront lieu à la création d’une fresque, d’une histoire et d’un film d’animation tiré de cette histoire écrite par les enfants et leurs parents.

Et puis, bientôt, débutera un autre atelier d’écriture, mais, cette fois-ci, dans un établissement scolaire (dans un lycée professionnel) où je retrouverai un professeur qui se donne à fond pour ses élèves et avec qui j’ai plaisir à animer ce projet.

D’autres suivront dans les mois à venir. Et c’est un véritable plaisir que de participer aux projets de classe que les enseignants montent pour leurs élèves. C’est aussi une fierté, puisqu’ils me font confiance et me font entrer dans leur classe.

Tes passions ?

Elles tiennent en deux mots : l’écriture et les livres – cette fois, ceux des autres.

Ah, non ! En trois et plus : il y a mon boulot de Faiseur d’Histoires qui me passionne aussi.

Mini-portrait chinois :

Si tu étais...

Un livre ?

Le vide de Patrick Senécal.

Le personnage d'un roman ?

Moi – il faut dire que je crois que, pour une grande part, on écrit, soi-même, le roman de sa propre vie – malgré les épreuves, les coups durs, les difficultés, les échecs (événements propres à toute histoire, en somme).

Une créature fantastique ?

Je serai un chat : c’est un animal fantastique hé hé.

Un poème ?

Moi, éternel enfant, d’Egon Schiele.

Un paysage imaginaire ?

Celui de la Lune. Ce paysage lunaire dont on prête l’adjectif – souvent péjorativement – à tout enfant, toute personne, qui entretient son imaginaire en rêvant.

Interview : Michaël Moslonka

Le mot de la fin ?

Une citation de Jules Renard (je crois) que j’ai détournée au service de mes rêves : « Quand je pense à toutes les histoires qui me restent à écrire, j'ai la certitude d'être encore heureux... »

Et d’autres mots, ceux du grand Jacques : « Je vous souhaite des rêves à n’en plus finir, et l’envie furieuse d’en réaliser quelques-uns », car, c’est, je crois, ce qui permet de ne pas sombrer dans la sinistrose ambiante et d’éviter le piège de l’intolérance.

Et, finalement : merci à toi, Richard, pour cette entrevue !

Michaël Moslonka

www.michael-moslonka.com

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16 juillet 2014 3 16 /07 /juillet /2014 00:11
Interview : Lucie Chenu

Lucie exploite la science-fiction, la fantasy et le fantastique avec un talent incontestable, qui n'a d'égal que la passion qui l'inspire. Elle est en outre docteur en génétique et a reçu le prix Bob Morane en 2008 et 2009 pour son activité d'anthologiste. Humble et très abordable, elle m'a tout de suite séduit lorsque je l'ai rencontrée sur le salon Zone Franche il y a environ un lustre... Voilà pourquoi j'ai choisi de lui poser quelques questions auxquelles elle m'a fait l'honneur de répondre...

Salutations, Lucie !

Quel est ton parcours d'auteur ?

À la fois classique (mes premières nouvelles publiées en fanzines ou en webzines) et atypique : j’ai réellement commencé à écrire en rédigeant ma thèse, intitulée « Rôle de la Protéine de Liaison à la Pénicilline 3 (PBP 3) de Streptococcus pneumoniae dans la physiologie de cet organisme et sa résistance au céfotaxime ». Certes, c’est une thèse de science (de « génétique microbienne », très précisément), mais elle comporte tout de même une bonne quantité de texte, et l’écrire m’a permis de lever un blocage. Et puis la science n’est pas incompatible avec la SF, n’est-ce pas ?

Après cela, donc, des nouvelles, des courtes et des longues, publiées à droite à gauche, et puis des anthologies (oui, ça se sait peu, mais on est auteur d’anthologie) sur des thèmes qui me tenaient particulièrement à cœur.

Et beaucoup d’articles, d’essais, y compris (et je n’en suis pas peu fière) deux articles pour l’Encyclopædiea Universalis.

Interview : Lucie Chenu

Quel est ton rôle auprès des revues Mythologica et Galaxies ?

Il n’est pas le même dans les deux revues. Je suis responsable de la fiction francophone pour Mythologica, c’est-à-dire que je sélectionne les nouvelles francophones et les fais retravailler aux auteurs si besoin est. Je reçois énormément de textes, j’ai de quoi lire pour des mois et d’ailleurs, nous stoppons pour le moment les soumissions, le temps que j’écluse ma pile.

J’ai aussi dirigé le dossier sur Marion Zimmer Bradley pour le prochain numéro (à paraître cet automne).

Chez Galaxies, je fais essentiellement de la relecture éditoriale (c’est à dire que je mets mon nez partout et fais tourner Pierre Gévart en bourrique, mais c’est lui qui sélectionne les textes qu’il publie, même si je peux – et compte bien ne pas me priver – lui en suggérer).

Interview : Lucie Chenu

Quelles sont tes sources d'inspiration ?

Mes émotions. Elles peuvent naître d’un moment de bonheur avec mes enfants ou au contraire d’une intense colère due à l’actualité internationale, d’une musique qui m’emporte au loin ou d’un paysage qui m’ancre dans l’ici-et-maintenant... De mes amours ou de mes haines !

Dans quelles conditions écris-tu ?

C’est très variable, ça dépend du texte, de son thème, mais aussi de la structure de la narration, linéaire ou en puzzle. Certaines nouvelles sont nées en musique, d’autres ont besoin du silence le plus absolu. Il m’est arrivé de me relever la nuit pour écrire d’une traite un texte qui me trottait tellement dans la tête que, de toute façon, je ne pouvais pas dormir. Et puis certains sont venus par petits bouts, j’ai dû les arracher par morceaux, c’était douloureux. Le plus souvent j’écris à l’ordinateur, mais parfois ça ne passe pas, il me faut un cahier et un stylo et je griffonne hors de chez moi, dans la salle d’attente d’une clinique, par exemple (à condition qu’on ne tente pas de m’y faire la conversation !)

Quels sont tes thèmes de prédilection ?

Je ne sais pas si j’ai des thèmes de prédilection de façon consciente, mais je remarque que je parle beaucoup de choix, de décision. De gens qui arrivent à un carrefour dans leur vie. Et qu’il est souvent question d’eau et d’arbres, d’enfants ou d’animaux. D’art, aussi. De musique ou de sculpture.

Quelle est ta première nouvelle ?

« Vent d’Autan », une histoire vécue, à quelques lignes près :-)

Interview : Lucie Chenu

Parle-nous des « Fantasmes de Svetambre ».

Au départ, le titre est une plaisanterie. Mon premier recueil, Les Enfants de Svetambre, a parfois été pris à tort pour un livre pour enfants (au moins l’une des nouvelles n’est pas du tout pour les enfants). J’avais dit sur un forum que j’intitulerais le suivant Les Fantasmes de Svetambre, et que j’espérais bien qu’avec un tel titre, il n’y aurait aucune ambiguïté quant à son contenu et quant au lectorat auquel il est destiné. Et au moment de le composer, Philippe Ward (mon éditeur) et moi avons trouvé que ce titre lui convenait parfaitement.

C’est en effet un recueil de nouvelles inspirées de mes émotions, comme toujours, mais des plus fantasmées de celles-ci. On y trouve peu d’histoires « vécues » (une seule, « Lune de mon cœur », et encore faut-il préciser que sa fin est fantasmée), par contre, on y trouve des nouvelles érotiques et d’autres imprégnées de terreurs profondes, de haines viscérales... Et puis des rêveries, des désirs moins obscènes ou effrayants, mais tout aussi importants, selon moi.

En tant qu'écrivain, quelle est ta plus grande fierté ?

Qu’un jour Joëlle Wintrebert ait dit en public du bien d’une de mes nouvelles : « Le Théâtre de Barbe Bleue » (parue à l’époque dans une anthologie en ligne sur le thème du chocolat, dirigée par Martine Loncan).

Joëlle Wintrebert, quoi !

Tes projets actuels ?

Eh bien, pour changer un peu, Galaxies publiera prochainement une de mes nouvelles. Et sinon, j’écris actuellement quelque chose où il est question de mémoire et de la façon dont les souvenirs peuvent être déformés...

Tes passions ?

À part l’écriture et l’édition, la musique et la science-fiction, l’art et la nature ? Beaucoup de choses... mais avant tout les gens.

Au premier rang, bien sûr, ma famille et mes amis, mais me passionnent aussi les rencontres que je fais dans la vie, dans les livres ou dans les films, tous ces gens si semblables et si différents les uns des autres.

Du coup, les événements qui secouent le monde m’interpellent, et je milite au S.E.L.F. (Syndicat des Écrivains de Langue Française) (et oui, il faut être passionné pour cela, parce que c’est terriblement prenant et parfois ingrat).

Où peut-on te rencontrer ? Un site ? Un blog ?

Mon blog : Les Humeurs de Svetambre.

Le site de mon éditeur : Rivière Blanche.

Celui du S.E.L.F.

Et ceux de Mythologica et de Galaxies.

Interview : Lucie Chenu

Mini-portrait chinois :

Si tu étais un livre ?

« Un » ? Je ne sais pas me limiter à un. Voici donc une trinité, par ordre d’apparition dans ma vie.

Les Identités meurtrières, d’Amin Maalouf.

Le Chœur des femmes, de Martin Winckler.

Le Bel Été, de Gudule.

Si tu étais le personnage d'un roman ?

La fée Morgane, Claudine ou une Amazone Libre.

Si tu étais une créature fantastique ?

Une sirent (mi-ent, mi-sirène) ailée. Comment ça, ça n’existe pas ? Tu as bien dit « fantastique », non ?

Si tu étais un poème ?

Si j’étais un poème, je serais le fruit

Des amours interdites de Ronsard et Baudelaire,

Et je serais l’amie

De Villon et Prévert....

Si tu étais un paysage imaginaire ?

Je serais peuplée d’arbres et parcourue de rivières cascadant du haut d’immenses montagnes pour se jeter dans des océans tumultueux. Un double soleil me colorerait différemment, selon les moments.

Le mot de la fin ?

Merci à toi de m’avoir invitée :-)

Interview : Lucie Chenu

Et si ça n’est pas abuser, j’aimerais présenter brièvement un projet qui n’est pas mien, mais qui me tient particulièrement à cœur. Il s’agit d’un film, Esperanto, un long-métrage indépendant produit et réalisé par Yann C. Selakovitch et Julien G. Szantaruk, avec toute l’équipe de Woolly Dream, grâce à un financement participatif via Ulule. Le montage est maintenant terminé et le film devrait sortir à l’automne. J’en reparlerai.

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13 juillet 2014 7 13 /07 /juillet /2014 09:10
Interview : Sébastien Eres

Auteur de nombreuses nouvelles fantastiques et musicien inspiré, Sébastien est un artiste éclairé dont l'âme est celle d'un véritable poète. J'ai fait la connaissance de ce sympathique écrivain il y a quelques temps déjà, à l'occasion d'une séance de dédicaces auprès des éditions Sombres Rets. C'était à l'occasion de la sortie de l'anthologie « Mystères et Mauvais Genres ». Aujourd'hui, nous partageons à nouveau le sommaire d'un recueil chez le même éditeur avec « Étranges Voyages ». J'y ai vu l'occasion de lui poser quelques questions...

Salutations, Sébastien!

Salut Richard et bonjour aux lecteurs !

Interview : Sébastien Eres

Quel est ton parcours d'auteur/musicien ?

J'ai commencé avec la musique vers neuf ou dix ans, une trompette en bandoulière, parce que je voulais jouer quelque chose de… Bruyant. Je faisais partie de l'orchestre municipal, mais j'ai laissé tomber cet instrument vers quatorze ans. A dix-sept ans, j'ai acheté ma première guitare parce que je voulais d'un instrument qui me permette de chanter... Dans la foulée, j'ai composé ma première chanson et à peu près au même moment, j'ai écrit ma première nouvelle. Dès lors, je n'ai eu de cesse de noircir le papier, ni de composer. Je ne compte plus le nombre de nouvelles ni de chanson écrites… Bonnes ou mauvaises...

En 2003, porté par une bourrasque, je me suis expatrié à Bruxelles et là-bas, j'ai fondé mon premier vrai groupe et publié ma première nouvelle (« La Tour d'Asammée », Anthologie « La Tour », chez Parchemins et Traverses). Depuis, j'ai publié trois autres nouvelles (bientôt quatre), écrit deux romans (non publiés à ce jour, le premier était un coup d'essai et le second est un roman jeunesse qui cherche toujours son éditeur…), commencé un troisième, écrit les textes d'un conte photographique, fondé un nouveau groupe à Paris, composé un énième album solo (en écoute sur mon site web), la B.O d'un court métrage... Et renoué avec la trompette.

Je me suis longtemps demandé si je ne devais pas laisser tomber la musique afin de consacrer plus de temps à l'écriture, ou laisser tomber l'écriture pour consacrer plus de temps à la musique. En bout de course, j'ai réalisé que je n'avais pas le choix. Ces deux passions se nourrissent entre elles et font partie de moi. Que j'en laisse une de côté et elle revient en force me gifler au visage.

Interview : Sébastien Eres

Quelles sont tes sources d'inspiration ?

En premier lieu, le parcours des gens que je rencontre. Je suis un observateur maladif ! J'aime comprendre pourquoi les personnes ont fait tel choix à tel carrefour de leur vie. J'aime les écorchés vifs, ceux qui prennent des risques inconsidérés. Ce sont probablement les individus qui m'inspirent le plus. Bien sûr, la littérature, la musique et le cinéma m'inspirent également, mais la première source d'inspiration, c'est la vie. C'est le vécu et ce sont les expériences extraordinaires et parfois mystiques des gens que je rencontre. En ce moment, c'est mon dernier voyage (huit mois en Australie) qui est le point d'entrée de mes écrits.

Interview : Sébastien Eres

Dans quelles conditions écris-tu ?

Tôt chaque matin avant le travail, quand la ville n'est pas encore trop réveillée… Avec un café et du silence. Minimum deux heures, ou minimum mille mots. Parfois en journée lorsque je peux me le permettre. Sur certains projets, j'écris en écoutant de la musique. Je peux me passer un même album en boucle durant toute l'écriture avec le volume bien haut… Paradoxalement, ceci m'aide à me concentrer. Les albums de « Brian Jonestown Massacre » font régulièrement partie de mes fonds sonores.

Quels sont tes thèmes de prédilection ?

J'ai beaucoup écrit d'histoires fantastiques et sombres, mais je n'ai jamais analysé les thèmes de mes récits… Je ne suis donc pas certain d'avoir des thèmes de prédilection. Disons que je prends ce qui vient !

Interview : Sébastien Eres

Quel est ta première nouvelle ? Ton premier album ?

Ma première véritable nouvelle s'appelait « Sorken, le temple oublié ». J'avais dix-huit ans lorsque je l'ai écrite et j'étais fier comme un pape. Tellement fier que j'ai décidé de la présenter à un concours de nouvelles avec l'innocence juvénile de croire que je pourrais remporter un prix. Le jury n'a pas été sensible à mon village perdu, ma vieille baraque en ruine, le réveil d'une armée de squelettes, ni à mon héros déchu achevant sa course dans une mare de sang. Ah, l'adolescence !

J'ai composé mon premier album à peu près à la même période. Je chantais alors sous le nom de « Smog ». L'album se nommait « Smog et les cinglés trafiquants ». A l'époque, mes musiques étaient influencées à la fois par Hubert Félix Thiefaine, les Ogres de Barback et Led Zeppelin. Ah, l'adolescence !

Interview : Sébastien Eres

Parles-nous du conte photographique « Confidence d'une Ampoule Géante ».

Avec plaisir ! Ce conte a été créé par la photographe Marie Delagnes (www.mariedelagnes.fr). Il met en scène la fille de la lune, étrange personnage perché sur l'astre nocturne, et qui fait la pluie et le beau temps. Marie a composé quatorze mises en scène pour donner vie à sa création. Lorsqu'elle m'a demandé si je pouvais échafauder un accompagnement textuel, j'ai plongé tête la première dans cet univers. J'ai donc écrit quatorze petits poèmes pour accompagner les photos, ainsi qu'un texte d'introduction en prose.

Et puis, le conte s'est mis à vivre… Il est devenu un livre imprimé en édition limitée, en même temps qu'une exposition présentée à travers la France. Il a donc voyagé dans une dizaine de lieux à ce jour, dont des festivals de photographie à Montpellier et Toulon. Un jour, une professeur de piano du conservatoire de Drancy a pris contact avec nous en nous faisant part de son envie d'adapter ce conte sur scène… Après plusieurs rebondissements, nous avons appris en juin dernier que ce projet allait se faire. La mise en scène inclura un piano, de très belles mélodies, de nombreuses percussions, trois danseurs, une actrice pour conter, et des décors géants ! La pièce musicale se jouera en avril 2015 au théâtre de Drancy. Marie confectionnera les décors. Quant à moi, j'ai deux ou trois textes de chansons à écrire… Nous n'aurions jamais imaginé cela lorsque nous avons créé le conte !

En tant qu'écrivain, quelle est ta plus grande fierté ?

Que certains de mes écrits se trouvent contés sur scène, sans doute…

Et en tant que musicien ?

Avoir rencontré des musiciens talentueux et profondément humains qui sont devenus de véritables amis.

Interview : Sébastien Eres

Tes projets actuels ?

Côté écriture, je travaille sur un roman qui se déroule en Australie. C'est assez différent de ce que j'ai pu écrire dans le passé parce qu'il s'agit de fiction et non de fantastique. Le personnage principal est un ancien marin dont la femme a été tuée un an plus tôt. Et je n'en dirais pas plus… Mais l'histoire avance tranquillement. Les 130 premières pages sont bien en place et je prends énormément de plaisir sur ce projet, même s'il s'avère plus compliqué à mettre en œuvre que prévu…

Côté musique, je travaille sur deux mini-albums (6 titres chacun), que j'espère sortir en octobre et novembre 2014 si tout va bien.

Tes passions ?

Si j'excepte la musique et l'écriture, il reste le voyage, les arts martiaux et la vidéo. Mais je suis passionné par toute forme de création et ma soif de découverte est sans limites !

Où peut-on te rencontrer ? Un site ? Un blog ?

Il est facile de me rencontrer au détour du web, sur mon site : www.ereswords.com et sur ma page Facebook www.facebook.com/eresws… Mais je réponds également volontiers à toute proposition de rencontre autour d'une bière belge...

Mini-portrait chinois :

Si tu étais un livre ?

Les sept plumes de l'aigle, de Henri Gougaud.

Si tu étais le personnage d'un roman ?

Longo, dans la trilogie « la longue marche de Benjamin », de François Sautereau. Les premiers bouquins que j'ai lu de mon plein gré étant enfant...

Si tu étais une créature fantastique ?

Quelque chose qui vole discrètement dans les airs et que personne ne peut voir.

Si tu étais un poème ?

Probablement un poème en musique. Une chanson… Peut-être la « Valse de Melody » de Gainsbourg, pour son côté hypnotique.

Si tu étais un paysage imaginaire ?

A mes yeux, aucun paysage imaginaire ne peut rivaliser avec les beautés de notre petite planète... Je serais simplement une jungle tropicale.

Le mot de la fin ?

Une petite citation de Walter Elias Disney pour la route : « si vous pouvez le rêver, vous pouvez le faire ». Merci Richard, pour cet espace de parole ! Au plaisir de se croiser à nouveau et bonne route à toi et tes lecteurs ;)

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7 juillet 2014 1 07 /07 /juillet /2014 21:17
Interview : Frédéric Czilinder

Frédéric Czilinder, talentueux auteur passionné de littérature sombre, d'Histoire et d'armes blanches, a accepté de répondre à mes questions...

Salutations, Frédéric! Quel est ton parcours d'auteur ?

Je suis comme beaucoup d’auteurs un autodidacte. Quand j’étais minot, d’un naturel solitaire, je lisais beaucoup et je m’abîmais fréquemment dans de profondes rêveries, ce qui m’a fréquemment valu des « Frédéric rêvasse trop en classe », dans la marge de mes bulletins de notes trimestriels. Je ne me rappelle plus vraiment à quoi je rêvais, tout ce qu’il me revient, c’est qu’effectivement, j’avais l’impression de me désincarner et d’échapper à l’emprise du monde matériel qui m’environnait. Et puis un jour, j’ai été pris de l’irrépressible besoin de raconter mes divagations. D’abord sous forme de dessins, façon bande-dessinée (avec un mémorable « Loup-garou de Paris » sur un petit cahier de dessins, très largement inspiré du film sur son cousin londonien), mais comme je n’étais pas vraiment doué, les BD ont évolué en histoires illustrées, desquelles j’ai finalement viré les illustrations.

Avec la découverte des jeux de rôles, et notamment l’incontournable « Appel de Cthulhu » (prononcez Ktoulou ^^) inspiré de l’univers sombre de Lovecraft, j’ai commencé à pas mal phosphorer, à élaborer des processus de constructions de récits plus cohérents. Durant cette période bénie que furent mes années lycée, j’ai été assez prolifique, au détriment de mes résultats scolaires, obligeant mes parents à me confisquer cette vieille machine à écrire mécanique sur laquelle je tapais frénétiquement mes textes et dont le staccato leur tapait sur les nerfs ! A cette époque, je rêvais d’être publié chez Denoël en Présence du futur, ou aux éditions NéO…

Passé le bac, cependant, j’ai connu une grande traversée du désert. Rattrapé par une vie d’adulte imposée, avec son wagon de tracas (métro-boulot-dodo-vie de couple, etc.), je n’ai pas vraiment écrit durant près de 15 ans. Mais c’était là, en moi, comme une bête endormie, tapie dans les ténèbres de mes entrailles, prête à surgir à nouveau et à se déchaîner… Mouais, c’est à peu près ça… De temps à autre, un éclair, une illumination, et je grattais quelques lignes avant de retourner à la triste réalité… C’est comme ça que bon an, mal an, j’ai écrit Nouveau venu dans le quartier et une bonne moitié de L’héritage des ténèbres.

Et puis… Et puis… Une pleine-lune d’équinoxe, une rage trop longtemps contenue, allez savoir, une année, j’ai pété un câble. Cette année-là, j’ai changé de vie. Ou plutôt, j’ai décidé de changer de vie : fin d’une vie de couple agonisante qui m’entravait comme un carcan, démission d’un boulot qui était en train de me rendre dingue… La crise de la quarantaine, un peu prématurée, avec l’adoption d’une philosophie à laquelle j’essaie de coller chaque jour : On est venus sur Terre pour vivre, et pas pour se faire chier.

Interview : Frédéric Czilinder

Quelles sont tes sources d'inspiration ?

En plus de mes lectures, je dirais que la vie quotidienne regorge de ce que je qualifierais de « points de départ ». Par exemple, tu te promènes en collines, près d’un site troglodyte et, le long d’un sentier de randonnée, tu découvres les ruines d’une vieille chapelle. Un panneau indique « chapelle du XVIème siècle, construite sur un ancien lieu de culte ». Ton regard halluciné (car tu regardes toujours les choses d’une manière différente que les gens qui t’entourent) ajoute : « (…) païen ». Ton esprit s’emballe, tu finis la promenade, mais tu phosphores tellement que tu ne te rappelles même pas comment tu as retrouvé le chemin de ta voiture (Tiens, je suis déjà là ?)… et tu tiens le point de départ de L’héritage des ténèbres

Mais cela peut partir d’un entrefilet dans la presse : un dingue armé d’une épée médiévale entre dans une église anglaise et s’attaque aux fidèles (pourquoi ? Est-il possédé ? Est-il vraiment fou ? Etc.) ; ou bien encore, le nouveau maire d’un tout petit village français fait le tour de la mairie et découvre dans le grenier deux squelettes de soldats des deux camps morts en 14-18 (que font-ils là ? S’y trouvent-ils depuis la guerre ? Quelle est leur histoire ?). Ces deux infos sont véridiques.

Interview : Frédéric Czilinder

Dans quelles conditions écris-tu ?

J’écris le plus souvent au bureau, lors de ma pause-déjeuner, ou lors de mes trajets quotidiens en train.

Quels sont tes thèmes de prédilection ?

Je suis très accès sur le fantastique « classique », avec son bestiaire spécifique et les phénomènes paranormaux qui gravitent autour (sorcellerie, possession, malédiction…)

Quel est ton premier roman ? Ta première nouvelle ?

Mon premier roman « abouti » s’intitulait Aurora et racontait l’histoire de quatre collégiens découvrant une ado du moyen-âge endormie dans une caverne. En la réveillant, ils réveillent malheureusement aussi le démon qui l’avait enlevée mille ans plus tôt, lequel n’aura de cesse de vouloir récupérer sa meuf. J’avais envoyé le manuscrit à Gallimard (je crains dégun) qui me l’avait retourné avec un refus poli. J’avais seize ans.

Ma première nouvelle, écrite à peu près au même moment, s’intitulait La clé des rêves et narre comment un adolescent fait la connaissance d’un être étrange et spectral qui voyage de mondes en mondes via… les placards (Disney a refusé de me verser des droits pour Monstres & Cie lol !). Ses parents notent un changement de comportement, ne croient pas son histoire, et un beau jour, il met les voiles avec la créature.

Parles-nous de ton roman « Nouveau venu dans le quartier ».

Je le qualifierai plutôt de novella. Il s’agit d’un des rares sursauts créatifs que j’ai eu durant la traversée du désert dont je parle plus haut. Victime d’un accident, je me suis retrouvé immobilisé 5 semaines chez moi à une époque où je n’avais pas encore d’enfants et où mon ex-femme travaillait toute la journée. Après avoir vu un reportage sur un « homme-chien », ces gens qui ont le visage couvert de poils en raison d’une anomalie génétique, les idées ont commencé à me forer le cerveau : j’ai imaginé l’arrivée d’un nouveau voisin au comportement étrange, qui passerait son temps à fuir autrui, à se cacher, juste parce qu’il serait atteint par cette particularité. Et puis, le loup-garou a pris le pas sur l’homme-chien, et ainsi de suite…

Interview : Frédéric Czilinder

Combien de temps t'a pris l'écriture de « l 'Héritage des Ténèbres »?

Cela m’a pris une dizaine d’années. Comme je le disais plus haut, j’ai traversé une longue période durant laquelle j’ai peu écrit. Et je ne te parle que d’écriture pure, car la genèse de cette histoire remonte au lycée !

En tant qu'écrivain, quelle est ta plus grande fierté ?

D’avoir mes propres bouquins dans ma bibliothèque. Comme tous les auteurs que je connais, je suis bibliophile. J’ai tellement de livres à la maison que j’ai dû agencer moi-même une pièce de la maison. Quand j’étais plus jeune, je rêvais de ce moment où les livres de mes auteurs préférés côtoieraient mes propres ouvrages. Et voilà, maintenant c’est fait…

Tes projets actuels ?

J’en ai beaucoup trop ! Comme d’hab’, les idées foisonnent, le plus dur étant de les canaliser pour en tirer quelque chose s’en trop s’éparpiller. Je sors de l’écriture d’un nouveau roman qui m’a pas mal accaparé (Wake the dead), cela fait donc quelques mois que je suis dans la valse-hésitation entre plusieurs projets. Disons que les deux principaux du moment sont : un recueil de nouvelles / roman autour de ma nouvelle Outlaw (qui vient de paraître dans l’anthologie Zombie chez Griffe d’encre et que tu connais de sa première parution en ligne sur le Webzine Outremonde), ainsi qu’un roman de fantasy post apocalyptique qui se déroule en Camargue et dans ses proches environs. Je travaille aussi épisodiquement sur le blog d’un loup-garou.

Tes passions ?

L’écriture, c’est évident, mais ce n’est pas aussi simple, car c’est en fait bien plus qu’une passion : c’est un exutoire, une échappatoire aux tourments du quotidien. Quand j’étais gosse, j’imaginais volontiers que les rêves que je faisais la nuit étaient en fait des espèces de mondes parallèles dans lesquels mon esprit était projeté durant mon sommeil. Écrire, aujourd’hui, est pour moi l’occasion de me projeter à nouveau spirituellement dans des mondes fantastiques, d’échapper à la torpeur ou à l’horreur du quotidien. Et c’est comme manger du chocolat, c’est addictif. Quand je passe trop de temps sans écrire, je frise la dépression.

J’aime aussi beaucoup l’Histoire… et par rebond, les armes anciennes.

D'où te vient cette passion pour les armes blanches ? Y'a-t-il un lien entre elle et l'écriture ?

J’ai toujours aimé l’Histoire. Les objets anciens exercent sur moi une certaine fascination. Se dire que l’on tient entre ses mains un outil, une poterie, qu’a façonné la main d’un homme il y a des siècles pour les besoins du quotidien, et que cet objet a traversé le temps pour parvenir jusqu’à moi… La passion pour les armes est récente, je la dois à un ami qui est régisseur des collections dans le plus grand musée dédié au 1er Empire. Il a tordu le cou à une idée reçue : celle que les armes anciennes étaient forcément hors de prix. Bon, certes, elles ne sont pas toujours accessibles, mais quand tu la compares au prix d’un téléphone portable ou d’une tablette tactile, finalement… Et quel frisson de refermer sa main sur le manche d’un sabre qui a sans doute connu la fureur des batailles !

Où peut-on te rencontrer ? Un site ? Un blog ?

J’ai une page d’auteur sur Facebook ouverte à tous, ainsi qu’un blog :

https://www.facebook.com/pages/Fr%C3%A9d%C3%A9ric-CZILINDER-auteur/202106969844244?ref_type=bookmark

http://werewolf13.wordpress.com/

http://fczilinder.wordpress.com/

Mini-portrait chinois :

Si tu étais un livre ?

Ravage, de Barjavel.

Si tu étais le personnage d'un roman ?

Christine, la voiture hantée dans le roman éponyme de Stephen King

Si tu étais une créature fantastique ?

Un loup-garou. C’est ma créature préférée, elle hante mon « œuvre » de façon récurrente.

Si tu étais un poème ?

Remords posthumes, de Beaudelaire

Si tu étais un paysage imaginaire ?

Un manoir hanté par plusieurs spectres.

Le mot de la fin ?

Vers l’infini et au-delà !

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9 mai 2014 5 09 /05 /mai /2014 14:43
Interview : Romain Billot

Jeune écrivain chevronné spécialiste des mauvais genres, le prolifique loup solitaire du Cantal, plus connu sous le nom de Romain Billot, a accepté de me recevoir dans sa tanière virtuelle pour répondre à quelques questions...

Salutations, Romain!

Salut à toi, Richard !

Quel est ton parcours d'auteur ?

Je dirais que le jeu de piste à commencé lorsque j’ai appris à lire avec mon père, j’ai découvert Poe avec lui et j’ai alors su que je voulais devenir conteur. Plusieurs découvertes littéraires ont ensuite enfoncé le clou avant mes douze ans. Étant môme et ado, j’ai longtemps pratiqué le conte de façon orale, en expérimentant sur mes amis durant nos soirées autour du feu au fond des bois du Morvan et du Cantal. Si je voyais que j’arrivais à leur filer la chair de poule ou à leur faire passer une nuit blanche sous la tente avec une histoire, elle était validée. Je ne les ai rédigées que bien plus tard à la fac de Lettres (où je m’étais inscrit car comme disait Stephen King, il n’y a pas d’institutions officielles pour devenir écrivain). Après un bac Scientifique et des années galères au lycée, c’est la seule voie qui me semblait le plus en accord avec ma passion pour le fantastique et la littérature. Je me suis tiré après avoir obtenu mon master en littérature générale et comparée. Je ne voulais pas devenir professeur, juste me consacrer exclusivement à l’écriture. J’ai donc passé le pas. A côté de petits boulots sans lendemain, j’écrivais et j’ai aussi créé la revue Freaks Corp avec l’association Sélénor. C’est comme ça que j’ai fait mon entrée dans le milieu de la SFFF, que j’ai rencontré un tas d’écrivains qui allaient devenir des amis par la suite et que j’ai commencé à oser faire lire mes textes, à les envoyer à diverses revues et anthologies jusqu’à être enfin publié.

Tu te définis comme « auteur de mauvais genres ». Quel est ton mauvais genre de prédilection ?

Indéniablement le fantastique et l’horreur, mais j’aime bien la SF, le thriller, le western, les road-movies, l’érotisme, cependant je ne peux pas m’empêcher de les teinter des deux premiers que j’ai cités. Il n’y a que la fantasy, le steam-punk et la bit-lit qui me laissent assez froid, mais bon les goûts et les couleurs comme on dit, ça ne se discute pas.

Interview : Romain Billot

Ta nouvelle « Le Phare au cœur des brumes », publiée dans Etherval n°3 est finaliste du Prix Merlin. Tu as déjà remporté ce prix en 2012 avec « Le Visage de la Bête ». Qu'est-ce qui, selon toi, justifie le succès de ces textes ?

Honnêtement, je ne sais pas, peut-être parce que « le Visage de la Bête » aborde un sujet délicat, celui des violences conjugales et s’ancre dans le quotidien d’une victime. Pour l’autre, je pense que le fait de me baser sur une légende bretonne existante et d’anticiper sur le projet de résidence en train de se monter à Tévennec peut plaire aux fans de surnaturel.

Sinon, j’aimerais profiter de ta question pour revenir sur le prix Merlin qui suscite beaucoup de critiques de la part de certaines personnes, car c’est d’abord un vote du public, pas un vote de spécialistes qui se seraient réunis en jury, donc certains taxent ça de vote de popularité, notamment à cause des partages sur les réseaux sociaux du net. Ce qui est drôle sachant que je ne l’ai jamais été un mec très populaire justement, je dirais juste que j’ai des lecteurs fidèles, suffisamment pour avoir raflé la mise la première fois. Beaucoup prétextent que le nombre de votes n’est pas raccord avec le nombre d’exemplaires vendus. C’est pour cette raison qu’en 2012, j’avais fait campagne en mettant le texte en ligne sur mon blog et sur Facebook pour que les gens votent en connaissance de cause pour la nouvelle publiée chez La Clef d’Argent (dont l’éditeur, un véritable passionné, mérite vraiment d’être connu, notamment son Codex Atlanticus) et pas pour mes beaux yeux (rire). Mais cela avait entraîné des attaques virulentes de la part de certains qui n’ont pas hésité de me taxer de lobbyiste (alors qu’en bons hypocrites, ils ont fait la même chose de leur côté). Mais c’est le jeu ma pauvre Lucette !

Cette année, je n’ai absolument rien fait pour passer les demi-finales, je m’en fichais éperdument, suite à ces critiques justement. J’ai d’ailleurs été le premier surpris quand on m’a annoncé que j’étais passé au second tour. Du coup, je me suis dit que c’était bête d’être arrivé jusque-là et de ne pas faire un effort pour ceux qui m’avaient permis de passer. Etherval est une revue très pro, ils m’ont inscrit comme les autres auteurs présents dans le numéro 3 et ont permis aux lecteurs qui le désirait de recevoir la nouvelle pour se faire une idée du texte pour ce deuxième tour (il suffit d’en faire la demande par mail sur leur site). Il faut croire qu’une nouvelle fois mes lecteurs se sont mobilisés pour que j’arrive en finale et je les en remercie vraiment, ça remonte le moral de se savoir soutenu, car c’est un milieu extrêmement difficile. Rendez-vous en juin pour le résultat.

Personnellement, je n’ai qu’un souhait, que Céline Guillaume, une amie que j’apprécie énormément, gagne dans la catégorie roman car elle le mérite vraiment, c’est une personne talentueuse avec un cœur en or massif.

Interview : Romain Billot

Parles-nous un peu de « Post-cineres », ton web roman...

Oh ça ! C’est juste un délire zombiesque série B pour la déconne à la base et la page Facebook d’un ami consacrée aux morts-vivants, rien de plus (laissé en suspens pour l’instant), une histoire avec des vrais morceaux de potes dedans que je voulais en épisodes mensuelles, mais je manque de temps pour me permettre de continuer, on va dire que j’ai des priorités plus importantes pour l’instant. Je le reprendrai sûrement une fois la tempête passée !

En tant qu'écrivain, quelle est ta plus grande fierté ?

Tout simplement de trouver preneur pour mes modestes histoires chez les éditeurs, d’être publié régulièrement et d’avoir des lecteurs fidèles satisfaits de mon travail comme je l’ai dit plus haut. Le reste, on s’en balance…

Tes projets actuels ?

En ce moment, je travaille sur un roman « Journal d’un laissé-pour-compte » qui n’aura rien de fantastique, une sorte d’hommage à Bukowski, Kerouac et à la Beat generation pour un éditeur dont une anthologie comprenant une de mes nouvelles vient de sortir. Un récit très contemporain. J’avais un premier roman d’anticipation datant de 2007 que je devais lui soumettre, mais retravailler un si vieux texte m’ennuyait vraiment, donc j’ai préféré remettre le compteur à zéro. Tabula rasa

Sinon, je continue la rédaction de nombreuses nouvelles pour des anthologies et des revues à venir, notamment plusieurs commandes pour cette fin d’année et des AT des deux côtés de l’Atlantique. Je bosse également sur plusieurs scénarios pour des bandes-dessinées avec un dessinateur talentueux très 70’s dans le trait. Et normalement, je dis bien normalement, car la sortie a été repoussée par un autre éditeur, à cause de divers impondérables, à 2015, je devrai commencer à attaquer des corrections pour un recueil « les Prédateurs de l’ombre » regroupant un grand nombre de mes nouvelles.

Plus qu’à attendre... Comme je dis dans le monde de l’édition, il y a trois maîtres-mots, les trois « P » : Patience, persévérance et passion. Mais, j’informerai les lecteurs en temps et en heure de ces différentes sorties.

Comment t'organises-tu pour écrire, et où puises-tu ton inspiration ?

En général, je passe un bon moment à réfléchir à une intrigue de base que j’ai envie d’écrire, à un lieu, à un climat et surtout aux personnages. J’écris d’abord les grandes lignes à la main et ensuite je me mets à travailler sur le traitement de textes en laissant les personnages me guider dans les méandres de l’histoire justement.

Pour l’inspiration, les cauchemars que je fais depuis l’enfance sont la première source où je puise, ensuite dans ce qui m’entoure, la nature sauvage et les situation banales, ordinaires, du quotidien, le terreau parfait pour y faire germer le fantastique et l’extraordinaire…

Tes passions ?

Houlà ! C’est parti pour une énumération non exhaustive ! Les grands espaces solitaires, la nature et les animaux sauvages, la littérature en générale, le cinéma (du film d’auteur à la grosse série Z en passant par les gros films d’action et d’horreur, le cinéma d’exploitation 70’s et le cinéma bis), la bande-dessinée et les comics d’horreur, le heavy-metal, le stoner, le gros rock’n roll, le tatouage et le body-art, le bon scotch écossais et les cigares, les armes blanches, la randonnée en montagne, le tir sportif, la pêche, les voitures américaines, l’ésotérisme et le surnaturel, les banquets entre amis avec grosse bouffe campagnarde et bon vin, la bonne chair, bref la vie dans ce qu’elle a de plus simple et de meilleur à offrir…

Interview : Romain Billot

Où peut-on te rencontrer ? Un site ? Un blog ?

Chose rare, on peut parfois me croiser sur certains salons, mais je ne tiens pas souvent en place, alors on me trouvera plus devant le stand d’un autre auteur en train de tailler le bout de gras, à la buvette ou dehors en train de fumer une clope (rire). Ceci-dit, c’est assez rare que je me déplace, je reste le plus souvent dans mes montagnes, donc vous avez bien plus de chance de me croiser sur la toile et les réseaux sociaux que durant une soirée mondaine ou un salon.

Pour les curieux voici deux adresses : mon site dit officiel http://billotromain.wix.com/officiel et mon wordpress http://romainbillot1982.wordpress.com/.

Interview : Romain Billot

Mini-portrait chinois :

Si tu étais un livre ?

L’appel de la forêt de Jack London, tu te doutes pourquoi.

Si tu étais le personnage d'un roman ?

Le capitaine Nemo dans 20 000 lieux sous les mers de Jules Vernes ou Harry Haller du Loup des Steppes d’Hermann Hesse.

Si tu étais une créature fantastique ?

Un lycanthrope pour la jonction entre humanité et sauvagerie.

Si tu étais un poème ?

L’albatros de Baudelaire

Si tu étais un paysage imaginaire ?

Le Rohan dans le Seigneur des Anneaux.

Le mot de la fin ?

Merci !

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5 mai 2014 1 05 /05 /mai /2014 21:16
Interview : Emilie Milon

Auteur en Science-Fiction, Fantasy, Horreur, et Fantastique, la Dryade Intersidérale, alias Emilie Milon, vit au Pays Basque et est passionnée de chevaux, de biologie marine et de nature en général. Elle a accepté de répondre à quelques questions...

Salutations, Emilie!

Nous avons partagé ensemble, il y a quelques années, le sommaire de l'anthologie « Assassin 24h/24 » (éditions La Porte Littéraire). Ta nouvelle « Divorce Mortel » était-elle ta première publication ?

Bonjour Richard ^^ Tout à fait, c’était ma toute première publication :)

« La Dryade Intersidérale » est le nom de ton blog. C'est aussi ton pseudo ?

En fait mon pseudo habituel, celui avec lequel j’ai publié mes premiers textes sur le net c’est Ilithye, le nom d’une déesse grecque, donc un pseudo qui peut renvoyer à plusieurs personnes. Quand j’ai voulu créer mon blog, puis ma page facebook, j’ai cherché quelque chose de plus personnalisé qui permet de lier mes différents univers. La Dryade pour le côté nature/fantasy et l’intersidéral pour l’aspect SF. J’ai pu d’ailleurs constater en salon que ce nouveau pseudo est plus parlant que mon nom pour me présenter aux gens !

Quel est ton parcours en tant qu'auteur ?

J’écris sérieusement depuis une dizaine d’années, après avoir passé mon adolescence à taper des histoires de chevaux qui parlent et des fanfictions. J’ai commencé par publier en ligne sur le site de fictionpress et j’ai ainsi découvert des lecteurs et la joie des « reviews ». Je me suis tournée vers l’édition en 2009, en réalisant que de jeunes auteurs francophones pouvaient être édités (Samantha Bailly et Cécile Duquenne en l’occurrence). J’ai donc commencé à répondre à des appels à textes, tout en continuant d’écrire des romans, puis à soumettre ici et là. Mon véritable parcours a donc débuté avec notre publication commune dans « Assassin 24h/24 ». Depuis, j’ai publié d’autres nouvelles, une série de novella aux Editions Láska et j’ai un roman de science-fiction signé chez Asgard. Mon chemin d’auteur commence à devenir bien réel depuis quelques temps ^^

Parle-nous de « Créatures de l'Ouest » !

Tout a commencé par une nouvelle en réponse à un appel à textes des éditions Láska! Comme souvent, au fil de l’écriture, ma nouvelle s’est transformée en quelque chose de plus grand… arrivée à la fin de mon intrigue j’étais décidée à ne pas m’arrêter là. J’ai quand même soumis ma nouvelle en précisant à l’éditrice que j’avais des idées de suite. Pour mon plus grand bonheur, elle a adhéré à mon texte ainsi qu’aux suivants ^^ Les Créatures de l’Ouest, c’est un mélange de romance, western et fantastique qui me permet d’explorer une époque synonyme de liberté (et de cheval !) et d’y ajouter des créatures imaginaires dont je suis fan. J’ai pris beaucoup de plaisir à développer cet univers très libre dans lequel je peux mixer les genres, les thèmes, les ambiances etc. Nous suivons donc June et Connor à la poursuite de l’Ijiraq, d’un Oiseau-Tonnerre et de banshees, dans l’ouest américain des années 1885. Leur relation se tisse au travers de ces trois aventures qui représentent chacune à leur façon des étapes dans leur couple.

Que penses-tu du format numérique, en tant qu'auteur?

Peut-on espérer voir la parution au format papier de « Créatures de l'Ouest » ?

Je pense que le format numérique est complémentaire au format papier. Il permet de développer de nouvelles choses, comme les séries. Le format est parfait pour des épisodes courts qu’on peut lire en moins d’une heure et pour un petit prix. Donc en tant qu’auteur je dirais que c’est une opportunité pour se lancer dans des projets différents… d’ailleurs c’est ce que j’ai fait avec les Editions Láska et je ne regrette pas du tout. Néanmoins, pour les romans, je reste une adepte du papier et je les propose en priorité à des éditeurs qui publient d’abord en version papier (sans exclure une version numérique en suivant).

Pour une version papier des Créatures de l’Ouest, ce n’est pas au programme actuellement mais la porte n’est pas verrouillée pour autant.

« Les Chroniques du Monde de Néhéléna » est semble-t-il ton premier projet de cycle de romans. De quel genre d'histoire s'agit-il ?

C’est un projet que j’ai écrit entre 2007 et 2009 et qui a marqué un tournant dans ma vie d’auteur puisqu’il s’agit du cycle le plus conséquent pour l’instant. Je l’avais publié sur le net à l’époque et j’avais eu un petit cercle de lecteurs qui me suivait de près. Puis j’ai décidé de le retravailler pour l’auto-publier à mon rythme entre deux projets éditoriaux classiques. C’est un projet de fantasy qui regroupe des chroniques plus ou moins liées, ce qui me permet de multiplier les personnages et les thèmes, tout en ayant en fond une intrigue qui progresse au fil des histoires. C’est un univers très inspiré des jeux vidéo (Might&Magic essentiellement) avec beaucoup de magie élémentaire et de créatures de toutes sortes.

Écris-tu dans d'autres domaines que le fantastique ?

Tout dépend de ta définition du fantastique :p J’écris de la fantasy, de la science-fiction, du fantastique, de la romance et du thriller, avec une petite touche d’horreur quand je peux.

En tant qu'écrivain, quelle est ta plus grande fierté ?

Pour l’instant et à mon échelle (tu me reposeras la question dans 10 ans !) c’est la future publication de mon roman de science-fiction. La SF est un genre que j’affectionne et qui compte peu de femme auteur dans ses rangs. J’ai plongé dans le genre avec ce que j’appelle la vieille SF (Asimov, Heinlein pour les principaux), je garde donc dans mon esprit une image de genre « intouchable » de par sa technicité, la science omniprésente ou encore les connaissances qu’il faut acquérir pour pondre un univers cohérent. Du coup, c’est une grande fierté personnelle de voir que mon roman a trouvé preneur dans une bonne maison et soutenu par un directeur de collection lui-même très pointu dans le genre (Jean-Michel Calvez).

Tes projets actuels ?

Outre les corrections en cours, j’ai un manuscrit de thriller soumis à quelques maisons d’éditions. Je travaille actuellement sur une série de romance/fantasy tout en écrivant en parallèle des nouvelles pour des appels à texte. Mais je lorgne surtout sur un projet de roman fantastique/horreur que je garde sous le coude depuis un an !

Et le boulot dans tout ça?

Justement j’ai besoin de vacances ah ah XD J’adore mon métier qui est, tout comme l’écriture, un travail de passion (biologiste marin). J’apprends beaucoup de chose et je m’en inspire pour écrire des textes aussi (cf ma nouvelle « Le blâme de l’Océan » publié dans l’Artbook Raconté aux Editions de la Porte Littéraire). J’ai énormément de chance et je fais tout pour que ça dure même si malheureusement ça dépend plus de nos financeurs que de moi !

Tes passions ?

Chronophages :p Le cheval en tête de liste, depuis toujours ! L’écriture juste après. Je modifie mes priorités selon les périodes pour jongler entre ces deux passions là. La nature en général me passionne aussi, les grands espaces, l’océan, les animaux… si j’ai pas un bout de verdure dans mon champ de vision journalier je suis triste ! La lecture aussi, je lis presque tous les jours, au moins au petit-déjeuner. Sans oublier les séries et les jeux vidéo. Je n’ai vraiment pas le temps de m’ennuyer !

Mini-portrait chinois :

Si tu étais un livre ?

Un Stephen King

Si tu étais le personnage d'un roman ?

Hum… pas facile. Spontanément je dirais Derek/David du cycle de la Cité des Robots.

Si tu étais une créature fantastique ?

Une Licorne bien sûr ^^

Si tu étais un poème ?

Je n’accroche pas du tout aux poèmes…

Si tu étais un paysage imaginaire ?

Pourquoi imaginaire, les existants sont déjà sublimes ! L’océan sans hésiter ^^

Le mot de la fin ?

Merci d’avoir pensé à moi pour cette interview Richard et j’espère vraiment avoir l’occasion de partager à nouveau un sommaire en ta compagnie 

Interview : Emilie Milon
Interview : Emilie Milon
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Published by Richard Mesplède - dans interviews
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